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Les projets de Foch à l’est de l’Europe (1919-1924)
Par Madame ISABELLE DAVION
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À quel titre Foch peut-il faire valoir ses vues sur l’Europe du centre-est après la première guerre mondiale ? Il est Commandant en chef des armées alliées en France depuis le 8 mai 1918, élevé à la dignité de Maréchal de France par décret du 6 août de la même année. Son titre officiel en 1919, «Président du comité militaire allié», désigne une fonction honorifique extrêmement importante mais, concrètement, ne lui confère aucun pouvoir politique ou militaire: il lui offre juste la possibilité de donner des avis techniques dont sa renommée font toute la valeur. Car il jouit d’un prestige incontesté et international, et la tournée qu’il effectue en 1923 à Varsovie et à Prague prouve le grand ascendant associé à l’image de la France qu’il véhicule à l’étranger.
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Il faut réhabiliter Grouchy
Par le CEN Fabrice FORQUIN
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« Voilà Grouchy ! » : c’est ainsi que tout absent ou retardataire est encore régulièrement qualifié de nos jours. Grouchy au même titre que Cambronne fait partie de ces généraux d’Empire dont le nom est devenu commun. Il est pourtant victime d’une véritable injustice. Certes, cette théorie de la culpabilité du marquis de Grouchy fut parfois remise en cause mais trop timidement et elle fut le plus souvent reprise par les plus grands historiens militaires, légitimant la version imposée par Napoléon. Le but de cet article n’est pas de faire une biographie de Grouchy mais de réparer cette injustice, d’abord en rappelant ce qui fit de lui un des plus grands généraux de cavalerie de l’Empereur, ensuite en analysant sa très brillante campagne de Belgique, pourtant objet principal de l’accusation.
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Gouraud ou l’art de la «surprise»
Par Madame JULIE d'ANDURAIN [1]
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Si la figure du «grand capitaine» peut s’incarner dans un homme, elle pourrait très certainement s’inspirer des traits d’Henri Gouraud (1867-1946) qui, plusieurs fois dans sa carrière, a su montrer combien il était capable non seulement d’adapter son action aux conditions du terrain, mais aussi de réunir les éléments nécessaires à la mise en place d’une tactique s’appuyant sur la surprise. La première fois, ce fut en 1898 en Afrique de l’Ouest – au Soudan français – face à l’almamy[2] Samory. Avec à peine 200 hommes et sans qu’aucun coup de feu ne soit tiré, le jeune capitaine Gouraud arrêtait Samory à la tête d’une troupe estimée à 50.000 personnes lors de la «surprise» de Guélémou.
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Daniel REICHEL (1925-1991)
Par Monsieur MARTIN MOTTE
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Jomini excepté, les penseurs militaires suisses sont peu connus en France. Le fait que la Suisse n’ait pris part à aucun conflit depuis plus d’un siècle et demi explique probablement cette ignorance, sans toutefois la justifier. On perd en effet de vue que la tranquillité dont jouit ce paysne repose pas uniquement sur sa neutralité ou son statut de sanctuaire bancaire international, mais aussi sur une armée solide, dont le rôle dissuasif a pleinement joué lors des deux guerres mondiales. Faute d’expérience guerrière directe, les théoriciens suisses ont suivi avec la plus grande attention les expériences étrangères. Ils se sont aussi tournés vers le passé, non pour reproduire des formes de combat caduques, mais au contraire pour dégager les invariants de l’art militaire. Cette méthode, illustrée au XIXème siècle par Jomini, a plus récemment présidé aux remarquables travaux du colonel Reichel, de l’État-Major Général. Fondateur en 1969 du Centre d’histoire et de prospective militaire suisse, Reichel publia dans les années 1980 une «Analyse de quelques éléments fondamentaux en histoire militaire» composée de cinq fascicules[1]. Le titre ne rend pas pleinement hommage aux talents de l’auteur, dont l’enquête historique inclut de passionnants aperçus anthropologiques et même métaphysiques. Appuyée sur une iconographie excellemment choisie et excellemment exploitée, la réflexion de Reichel cerne le «phénomène-guerre» dans sa réalité la plus profonde, mais aussi la plus concrète, le but restant d’y préparer les combattants.
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Charles ARDANT du PICQ (1821-1870)
Par Monsieur MARTIN MOTTE
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Ayant marché une partie de la nuit, le régiment, le 15 août 1870, prépare le café quand soudain s’abattent des obus. Le colonel Ardant du Picq ordonne de se mettre à l’abri du talus sur lequel lui-même reste debout pour avoir son monde sous les yeux. Une nouvelle explosion le jette au sol, les jambes mutilées. Sa mort, quatre jours plus tard, passe inaperçue dans la catastrophe qui s’abat alors sur la France. Il faudra attendre 1880 pour que paraissent certains de ses écrits et 1902 pour que l’ensemble soit publié sous le titre «Etudes sur le combat»[1]. Séduit par son style comme par sa profondeur, Barbey d’Aurevilly y a vu l’œuvre d’un artiste et d’un penseur de très grande race. De fait, Ardant rompt d’avec la mauvaise littérature militaire, dont il exècre le romantisme pompier: ce qui l’intéresse, c’est le soldat réel, celui qui «n’entend pas, ne peut plus entendre» les ordres, parce qu’«il regorge de peur». Ardant est le premier théoricien systématique de la peur, des moyens de la combattre et par conséquent des forces morales. C’est assez dire son actualité, ou mieux encore son intemporalité.
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