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Les réflexions libres à la une

Du groupe mobile autonome de la guerre d’Indochine au groupement tactique interarmes d’aujourd’huiPublié le 01/11/2018

cahier de la pensée mili-Terre
les Chefs d’escadron Aymeric ABILLARD et Sébastien BURETTE

Les GTIA sont-ils les déclinaisons contemporaines des groupes mobiles (GM) autonomes de la guerre d’Indochine? Pour les auteurs de cet article, la réponse à cette question est affirmative. En effet, les GTIA, pions de manœuvre tactiques de structure modulable, tirent leur force de l’engagement éprouvé et de la souplesse des GM, tout en bénéficiant d’une doctrine d’emploi aboutie, et en étant valorisés par la modernité de leurs équipements. Ces atouts sont mis en exergue par le projet «GTIA SCORPION».

Le pari risqué du Hezbollah en SyriePublié le 31/10/2018

cahier de la pensée mili-Terre
Chef de bataillon BIED-CHARRETON

En mai 2013, le Hezbollah reconnaissait publiquement son aide militaire au régime syrien de Bachar el-Assad. Cette intervention militaire hors de ses frontières lui a valu d'être mis à l'index sur le plan national et international. Cette étude vise à analyser les raisons ayant poussé le Hezbollah à prendre une décision en apparence des plus périlleuses, ainsi que les ressorts qui lui permettent de tirer aujourd'hui bénéfice de son engagement en Syrie.

L’audacePublié le 30/10/2018

cahier de la pensée mili-Terre
Lieutenant-colonel Emmanuel DUBOIS

À l’occasion d’une étude historique sur le terrain, un officier, un brin taquin, disait à propos de l’offensive allemande dans les Ardennes en 1940: «Guderian est audacieux parce qu’il a réussi. Si l’offensive avait échoué, il aurait été incompétent». L’audace n’a-t-elle pas de nature propre? N’est-ce qu’une notion subjective, un point de vue du spectateur qui juge l’action a posteriori? N’est-ce qu’une question de hasard, un jet de dés dont le succès repose sur sa bonne étoile (ou la mauvaise de son adversaire)? En somme, l’audace que nous chérissons tant n’est-elle qu’une chimère de gamins rêveurs? L’auteur de cet article apporte avec passion ses réponses personnelles à ces questions.

Pour pratiquer l’art de la guerre, faut-il manger des madeleines?Publié le 10/10/2018

cahier de la pensée mili-Terre
le Chef d’escadrons Christophe MAURIN

Napoléon est l’un des maîtres intemporels dans l’art de la guerre. Au-delà de ce parallèle formel, les officiers peuvent-ils s’inspirer de l’aphorisme de l’empereur en le confrontant à d’autres regards sur la réminiscence? le Chef d’escadrons Christophe Maurin propose d’esquisser quelques pas sur cette voie, en considérant des perspectives offertes par la psychologie, la philosophie et la littérature.

 

«L’inspiration n’est, le plus souvent, qu’une réminiscence»

Napoléon

Innovation et armée de Terre: remettre l’homme au cœur des initiativesPublié le 09/10/2018

cahier de la pensée mili-Terre
le Chef de bataillon Jean MICHELIN

L’innovation ne peut pas se décréter, et comme tout mot aux définitions nombreuses et changeantes, la principale menace pesant sur l’innovation serait de la réduire à une simple déclaration d’intention. Pour paraphraser le Général de Gaulle, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant «L’innovation! L’innovation! L’innovation!», mais cela n’aboutit à rien et ne signifie rien. Le Chef de bataillon Jean Michelin pousse la réflexion plus loin sur ce que pourrait impliquer l’innovation, concrètement, et dans l’armée de Terre en particulier.

 

«Un bon lieutenant, c’est quelqu’un qui a cinquante idées à la seconde et qu’on doit freiner. Pas quelqu’un qu’on doit pousser».

Les principes de Foch à l’épreuve de la Grande GuerrePublié le 08/10/2018

cahier de la pensée mili-Terre
Lieutenant-colonel Christophe GUÉ

Le Maréchal Foch, commandant en chef des armées alliées en 1918, est souventconsidéré comme l’incontestable vainqueur de la Grande Guerre, un titre qui apparaît comme la consécration de la pensée militaire brillante de l’auteur des «Principes de la Guerre».

De fait, la victoire de 1918 est le résultat de l’application judicieuse des principes attribués à Foch et retenus par l’armée de Terre: une économie des forces bien menée, qui a procuré la liberté d’action nécessaire à une concentration des efforts efficace, avec un point d’application variant sans cesse, privant ainsi l’ennemi de sa liberté d’action tout en augmentant celle des Alliés, et l’acculant ainsi à l’armistice. C’est en revanche pour ne pas avoir respecté ces principes que les armées françaises ont échoué aux frontières, puis se sont enlisées dans des attaques aussi vaines et coûteuses que décousues jusqu’à ce que le choix soit effectué, peu après la mi-mai 1917, de renoncer à l’offensive décisive tant que les moyens nécessaires feraient défaut. Le Général Foch venait alors d’être promu chef d’état-major général3 et le Général Pétain commandant en chef.

