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✅ Le combat en montagne, ou la nécessité de former les chefs tactiques aux spécificités de la guerre en milieu difficile 2/2

Revue de doctrine des forces terrestres
Engagement opérationnel
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La fin de la guerre en Afghanistan, particulièrement favorable à l’emploi des troupes de montagne, n’a pas marqué la fin de l’emploi spécifique des troupes de montagne françaises.


Troisième principe d’emploi : opportunisme

Il s’agit d’être capable d’utiliser les caractéristiques particulières du terrain, pour démultiplier les effets de sa manœuvre et surclasser celle de l’ennemi. Puisque le terrain limite les possibilités de manœuvre, il ne faut rater aucune occasion.

Les points clés sont le mouvement, gage de sûreté en montagne, la vitesse pour dépasser l’ennemi, ainsi que la mise à disposition de suffisamment de réserves. Gagner la bataille du renseignement s’avère essentiel, car la manœuvre en montagne laisse rarement une seconde chance. Il faut ensuite une autonomie de décision déléguée au plus bas échelons, pour pouvoir saisir toutes les opportunités.

 

L’histoire montre l’importance de ce principe d’emploi pendant la deuxième guerre mondiale. En 1944, lors de la bataille des Vosges, la 2e division blindée profite notamment de la prise du col de Dabo pour s’emparer de Strasbourg. En 1945, la section d’éclaireurs skieurs du 7e  BCA79, commandée par le lieutenant PAGANON, profite de la nuit pour gravir le couloir nord-est du roc de Belleface, afin d’en assurer la conquête.

 

« Des forces de guérilla possédant un faible niveau technologique peuvent utiliser le terrain à leur profit pour démultiplier leurs capacités, infliger des dommages sérieux à une force mieux équipée et échapper à ses coups. » Patrick VILJANEN, Observation des opérations de montagne en Afghanistan, 2003.

 

Quatrième  principe d’emploi : domination

Il s’agit de contrôler les hauts afin d’avoir un avantage décisif, car cela permet de dominer l’espace de bataille, et donc de prendre l’initiative sur l’ennemi, mais aussi d’exploiter par les bas. De plus, tenir les hauts permet une meilleure coordination d’un compartiment de terrain à l’autre et d’envisager des bascules d’effort. Enfin, cela permet d’avoir un ascendant psychologique certain sur l’ennemi. La saisie des points hauts fait ainsi partie de l’effort initial de toute manœuvre en montagne.

 

Les points clés sont, pour l’attaquant, la vitesse ainsi que la force physique et morale. Pour le défenseur, il est opportun de contrôler les approches des postes d’observation et de disposer de suffisamment de réserves. La mobilité est en définitive un élément décisif de toute manœuvre en montagne. L’utilisation des hélicoptères peut atténuer les difficultés du terrain en offrant de la marge de manœuvre, ainsi qu’un ascendant psychologique certain sur l’ennemi.

La prise du mont Majo par les troupes marocaines de la 2e division d’infanterie marocaine en mai 1944, dont la chute a vulnérabilisé Cassino, est un exemple probant. La situation est différente lorsque qu’en 2002, lors de l’opération Anaconda, les Américains s’engagent dans la vallée de Shah-i-Khot sans s’être assuré de la possession des hauts. Cette lacune n’est pas sans conséquences dans la suite des opérations.

 

« La position dominante n’est décisive qu’en montagne. » Carl von CLAUSEWITZ, De la guerre, 1830.


 

Cinquième principe d’emploi : complémentarité  des feux

Il s’agit de disposer dans les délais les plus brefs de feux qui atteignent leur cible, et ce quel que soit le terrain, grâce à une complémentarité des vecteurs et des effets des armes. Atteindre cet objectif n’est pas chose aisée, puisque le terrain contraint  les  appuis, leur accès aux zones de manœuvre, leur disponibilité dans le temps, la balistique et l’effet des munitions.

 

Les points clés sont alors de disposer d’observateurs en première ligne équipés de moyens spécifiques, ainsi que d’une variété de munitions et de vecteurs, afin de produire les effets en s’adaptant au terrain. La redondance des moyens assure la permanence des feux. Enfin, il vaut mieux favoriser la précision face à la saturation.

 

Pour s’en convaincre, il est intéressant de se rendre compte des difficultés des troupes du régime syrien en 2014 à Qalamoun, à cause de la configuration du terrain montagneux qui offre une barrière naturelle aux rebelles. Ce n’est pas le cas en 1940 au Chaberton, lorsque la précision des artilleurs français l’emporte sur les tentatives de saturation des italiens.

 

« Tous les officiers d’infanterie doivent être capables de régler ou déclencher des tirs d’artillerie  car il est peu probable que les unités d’artillerie puissent fournir un nombre suffisant d’observateurs. » Bataille du Siachen entre l’Inde et le Pakistan, 1998.

 

Sixième principe d’emploi : siège de l’ennemi

Il s’agit de mener la guerre contre les voies de communication de l’ennemi. Le combat en montagne peut se comparer au combat de siège. Ici plus qu’en plaine, les voies de communication sont un enjeu majeur pour le succès de la manœuvre, qu’elle soit offensive ou défensive. En effet, le cloisonnement du terrain limite leur nombre et provoque leur encombrement, voire leur saturation.

 

Les points clés consistent donc à couper le cordon ombilical de l’ennemi, tout en protégeant ses propres voies de communications. Il faut donc valoriser ses moyens de communication, physiques ou non, en faisant appel à la troisième dimension, mais surtout en augmentant la capacité de la troupe à l’autosuffisance.

 

La bataille de Suomussalmi illustre bien ce principe d’emploi. Face aux Soviétiques, les Finlandais appliquent la tactique du motti, qui consiste d’abord à diviser l’adversaire afin de créer des rapports de force localement favorables, mais aussi à s’attaquer aux ses points faibles, les colonnes de véhicules sont alors stoppées. En 1982, lors de l’offensive du Pandjchir, l’Armée rouge a aussi beaucoup de mal à combattre face aux moudjahidines afghans qui évitent le rapport de force et se concentrent sur les points faibles de leur adversaire.

 

« [...] le génie de cette guerre [des montagnes] consiste à occuper des camps ou sur les flancs ou sur les derrières de ceux de l’ennemi, qui ne lui laissent que l’alternative ou d’évacuer ses positions sans combattre pour en prendre d’autres en arrière ou d’en sortir pour vous attaquer. » Hubert CAMON, La guerre napoléonienne, 1910.

 

Le combat en milieu  montagne-grand froid  trouve aujourd’hui une nouvelle actualité avec l’engagement en centre Europe de l’OTAN dans le cadre des mesures de réassurance, dans un contexte de retour de la haute intensité sur des espaces potentiellement « grand froid ». La maitrise du combat en montagne ne s’acquiert qu’au prix d’un long apprentissage qui doit inclure toutes les contraintes du milieu, ses conséquences sur l’homme, les matériels et les modes d’action.


 

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Titre : ✅ Le combat en montagne, ou la nécessité de former les chefs tactiques aux spécificités de la guerre en milieu difficile 2/2
Auteur(s) : Lieutenant-colonel Lionel Mayade, directeur de la formation de l’EMHM
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