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Alors Belka, tu n'aboies plus ?

Cahiers de la pensée mili-Terre
Histoire & stratégie
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Troublant et parfois inquiétant, cet ouvrage presque confidentiel narre un épisode quasiment inconnu de la Seconde Guerre mondiale: «Plus personne ne sait ces choses là…», écrit l’auteur…  par Madame le Professeur Françoise THIBAUT


Dans le Pacifique nord, en juin 1942, deux îles nord-américaines de l'archipel des Aléoutiennes furent conquises et occupées par les Japonais: l'île Attu et, plus à l'est, l'île Kiska, qu'ils rebaptisèrent Atsuta et Narukami en y dressant l'oriflamme du Soleil levant le 8 juin. Les États-Unis y avaient installé une station météorologique où vivotaient une dizaine d'observateurs, rapatriés dès après Pearl Harbour. Mais leur chienne, Explosion, y fut laissée. Une unité nippone fut déployée avec un matériel important et des chiens combattants. La seule fois au XXème siècle où le territoire américain fut occupé. L'opération fut déclenchée pour faire diversion à l'attaque programmée de Midway, commencée le 5 juin. 

 

Lorsque tout commença à mal tourner, les Japonais évacuèrent les deux îles, dont le climat est épouvantable, entre mai et fin juillet 1943: deux croiseurs et neuf destroyers évacuèrent la totalité des 5.200 hommes, opération totalement inaperçue de l'armée américaine en raison de l'épais brouillard. Mais ils laissèrent quatre chiens sur l'île Kiska: trois japonais, Masayu, Masaru, et Kita, et Explosion; les quatre chiens survécurent tant bien que mal jusqu'au retour des Américains en octobre.

Furukawa conte l'extraordinaire destin des descendants de ces quatre vaillants quadrupèdes.

 

Au passage, l'auteur dévoile la tradition de l'utilisation de chiens sur les théâtres d'opérations militaires, pratique fort ancienne de toutes les armées: gardiens, défenseurs, attaquants, renifleurs, espions, messagers, récupérateurs, brancardiers, plus récemment démineurs, et puis... éventuellement, chaufferettes et casse-croûtes s'il n'y a plus d'autre solution. En 1942, les Japonais ont 40 ans d'avance sur les Américains dans le dressage de chiens combattants: leur première utilisation se situe en 1904 lors de la guerre contre la Russie tsariste; plus tard, ils seront largement engagés dans la conquête de la Mandchourie. Mais l'essentiel de leur technique émane de l'école allemande de dressage: en 1899, fut créée la Société du berger allemand de race pure, destinée à appuyer les opérations militaires. À la fin de la Grande Guerre, environ 20.000 chiens «firent merveille». Les Japonais utilisèrent ce savoir, croisant des bergers avec des hokkaïdos, samoyèdes, ushkis, mastifs belges, des bâtards aussi. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, tous fronts réunis, on considère qu'environ 500.000 chiens «combattants» furent utilisés. Certains furent décorés en grande pompe.

 

Bref, Explosion retrouve les Yankees, que Masaru n'aime pas: après avoir mordu le premier qui l'approche, il se suicide, comme un bon Japonais, délibérément, en se précipitant dans un champ de mines. Les Américains réinvestissent les deux îles. Exlosion met au monde cinq chiots, puis meurt en janvier 44. Les deux mâles survivants et les chiots sont rapatriés en Alaska; ces sept survivants sont les fondateurs (et fondatrices) de l'École cynégétique des Marines. Leurs descendants sont désormais des centaines de milliers... répandus dans tous les pays du monde. En effet, tous ces chiens furent ultérieurement engagés dans la guerre de Corée, pendant laquelle certains restèrent aux Chinois, aux Russes et à ce qui allait devenir la Corée du Nord; puis un rôle très actif fut donné aux chiens lors de la guerre du Vietnam. Les descendants de tous ces «descendants» essaimèrent en Sibérie – côtés russe et chinois –, en Afghanistan (croisés souvent avec les races locales), au Moyen Orient, en Ukraine... Ils participèrent à de nombreuses opérations, pas toujours très reluisantes ni avouables. Parmi eux, l'étonnant Belka, à la nombreuse descendance, dont l'intelligence a laissé pantois ceux qui l'ont approché et accompagné.

 

L'ouvrage est déroutant, parfois d'une grande cruauté, foisonnant, souvent délirant, qui présente, outre son récit historique très sérieusement documenté, deux aspects particuliers:

  • d'abord, comme souvent dans la littérature orientale, il mélange faits historiques dûment vérifiés et récit imaginaire. Il est d'ailleurs sous-titré «roman». La petite fille qui devient chienne, le vieillard assassin sont autant de créations incertaines sorties des brumes sibériennes. Le lecteur est dans l'inclassable, le sauvage, dont on ne peut démêler l'onirique du réel;
  • en second lieu, et c'est peut être cela le plus satisfaisant, de nombreux passages, parfois des chapitres entiers, sont racontés «du point de vue des chiens». Cette vue «basse» des évènements, qui se situe à hauteur des mollets, recèle un humour ravageur, cynique, mettant en boîte les stupides manies humaines.
 

[1] Philippe Picquier éditeur. Publié au Japon en 2005 avec succès, il n'est traduit en français – de manière remarquable par Patrick Honnoré – qu'en 2011. En Poche en 2015

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Titre : Alors Belka, tu n'aboies plus ?
Auteur(s) : FURUKAWA Hideo
Éditeur : Philippe Picquier
Collection : Collection Japon
ISBN : 2.8097.0316.0
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