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Brève : L’opération Sangaris au niveau stratégique
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Le général Brethous, chef du Centre de Planification et de Conduite des Opérations (CPCO) depuis janvier 2014, a présenté les liens entre Paris et le théâtre centrafricain dans le cadre de l’opération Sangaris, ainsi que les interactions entre décideurs politiques et militaires.
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Le général Brethous a présenté l’évolution de la crise qui a conduit le CPCO à proposer dès octobre 2013, trois options militaires au Chef d’Etat-major des Armées, puis au Président de la République. 1200 hommes ont été projetés en urgence, immédiatement après l’attaque des anti-balaka contre des ex-séléka le 5 décembre 2013 –le pouvoir politique craignant alors un drame humanitaire. Etablir la sécurité dans Bangui puis dans l’ouest, le centre et le nord-est de la RCA et favoriser le déploiement de la MINUSCA* sont les missions alors données à la Force Sangaris, les objectifs politiques consistant à développer la reprise du processus de transition politique et à empêcher un génocide. Tout en soulignant les contraintes géographiques –623 000 km2 d’étendue, absence de façade maritime, climat équatorial- et les effectifs limités, le général Brethous a estimé que les forces françaises avaient atteint leurs objectifs. Les hommes de la Force Sangaris ont dû au quotidien se montrer impartiaux entre ex-séléka et anti-balaka, désarmer tout en faisant un usage limité de la force, composer avec les médias et les ONG déjà présents sur place ainsi qu’avec les rumeurs locales. Aujourd’hui la MINUSCA –qui a acquis sa pleine capacité opérationnelle le 30 avril dernier- assure en grande partie la sécurité dans Bangui et prend progressivement la relève des forces françaises.

*MINUSCA : Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en république Centrafricaine (ancienne Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine créée le 5 décembre 2013).
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Brève : L’opération Sangaris au niveau tactique
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Le colonel Wallaert, qui dirigeait le groupement tactique interarmes (GTIA) « Dragon » fort de 500 soldats du 26 février à début juin 2014 en Centrafrique, a montré combien l’opération reposait à l’échelle du terrain sur un emploi combiné des capacités terrestres et de troisième dimension, des choix tactiques audacieux et une logistique réactive.
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Le colonel Wallaert est revenu sur la traduction des objectifs opératifs de l’opération en buts tactiques, à savoir : la sécurisation de la route entre Bangui et le Cameroun, la neutralisation des groupes armés, l’appui à la MISCA* et aux FSI** et la conduite vers une normalisation de la vie politique. A ces missions de long terme s’ajoutent des missions ponctuelles parfois laissées à l’initiative du chef de corps (protection de la population musulmane de Bouar, maîtrise de 200 manifestants à Beloko, sécurisation d’événements officiels, escortes de convois…). Les forces françaises combattent en permanence un adversaire polymorphe, face auquel les hommes s’adaptent avec différents types d’armes et d’actions –opérations héliportées, création de check points, patrouilles, fouilles etc. Les mécaniciens ont joué un rôle essentiel pour maintenir en état des véhicules anciens, fragilisés par des trajets de plusieurs jours sur des pistes endommagées. Les autres acteurs présents sur place notamment les médias et les troupes internationales ont parallèlement rendu le commandement plus complexe. Pour compter sur le soutien de la population, un travail d’identification des interlocuteurs légitimes a été mené pour  sensibiliser ces autorités locales aux actions du GTIA.
Par ailleurs, en rappelant la nécessité de préparer le terrain, le colonel Wallaert a exposé sa cartographie des repères de gouvernance, économiques et sécuritaires. Le colonel a conclu son témoignage sur un hommage à l’investissement et aux capacités d’adaptation de ses hommes.

* MISCA : Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine créée le 5 décembre 2013. Le transfert de la responsabilité à la MINUSCA a été décidé le 15 septembre 2014.
** FSI : Forces de Sécurité Intérieure en RCA.
                      


                           
Récit de la bataille de Boguila

Le 5 mai 2014, alors que les forces françaises arrivent à Boguila – où un groupe prédateur a déjà commis des  exactions la semaine précédente- elles apprennent qu’une colonne armée de ce même groupe remonte l’unique piste en direction de la ville. Prévenu seulement 40 minutes avant la rencontre, le colonel Wallaert demande des avions, supports de « troisième dimension », en renfort et décide de marquer physiquement l’interdiction de passer. Au franchissement de la limite par le groupe armé, des tirs de sommation sont lancés par la Force Sangaris et précèdent un combat de 5 heures. Après que les pick-up aient été bombardés par des mirages 2000, le groupe armé décroche. Le colonel souligne le rôle primordial de l’entrainement qui a formé ses soldats à d’excellents réflexes.

