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✅ Le combat en montagne, ou la nécessité de former les chefs tactiques aux spécificités de la guerre en milieu difficile 1/2

Revue de doctrine des forces terrestres
Engagement opérationnel
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La fin de la guerre en Afghanistan, particulièrement favorable à l’emploi des troupes de montagne, n’a pas marqué la fin de l’emploi spécifique des troupes de montagne françaises. En effet, la surveillance des frontières, notamment alpines, est redevenue une préoccupation et fait déjà appel aux compétences et capacités spécifiques de la 27ème brigade d’infanterie de montagne (27ème BIM). Surtout, la montagne reste un formidable terrain d’entraînement et d’aguerrissement forgeant de précieux outils de combat.


À cet effet, l’école militaire de haute montagne  (EMHM) a pour rôle de former les chefs militaires au combat en montagne. Ceux-ci ne doivent d’ailleurs pas nécessairement être montagnards de naissance, mais en revanche posséder le goût de l’effort et la curiosité d’apprendre.

Si le combat en montagne existe depuis que les hommes se font la guerre, il est encore bien présent dans les conflits contemporains. Par ailleurs, le milieu dans lequel il se déroule est particulièrement contraignant pour les facteurs de supériorité opérationnelle (FSO) de l’armée de Terre. Ainsi, une proposition de renforcement des principes de la guerre, à travers six principes d’emploi supplémentaires, permet d’anticiper, au niveau tactique, les nombreuses difficultés de ce combat.

 

Permanence du combat en montagne

Force est de constater que la guerre, qui s’est invitée en montagne durant l’Antiquité, ne l’a plus quittée. Déjà, au VIème siècle av. J.-C., Sun Tzu fait référence au terrain montagneux pour narrer les capacités d’adaptation indispensables des armées et des chefs aux contingences. Xénophon, au IVème siècle av. J.-C., combat dans les montagnes d’Anatolie lors de la retraite des Dix-Mille. Puis, lors de la deuxième guerre punique, Hannibal franchit les Alpes en 218 av. J.-C. Terrain d’affrontements périphériques d’abord, la montagne devient ensuite un centre d’intérêt prioritaire des Etats européens soucieux de défendre leurs frontières. C’est ainsi que les grands généraux des XVIIème et XVIIIème siècles, notamment Vauban et de Bourcet, inventent de nouvelles tactiques et théorisent la guerre en montagne. Napoléon s’en servira lors des combats de la Révolution sur les frontières des Alpes et pendant la campagne d’Italie en 1796. Mais il échouera plus tard en Suisse et en Espagne, face à des guérillas qui profiteront d’un terrain qu’elles savent rendre favorable à leur structure et à leur action.

 

Au XXème siècle, malgré l’avènement de la guerre technologique, la guerre ne déserte pas la montagne. Pendant la Première Guerre mondiale, les Vosges sont le théâtre d’affrontements particulièrement meurtriers. Des combats se déroulent aussi dans les Dolomites, entre l’Italie et l’empire austro-hongrois, ainsi que dans le Caucase, entre les empires ottoman et russe. À chaque fois, les spécificités et les difficultés de ce combat particulier sont particulièrement prégnantes, elles révèlent les forces physiques et morales des combattants. La Seconde Guerre mondiale connaît aussi son lot de batailles en milieu montagneux. Entre 1940 et 1944, les Alpes sont d’ailleurs le théâtre d’une mutation de cette guerre, puisqu’elle devient une guerre d’usure où s’illustrent notamment de nombreux maquis. Mais c’est probablement dans les massifs chinois que naît la guerre d’insurrection moderne, suite à la retraite stratégique, entre 1934 et 1935, de l’armée rouge de Mao à travers les massifs du Sichuan et du Shanxi. Les armées occidentales retrouveront cette forme de guerre dans la plupart des conflits périphériques de la guerre froide, notamment face aux nombreux mouvements anticoloniaux qu’elles auront à affronter.