La transformation de la guerre Publié le 13/09/2018

cahier de la pensée mili-Terre
le Chef de bataillon Cyrille YOUCHTCHENKO

L’auteur Martin Van Creveld est historien militaire et étudie la guerre en tant que comportement social. Il enseigne à l’université hébraïque de Jérusalem.

Considéré comme le promoteur de la réflexion sur la mutation militaire depuis une vingtaine d’année, il est l’auteur notamment de Supply and War (1977), Command and War (1985)[1], Technology and War (1988) ou Les femmes et la guerre[2].

Critique de Clausewitz, Martin Van Creveld est un adepte de l’école dite "du chaos"[3]. Selon lui, les guerres terroristes, mafieuses et civiles deviennent la forme normale du conflit violent et elles ont toutes les chances de se généraliser. C’est ce qu’il prétend démonter dans The transfomation of War rédigé avant la fin de la bipolarité mais paru en France en 1998 sous le titre La transformation de la guerre.

 

[1] Analyse de l’histoire du commandement à travers les âges comme une course sans fin entre le besoin croissant d’information et la capacité des systèmes de commandement à y répondre.

[2] Thèse selon laquelle c'est le déclin de l'organisation militaire qui a entraîné le recrutement des femmes. Ce recrutement accélère le déclin des armées. L’auteur relativise le progrès que constitue l'accession des femmes à la chose militaire et démontre que, là où se joue la guerre, les hommes ont toujours le monopole de la violence puisque ce sont eux qui paient ce que Clausewitz appelait «le tribut de la guerre» et qui «commettent» ce que Tolstoï nomme « l'acte de tuer ».

[3] Théorie du Chaos: la fin de la bipolarité va consacrer une théorie selon laquelle le maître à penser en stratégie ne sera plus Clauzewitz mais Sunzi. De fait, l'ennemi devenant indistinct et ses comportements aléatoires, il ne s’agit plus de livrer des batailles décisives et de détruire l’adversaire mais de gérer des crises et de vaincre sans combat. Cette thèse est aussi défendue par John Keegan, A History of Warfare, (Londres 1993).

À propos de culture historiquePublié le 09/09/2018

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le Général (2°s) Guy MARIOTTI

Dans tous les pays démocratiques, l’environnement actuel du chef militaire est marqué à la fois par l’extrême variété des théâtres d’engagements, par les contraintes juridiques croissantes du principe de précaution et par l’explosion d’une menace terroriste tous azimuts insensible aux valeurs morales. Dès lors, la crédibilité du chef repose sur l’acquisition et l’entretien permanent d’une culture militaire à périmètre élargi alliant l’histoire militaire à la géostratégie et à la géopolitique. Cet outil culturel conditionne sa perception d’une situation et de son évolution potentielle. La culture historique n’est plus seulement un « must » ou un hommage aux anciens et à la tradition militaire, mais une ardente obligation pour tout officier à haut potentiel.

 

Après la guerre : le Moyen-Orient en recompositionPublié le 08/09/2018

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le Lieutenant-colonel GERVAIS

Les combats qui, a l’été 2006, ont mis aux prises l’armée israélienne et les forces du Hezbollah libanais, avec comme victimes collatérales le reste de la population et du potentiel économique du Liban, constituent l’une des plus longues « guerres israélo-arabes » (35 jours). Ils ont impliqué au premier plan, quoiqu’à des degrés différents, Israël, le Liban dans toutes ses composantes, et les Palestiniens des Territoires. Mais ils ont eu bien évidemment des conséquences régionales et conduit une nouvelle forme d’implication, non dénuée d’ambiguïté, des principaux acteurs internationaux.

Qui a fait mieux et où?Publié le 28/08/2018

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le Général de corps d’armée (CR) Bernard GILLIS

Le débarquement français en Algérie en 1830 est dû à une décision d'ordre politique, avec un motif stratégique indiscutable: assainir la Méditerranée occidentale des pirates barbaresques.

Une fois Alger conquise, fallait-il coloniser le reste de la province ? Débat qui à cette époque a eu une réponse positive, en raison du constat sur le terrain: l'état de délabrement politique, administratif, sanitaire qui mettait cette province en déshérence et attirait irrésistiblement la prise de pouvoir par qui voulait, en l'occurrence la France. Bien ou mal, qu'importe. Il s'agit dans cet article non pas de faire une étude philosophique et morale comparée, Jules Ferry et Clemenceau se sont opposés publiquement sur ce sujet, mais il s'agit de faire le bilan concret de 132 ans de présence française et de décrire l'héritage laissé. C'est une photographie, car les hôpitaux, l'agriculture, les routes, les chemins de fer, les ports, les aéroports, le pétrole, le gaz sont des réalités indéniables.

Il n’est pas inutile de faire ce bilan en répondant, au passage, aux accusations principales contre cette colonisation, en dehors des préoccupations philosophiques sur les races inférieures et supérieures. Aussi vais-je examiner les disparités civiques (traitées d'inégalités) entre Européens, Juifs et Musulmans, l'inégalité dans la scolarisation de ces différentes catégories, la santé publique, l'agriculture (prétendument réservée aux colons), les équipements d'infrastructure, les ressources minières: pétrole et gaz surtout.

 

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