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Réponse d'un grand ancien
Par le Lieutenant-colonel (er) Claude FRANC
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[...] A la lecture de votre très bon papier, en tant que Grand Ancien, et aucunement dans le but de déclencher je ne sais quelle polémique de quelque nature que ce soit, je dois vous avouer quand même que j’ai été surpris de la façon, que je me permets de juger un peu expéditive, dont vous avez rendu compte de votre lecture du chapitre consacré à la doctrine.
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HANNIBAL (247-183 av. JC)
Par Monsieur Thierry Widemann
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Hannibal, l’adversaire de Rome pendant la deuxième guerre punique, fut, avec Alexandre, le plus grand chef de guerre de l’Antiquité. Quelles étaient la nature et les limites de son talent militaire? On peut tenter quelques éléments de réponse après avoir rappelé les grandes lignes de sa carrière. Lors de la deuxième guerre punique (218-202 av. JC), le but stratégique d’Hannibal était de briser la confédération italique, c’est-à-dire de séparer Rome de ses alliés. Pour l’atteindre, il fallait détruire la force militaire romaine. Parti de Carthagène en 218, il traversa la péninsule ibérique, franchit le Rhône et les Alpes, et accumula les victoires tactiques: au Tessin et à la Trébie (218), et surtout à Trasimène l’année suivante. Cette bataille, qui se déroula comme une forme supérieure d’embuscade, fit 15.000 morts du côté romain. Conformément à ses objectifs, Hannibal ordonna le massacre des Romains et épargna les autres Italiens.
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Jean GUITTON
Par Monsieur Martin MOTTE
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Une fois n’est pas coutume, le penseur militaire d’aujourd’hui n’est pas un soldat de métier mais le philosophe catholique Jean Guitton. Son intérêt pour la stratégie ne tient pas seulement au fait qu’il grandit durant la Première Guerre mondiale et passa la Seconde dans un camp de prisonniers en Allemagne, mais plus encore à son amitié de trente ans avec le général Weygand, disciple de Foch et dépositaire de sa pensée. C’est donc à bon escient que le général de La Chapelle, en 1952, demanda à Guitton de venir parler devant les élèves de l’École de Guerre. L’expérience déboucha en 1969 sur un volume intitulé «La pensée et la guerre» . Dans sa préface, Guitton explique ses motivations: «La politique, la stratégie ne sont que des moyens pour rapprocher l’homme de sa fin ultime qui est la possession de la vérité et du bonheur»; or, comme c’est précisément de cette fin que traite la philosophie, elle ne peut jeter un voile pudique sur la guerre: «L’art de faire la guerre est une technique qui, malgré le mal de la mort qu’il manie, vise un bien, préserver une nation de cet échec radical que serait la perte de son indépendance». Mais si le philosophe a beaucoup à apprendre du stratège, la réciproque n’est pas moins vraie. D’une part en effet la stratégie, sur son versant théorique, est tributaire des méthodes intellectuelles développées par la philosophie. D’autre part la philosophie conditionne indirectement la pratique guerrière, puisque «la distinction des moyens admis et des moyens interdits dans la guerre suppose une métaphysique». Ce point avait déjà été vu de Platon, mais l’apparition de l’arme atomique, et avec elle la possibilité d’un «suicide réciproque» de l’humanité, lui donnent une importance cruciale. Dans le même temps, la guerre psychologique connaît un essor sans précédent. Or, la psychologie est l’un des domaines traditionnels de l’investigation philosophique. Les défis de la modernité obligent donc philosophie et stratégie à converger en ce que Guitton propose d’appeler une «métastratégie».
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La bataille de Castillon / 17 juillet 1453
Par DESTIA
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Contexte général : Ayant reconquis la Normandie dès 1450, les Français s'attachent à récupérer la dernière région aux mains des Anglais : la Guyenne. Malgré une conquête partielle et éphémère, les Anglais, aux ordres de John Talbot, passent à la contre-offensive et reprennent Bordeaux le 23 octobre 1452. En dépit de ce succès militaire, la situation anglaise resta précaire car le pays, au bord de la guerre civile, ne peut déléguer de renforts. Les Français décident dès lors de reprendre l'initiative dès l'été 1453 en lançant quatre colonnes vers Bordeaux. L'une d'elles, avançant par la vallée de la Dordogne, s'empare de Gensac le 8 juillet 1453 et s'approche de Castillon.
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Sun Tzu
Par Monsieur MARTIN MOTTE [1]
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De Sun Tzu nous ne savons rien de certain, pas même s’il a vraiment existé. La tradition chinoise en fait un général du VIème siècle avant J.-C., mais les grandes armées évoquées dans son «Art de la guerre» ne sont apparues qu’avec les «Royaumes combattants» du Vème siècle. Il se peut donc que ledit ouvrage soit une compilation de réflexions stratégiques datant d’époques différentes, rattachées après coup à un auteur unique et largement mythique. Réel ou imaginaire au reste, Sun Tzu est un des plus illustres stratégistes de tous les temps, le plus illustre même, si l’on s’en tient au nombre de traductions dont il a fait l’objet. À cette popularité ont contribué la brièveté de l’œuvre – une vingtaine de pages en excluant les gloses – et son apparente facilité: «Le lecteur le plus paresseux peut en tirer sans peine de quoi briller en société», note Hervé Coutau-Bégarie[2]. Mais «L’art de la guerre» mérite mieux qu’un succès de salon. Il doit être lu et médité en profondeur, ne serait-ce que pour combler les vides d’un texte souvent elliptique ou identifier les réalités concrètes qui se cachent derrière les formules poétiques chères à la littérature chinoise. D’autre part, Sun Tzu a souffert de l’exotisme à bon marché dont on l’a affublé: dans le sillage des deux guerres mondiales et de la défaite américaine au Vietnam, on a eu tendance à en faire le symbole de la subtilité orientale par opposition à une brutalité occidentale que personnifierait Clausewitz. Outre qu’une telle opposition ne résiste guère à l’examen, elle a l’inconvénient d’occulter l’universalité de Sun Tzu en l’enfermant dans une Asie de carton-pâte, source des pires illusions stratégiques. Nous suivrons pour notre part la démarche inverse et soulignerons les nombreuses convergences entre Sun Tzu et la pensée occidentale.
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