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L’artillerie du Camp Retranché de Paris en 1914
Par le Général de corps d’armée (CR) André BOURACHOT[1].
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Paris, camp retranché, est défendue en 1914 comme le prévoit l’instruction sur la guerre de siège de 1909. L’application de ce texte à Paris est un peu particulière puisque la ville est entourée par une triple ceinture de fortifications : l’enceinte continue d’environ 32 kilomètres de tour comprenant 94 bastions puis, à une distance variable une première ceinture de forts, dits détachés, construite en même temps que l’enceinte, de 1840 à 1845. Enfin s’ajoute la ceinture de forts Séré de Rivières construite de 1874 à 1880. Citons quelques noms pour préciser les localisations : forts d’Issy, de Vanves et de l’Est par exemple pour les premiers, forts de Vaujours, de Saint-Cyr et de Villeneuve-Saint-Georges pour les seconds. Les forts Séré de rivières ont été construits après la guerre de 1870 pour interdire l’implantation de batteries d’artillerie ennemies comme l’avaient fait, fin 1870, les Prussiens. L’artillerie de 1870 n’était déjà plus celle de 1840 et les forts détachés n’ont pas empêché les batteries prussiennes[2] de tirer sur la ville (surtout la partie sud).
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Nos équipements militaires coûtent-ils trop chers ?
Par Chef de bataillon Jacques de Sorbier
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Les dépenses militaires mondiales ont baissé en 2012. Ce constat semble être resté dans le cercle assez fermé du monde de la défense. Pourtant, il est singulier ! Oui, les dépenses de défense n’ont cessé d’augmenter dans le monde depuis 1998. Cependant, elles ont décru pour la première fois en 2012. Il faut bien sûr regarder de plus près ces chiffres qui reflètent bien des disparités à l’échelle de la planète mais la France semble s’inscrire dans ce mouvement global en révisant son modèle d’armée afin de l’adapter aux nouveaux enjeux d’une France en pleine mutation. Néanmoins, la France vient de faire le choix de conserver l’ensemble du spectre des capacités militaires afin de ne pas avoir à réviser ses ambitions stratégiques à la baisse et ainsi assumer sa place dans le concert des nations tant à l’ONU qu’au sein de l’OTAN.
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Quelle place pour l’honneur dans la tactique ?
Par le chef d’escadrons Jean-Hilaire MILLET
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L’honneur, «poésie du devoir» selon Vigny , est une notion qui a quelque chose de poussiéreux. Il est démodé. Peu utile, il traîne même par devers lui de dangereux relents d’orgueil déplacé. N’est-ce pas lui qui a poussé de romantiques Saint-Cyriens à charger en casoar et gants blancs en 1914, après le serment autour des sous-lieutenants Allard Meus et de Fayolle, provoquant ce que certains historiens qualifient de quasi-suicide des élites ? N’est-ce pas lui qui caractérisait une civilisation meurtrière, le Japon impérial, dont, justement, la conception de l’honneur apparaît si outrancière?
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La recherche du soutien de l’opinion publique : Nécessité stratégique et frein à la tactique ?
Par le chef d’escadron GUILLOU
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Les efforts des groupes terroristes pour instrumentaliser l’opinion publique semblent prouver que le soutien de cette opinion est un pré-requis nécessaire à tout engagement ou poursuite d’une action militaire. Dans un monde où l’information circule de plus en plus vite et est instantanément accessible au plus grand nombre, une société (surtout occidentale) est de plus en plus sensible à l’image que les médias peuvent lui renvoyer des actions menées par ses soldats. Ainsi l’outil militaire doit prendre en compte cette nouvelle situation, illustrée par l’exemple du « caporal stratégique »1, dans la préparation de ses engagements.
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Réflexions sur Gallieni : tacticien ? stratège ?
Par le Colonel (H) Jacques VERNET
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Le Général Joseph GALLIENI (1849-1916), Maréchal de France à titre posthume (1921), n’est pas resté dans la mémoire de ses contemporains comme un penseur militaire, mais, grâce aux rapports et aux souvenirs de ses nombreuses campagnes coloniales, comme un chroniqueur de talent sollicité par les meilleures maisons d’éditions parisiennes. Ce succès littéraire signifie sans doute que ses lecteurs trouvaient dans ses ouvrages à la fois des récits et des descriptions relevant de la géographie au sens le plus large, et des indications sur les méthodes de conquête et de pacification des territoires et des populations rencontrées. Gallieni a été confronté dès le début de sa carrière à des situations qualifiées aujourd’hui d’asymétriques, puis plus tard, à des décisions stratégiques engageant le sort du pays. - Pour les premières, peut-on tisser quelques constantes applicables à des situations présentes, en évitant le danger des recettes mais en utilisant les paramètres permanents de ce type d’affrontement ? - Quant au domaine de la grande stratégie, les vieux principes napoléoniens, repris par Foch en son temps, méritent d’être rappelés en ce début du XXIème siècle, leur évidence étant telle qu’ils en sont presque négligés, pour ne pas dire oubliés.
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