 

Aujourd’hui encore, la guerre en montagne reste d’actualité. La France a vécu un engagement intense en Afghanistan, de 2001 à 2013. Durant le conflit, la projection des bataillons de chasseurs alpins chaque hiver s’est imposée, eu égard à la topographie de la chaîne montagneuse de l’Hindou Kouch. À l’étranger, des combats de haute intensité se déroulent toujours au Yémen. L’Irak reste aussi concerné, en témoigne l’épisode sanglant des massacres de Sinjar en 2015 contre les populations yézidies.

 

L’approche historique du combat en montagne prouve qu’il ne concerne pas que les spécialistes. Pour autant, aujourd’hui, dans l’armée de Terre, seules les unités de montagne, appartenant en majorité à la 27ème BIM, sont aptes d’emblée à être engagées en opération en milieu montagne et grand froid.

 

Impact du milieu montagneux sur les FSO

Tout d’abord, la particularité du relief montagneux met à rude épreuve l’endurance et la force morale des hommes et des matériels. D’une part, la fatigue physique du combattant est exacerbée. Les risques de chutes de pierres, de glissades et d’avalanches sont permanents. Le climat peut être extrême, l’effet des températures négatives est aggravé par le vent et les précipitations. Le soldat est alors exposé aux risques de gelure, d’hypothermie, d’hyperthermie, de foudroiement. Il lui faut donc puiser dans ses réserves et se battre contre le milieu qui ne lui épargne rien. Les hautes altitudes comportent en outre des risques physiologiques potentiellement mortels, notamment les œdèmes cérébraux et pulmonaires. D’autre part, les matériels sont soumis à une usure prématurée, ils doivent résister à des contraintes particulièrement violentes qui peuvent geler les fluides, voire casser les solides.

 

De plus, l’agilité, ainsi que l’effet de masse, peuvent difficilement être atteints dans ce contexte hostile. En effet, la topologie du terrain restreint les opportunités de concentration des unités, les fronts sont souvent discontinus. Les troupes se retrouvent ainsi naturellement isolées, elles sont donc d’autant plus exposées au choc du combat. La mobilité des armées est réduite à cause d’une forte canalisation, ce qui entraîne une augmentation sensible des délais de déplacement. Enfin, la supériorité technologique est de fait nivelée, puisque la nature du terrain multiplie les masques et amenuise notablement l’effet des armes, et parce que des concessions sur la protection sont imposées par la volonté de conserver de la liberté de manœuvre. L’aviation légère est particulièrement pénalisée, puisque sa capacité d’emport et sa disponibilité sont largement amenuisées.

 

Enfin, les caractéristiques du milieu biaisent significativement la compréhension et la performance du commandement. Les moyens de communication peuvent s’avérer rapidement inopérants à cause de barrières naturelles bloquant les ondes, ce qui peut complexifier la coordination des opérations et milite pour la conception de manœuvres simples. En outre, l’obtention de la surprise peut s’avérer très délicate, puisque la manœuvre dans des espaces très cloisonnés ne fournit pas les conditions propices à celle-ci. Le défenseur semble ici avantagé par rapport à l’attaquant. De même, la réversibilité d’une opération peut s’avérer réduite, voire impossible.  De surcroît, la difficulté du milieu augmente la capacité de résistance des populations de montagne. Il devient alors plus difficile pour les armées de trouver refuge auprès des populations et de les influencer.

 

En définitive, afin de s’engager en montagne et de minimiser les effets contraignants du milieu, une armée a besoin d’entrainement et de formation spécifique, ainsi que d’une bonne acclimatation. Elle a aussi besoin d’équipements et d’infrastructures spécifiques pour s’entraîner, vivre et manœuvrer en montagne. Elle a enfin besoin d’adapter l’articulation de ses unités, ainsi que ses normes d’engagement.

