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Conclusion du colloque

les principes de la guerre en 2035
Histoire & stratégie
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Issu de l’ALAT, le général de division Patrick Bréthous est diplômé de l’Ecole spéciale militaire de SaintCyr. Il a participé à de nombreuses opérations, notamment en Somalie et en Bosnie. En 2004, il est nommé chef de corps du détachement ALAT des opérations spéciales, puis en 2006 chef d’état-major de la brigade des forces spéciales Terre. Chef du centre de planification et de conduite des opérations de l’état-major des armées entre 2013 et 2015, il a commandé l’opération Barkhane en 2015-2016. Commandant des forces spéciales Terre à partir de 2016, il est aujourd’hui sous-chef opérations aéroterrestres à l’état-major de l’armée de Terre.


L’approche de la guerre est certes liée à la culture d’un pays, mais les principes qui régissent l’action militaire au niveau stratégique, opératif, tactique, sont globalement partagés par toutes les armées occidentales. Les principes de la guerre à l’horizon 2035 ne seront pas remis en question mais seront adaptés en fonction des évolutions géopolitiques, technologiques et sociétales. Pour continuer à faire gagner les batailles, les manœuvres tactiques ont évolué.

 

Le XIXe siècle voit la combinaison de l’artillerie et de la cavalerie ; les deux guerres mondiales combinent respectivement l’infanterie et l’artillerie de masse, le char et l’aviation. En Indochine, l’aviation d’appui et les parachutistes sont associés, puis c’est au tour des hélicoptères et fantassins légers en Algérie. Les campagnes aériennes sont suivies de manœuvres d’enveloppement avec un corps mécanisé pour la guerre du Golfe et d’actions des forces spéciales en Libye. Au Levant, dans le cadre de l’opération Inherent resolve, les campagnes aériennes ont été associées à des appuis alliés, irakiens, kurdes et syriens, aux forces spéciales et à une action anti-terroriste dans la profondeur. Il est donc nécessaire d’inventer des modes d’actions pour l’emporter et, si les moyens changent, les principes restent les mêmes.

 

Pour comprendre comment les principes se traduisent concrètement, il est nécessaire de tirer des enseignements des opérations passées. En tant que chef du centre de planification et de conduite des opérations et dans le cadre de la mission Serval, l’application des principes de la guerre s’est faite de manière intuitive. L’opération Serval fut une mission d’anticipation, qui nécessitait une manœuvre d’influence, de renseignement, de reconnaissance, de pré-positionnement des unités terrestres, d’un groupement des forces spéciales et la mise en place d’un poste de commandement opératif.

 

Après l’autorisation de l’ONU et la demande du président malien, l’opération a pu être déclenchée. La préparation de cette mission a donc nécessité une anticipation et une concentration des efforts. Il y a d’abord eu une combinaison des forces spéciales et des frappes dans la profondeur pour permettre la montée en puissance d’une base opérative logistique et d’une base de départ opérative pour la reconquête. La concentration des efforts s’est traduite par un raid dans la profondeur sur deux axes en direction de deux objectifs stratégiques, Tombouctou et Gao, avec pour but de sidérer l’adversaire. Dans le même temps, la poursuite des frappes en profondeur a permis la libération du pays et la conception simultanée de l’opération Barkhane, en proposant aux alliés africains une opération régionalisée à l’échelle des cinq pays du G5 pour traquer les terroristes en profondeur.

 

Dans le cadre de l’opération Barkhane, l’opération Vignemale, a déployé 1 500 hommes dans le nord du Niger et dans le nord du Mali. Le but était d’entraver les flux des terroristes et de les neutraliser. Des opérations d’influence, de renseignement, de logistiques et des manœuvres tactiques ont été nécessaires pour mettre en place les forces. Enfin, il a fallu mener une action directe contre l’ennemi. Tout cela respecte les principes de la guerre : préserver et constituer une ressource, préserver la liberté d’action face à l’imprévu, concentrer les efforts pour avoir de la masse, avoir des moyens de foudroyance au travers de l’aviation, et maintenir l’incertitude chez l’ennemi.

 

Les expériences passées doivent permettre de préparer demain. Ainsi, l’adaptation est impérative. Les pistes de réflexion et l’anticipation doivent être réalistes. Il faut souligner la prééminence de la stratégie globale soutenue par une réflexion continue aux niveaux interministériels, interalliés et interservices. Au cœur de la réflexion, les notions des modes d’actions cinétiques sont essentielles pour le XXIe siècle. Il s’agit de coordonner les moyens non-cinétiques pour les intégrer dans la manœuvre globale : guerre électronique, action cyber défensive ou offensive, Stratcom, manœuvre via des proxies et acteurs locaux, actions globales. Ces nouvelles capacités feront l’objet de nouveaux métiers dans les armées.

 

Il est aussi certain que la menace se durcit et que nos adversaires, quels qu’ils soient, utilisent déjà et continueront d’utiliser des moyens similaires aux nôtres : drones armés, attaques complexes, camouflages et influence. Les avancées technologiques importantes comme l’intelligence artificielle et la robotique doivent aussi être prises en compte. Elles modifient les outils de combat. C’est l’objectif de la France au travers du concept Scorpion et du combat infovalorisé qui font de la connaissance globale une ressource fondamentale pour l’emporter.

 

Le président de la République française a fixé l’objectif de faire de l’armée française la référence en Europe. Dans l’éventualité d’un engagement majeur en coalition, les réflexions sur les principes de la guerre doivent se faire de façon conjointe.

 

Enfin, le point clef est la volonté de se battre. La France doit préserver la culture de ses régiments et sa chaîne de commandement solide. Au cœur de cette organisation, l’homme reste le point central. Le soldat reste l’instrument principal du combat, selon l’expression d’Ardant Du Picq.

 

Pour envisager les prochains conflits, il est donc nécessaire de se préparer de façon conjointe et concrète. Penser large, élargir nos champs de vision : c’est en effet l’objet de ce forum. L’objectif est maintenant de poursuivre ces réflexions et les appliquer. Rester ouverts à l’avenir prospectif pour être prêt : c’est une des missions du Centre de réflexion Terre.

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Titre : Conclusion du colloque
Auteur(s) : Général de division Patrick BRETHOUS
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