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Brève : L’opération Sangaris au niveau opératif
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Le colonel Goujon, ancien chef des opérations de la Force Sangaris, en poste entre mars et octobre 2014 à Bangui, a décrit des objectifs opératifs continus tout au long de l’opération Sangaris, avec pour ligne directrice la transmission d’une situation saine à la MINUSCA*.
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Le colonel Goujon a décrit un environnement aux évolutions rapides, aux côtés d’acteurs habiles à exploiter les failles d’organisation entre les forces françaises et ses alliés. L’opération a été jugée d’autant plus délicate que ces acteurs sont organisés différemment : systèmes hiérarchisés pour l’ex-séléka, mouvance plus hybride pour les anti-balaka. En rappelant que l’opération Sangaris devait faire face à une succession de problèmes politico-militaires qui changeaient « tous les six mois », le colonel est revenu sur la nécessité d’adaptation et d’anticipation. Contrairement à certaines idées reçues, les éléments impactants de la crise ne sont, ni l’économie liée au pétrole, ni l’exploitation des diamants (coûts trop élevés) mais la transhumance, comme vecteur important d’insécurité au nord de la RCA. Toute la difficulté de la mission consistait pour les forces françaises à être une « courroie d’entrainement » de l’action internationale en laissant nos partenaires africains imposer leur rythme, tout en se coordonnant avec eux. C’est d’ailleurs grâce à la cohérence des dispositifs, des actions, des affichages et des relations presses entre la MISCA, l’EUFOR et la Force Sangaris que leur objectif commun a été compris de tous. A ce titre, le colonel a parlé d’une « fraternité d’armes » entre les forces africaines et françaises impressionnante pour nos ennemis.
Souvent reléguée au dernier plan, la dimension logistique (délais d’acheminement d’eau, d’hommes, de matériels, de carburant) a pourtant été déterminante. La mise en place de « plots carburant », lieux de relais pour les forces au sol, fut une action préparatoire indispensable aux déploiements des forces. Le colonel a conclu sur la qualité du dialogue avec Paris et des nouveaux réseaux de communication développés pour cette opération.


* MINUSCA : Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en république Centrafricaine (ancienne Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine créée le 5 décembre 2013).
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Témoignage du général SORIANO - 11 juin 2015
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Ancien commandant de la Force Sangaris, le général Soriano est arrivé en Centrafrique le 6 décembre 2013, immédiatement après l’attaque de l’ex-séléka à Bangui du 5 décembre et à la suite de la création de la Mission internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine (MISCA*) par le Comité du Conseil de sécurité de l’ONU le même jour. Trois missions ont été dévolues au général : établir un niveau de sécurité minimum, aider au déploiement de la MISCA et faciliter l’aide humanitaire.
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Ces objectifs ne se limitaient donc pas à des buts strictement sécuritaires mais incluait un volet politique et humanitaire. Pour y répondre, des relations franches ont été nouées dès l’arrivée de la force avec l’ambassadeur de France à Bangui, les ONG et les responsables politiques identifiés. La Force Sangaris a respecté la planification établie, sans tomber dans le piège de l’« événementiel », à savoir une action au jour le jour. Si l’ascendant tactique a toujours été conservé par l’armée française vis-à-vis des ex-séléka, l’initiative était en revanche plus délicate à garder envers les anti-balaka dont l’organisation plus nébuleuse, ne laissait pas deviner d’objectifs politiques clairs. C’est dans un environnement de grande prolifération d’armements (une grenade coûtait environ 30 centimes d’euros) et au milieu d’une population versatile, qu’il a fallu expliquer aux anti-balaka que la Force Sangaris n’avait pas été déployée dans le but de chasser les ex-séléka, et faire comprendre aux groupes armés de l’ex séléka que les soldats français, loin de patrouiller avec eux, étaient venus pour les désarmer. Le général Soriano a d’ailleurs salué l’action et le déploiement rapide de la MISCA qui a réussi à atteindre dès fin février 2014, l’effectif de 6 000 hommes. Leur interopérabilité avec la Force Sangaris a été considérée comme un élément clé de succès, même si cet effectif restait encore insuffisant à assurer seul l’ensemble des moyens logistiques et une mobilité efficace. Quelques autres déceptions ont aussi été notées, notamment l’absence de fiabilité des FACA et des gendarmes centrafricains, et l’exil difficilement contrôlable des musulmans dans l’ouest. Le témoignage du général Soriano s’est achevé sur un hommage rendu aux trois soldats français morts en Centrafrique et aux 120 blessés.

*Aujourd’hui la MISCA est devenue la MINUSCA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en république Centrafricaine) le 15 Septembre 2014.
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