 

La montagne contraint l’application des principes de la guerre, parce qu’elle limite la liberté  d’action, elle rend  difficile  la concentration des efforts et elle complique l’économie des moyens.

 

Des principes d’emploi comme ligne de vie

Préambule

Historiquement, les qualités des chefs montagnards sont la capacité d’anticipation et d’adaptation, l’état d’esprit résolument porté à l’offensive, l’audace, enfin l’humilité et la prudence face aux éléments naturels. Puisqu’en montagne, l’application des principes de la guerre est fortement contrainte par le milieu et ne va pas de soi, il est nécessaire de s’appuyer sur des principes d’emploi, ou principes de la guerre en montagne, qui viendront compléter les principes intemporels de la guerre. Le milieu ajoute des variables aux constantes de l’équation.

 

Premier  principe d’emploi : préparation de l’engagement

Il s’agit d’endurcir les hommes, physiquement et moralement, c’est- à-dire d’aguerrir la troupe. La formation des chefs, techniquement et tactiquement, est aussi essentielle. La dotation en équipements spécifiques en est une condition nécessaire. Il est finalement question de rendre les unités capables de dominer le milieu.

L’applic ation  de  ce  principe d’emploi permet aux troupes finlandaises d’être victorieuses en janvier 1940 lors de la bataille de Suomussalmi, face aux divisions soviétiques pourtant largement supérieures en nombre mais moins bien préparées. À l’inverse, les lourdes pertes saoudiennes au Yémen, lors de la guerre du Saada en 2009, proviennent en partie de leur manque d’adaptation au combat en montagne.

 

« Toute troupe qui opère dans les Alpes, avant d’entrer en lutte avec l’ennemi entre en lutte avec le terrain [...] » Capitaine Simon PAUL, Les principes de la guerre alpine, 1901.

 

Deuxième principe d’emploi : ubiquité

Il s’agit de faire peser sur le dispositif ennemi un danger omnidirectionnel afin de paralyser sa manœuvre, de le sidérer, puis de lui porter un coup fatal. Le terrain rend la manœuvre prévisible et contraint, au moins dans un premier temps, à la déconcentration des efforts. En offensive, il faut créer une nasse autour du dispositif ennemi, maintenir l’incertitude et concentrer les efforts au moment opportun. En défensive, il faut viser la déconcentration des forces et disposer de réserves, puis varianter et freiner.

 

Les points clés sont la vitesse, l’effet de surprise et l’audace. Seule la troisième dimension offre des capacités indéniables pour fermer une nasse à partir de points hauts et pour obtenir un effet de surprise sur tout ou partie d’une zone d’action. Néanmoins, cette capacité ne peut être considérée comme permanente en raison des contraintes d’emploi limitant sa disponibilité.

 

En mai 1944, la percée de la vallée du Liri, lors de la bataille de Monte Cassino, est effectuée simultanément par les hauts et les bas. L’axe des efforts n’est pas décelé, ce qui empêche l’ennemi d’engager ses réserves. Au contraire, lors de la campagne d’Italie, en mai 1794, les troupes du général SARET subissent de lourdes pertes lors de l’attaque du col du Mont Cenis. La concentration des efforts des forces assaillantes a permis à l’ennemi, installé en défensive, d’anticiper leur manœuvre.

 

« [...] ce qui caractérise la défense en montagne, c’est la passivité parfaite puisque le défenseur est condamné à l’immobilité [...] L’attaquant, quant à lui, peut manœuvrer et enfoncer la ligne de défense, soit en la contournant, soit en concentrant ses forces en un point unique [...] ». Carl von CLAUSEWITZ, De la guerre, 1830.

 
 


 

 

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Titre : ✅ Le combat en montagne, ou la nécessité de former les chefs tactiques aux spécificités de la guerre en milieu difficile 1/2
Auteur(s) : Lieutenant-colonel Lionel Mayade, directeur de la formation de l’EMHM
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