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D’une guérilla à une guerre conventionnelle : la surexploitation de la guérilla Hmong

3/3 - Revue militaire n°55
Histoire & stratégie
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Jusqu’en 1968, la guérilla menée par les Hmongs est un succès. Néanmoins, le Pathet Lao renforcé d’éléments vietnamiens, va lancer une offensive sur la plaine des Jarres20 dès le mois de janvier. La faiblesse de l’armée laotienne fait de la force Hmong la principale ligne de défense du Laos contre les communistes.


Si Vang Pao qui compte une véritable petite armée (30 000 hommes), excelle dans « la petite guerre », il ne peut mener une guerre conventionnelle21. Les moyens dont disposent les Hmongs sont dérisoires face à l’armada communiste et le soutien aérien américain se révèle peu efficace22. La marche est trop haute pour « les montagnards ».

Ainsi au mois de mars 1968, au cours de la bataille qui conduit à la perte de « Lima site 85 », ils se montrent incapables de lutter efficacement contre les chars qui leur font face. Les FAR qui subissent des pertes sévères au cours de la bataille de Nam Bac (11-13 janvier 1968), se montrent incapables de soutenir la guérilla. Washington décide alors d’impliquer la Thaïlande, également menacée par l’avancée communiste au Laos. Des unités thaïlandaises sont ainsi parachutées au Laos et l’armée de l’air US apporte sa contribution. Mais les renforts sont trop peu nombreux face aux importants moyens dont disposent les forces communistes. Le changement opéré du type de mission confié aux Hmongs se révèle dévastateur pour ces derniers qui subissent des pertes considérables. En 1969, Vang Pao prévient la CIA qu’il est incapable de continuer la guerre à ce rythme. Pour dix hommes perdus, il ne peut en recruter que trois, souvent très jeunes. Pour illustrer ce propos, en 1971 70 % de son recrutement concernent des enfants qui n’ont pas la force de se battre23.

Le Pathet Lao reprend rapidement le terrain perdu et repousse les montagnards. À la fin de l’année 1971, les positions des forces communistes sont fermement tenues. Le contrôle des villes stratégiques sur la rivière du Mékong laisse peu d’espoir à une victoire des alliés de Washington au Laos24. La défaite des Américains se concrétise en 1973 au moment du traité de Paris où ils acceptent de se retirer du Vietnam, de même qu’ils abandonnent leurs activités au Laos. Désormais, « les montagnards » se voient privés de tout soutien. Deux ans plus tard, le Pathet Lao qui a pris le pouvoir, élimine les derniers germes de la résistance.

Cette prise du pouvoir du Pathet Lao au Laos sonne le glas des espoirs américains. L’heure du retour d’expérience venue, des Américains considèrent que la guérilla est un succès. Pour Richard Helms, directeur de la CIA, les opérations au Laos ont permis de contenir les communistes avec beaucoup plus d’efficacité que des troupes américaines au sol25. En effet, les Hmongs auxquels s’ajoutent d’autres forces anti-communistes, fixent entre 1961 et 1973 un nombre considérable de divisions nord-vietnamiennes, évitant ainsi qu’elles ne déferlent au Sud-Vietnam. Mais il apparaît aussi aux observateurs que Vang Pao n’a ni bénéficié de l’entraînement, ni de la formation et encore moins du soutien matériel nécessaire pour se lancer avec succès dans une guerre conventionnelle.

Au cours du XXe siècle, Français et Américains ont été amenés à faire appel à des autochtones dans leurs interventions en Asie du Sud-Est. Ces recours sont apparus nécessaires pour compenser la méconnaissance de l’environnement (physique, humain, politique) du théâtre d’opérations. Ils ont également permis d’augmenter les effectifs disponibles jugés toujours insuffisants par les états-majors.

Confinées dans des missions qui combinent agilité, vitesse, rusticité et employées localement dans un rayon d’action qui reste peu éloigné de la zone d’implantation de leurs villages, ces troupes hors ligne font montre d’une redoutable efficacité. Elles excellent dans les embuscades, le renseignement et il peut leur être confié des missions secondaires d’appui d’un corps principal. Mais, la démonstration est faite que sortis d’un certain contexte, l’efficacité de « ces auxiliaires » devient illusoire. De la catégorie des troupes légères, ces unités dépourvues de puissance de feu sont incapables de se mesurer à des troupes d’un corps de bataille. De même, leur motivation décroît à mesure que la zone des combats s’étend. C’est le constat de Vang Po au Laos dont les soldats désertent à mesure qu’ils s’éloignent de leurs villages.

Ces données essentielles véhiculées par un nombre trop restreint de cadres ont conduit, à la fois, à un certain scepticisme lié à l’efficacité « des montagnards », qui s’est tragiquement traduit par un abandon, mais aussi à un optimisme peu mesuré dont les effets ont été désastreux.

Cet exemple montre tout l’intérêt de familiariser nos officiers au combat au milieu des peuples et incite à une compréhension des milieux sans laquelle il ne peut y avoir de performance du commandement.

 

 

20 Laurent César : « L’Indochine en guerres », Paris, Belin, 1995, p. 151.

21 Jane Hamilton-Meritt : « Tragic Mountains, The Hmongs, The Americans and the secret war for Laos », Indiana University Press, Bloogmington, 1993, p. 140.

22 Les communistes profitent de la nuit pour se déplacer.

23 Victor M. Hwang : « The Hmong campaign for justice: a practitioner’s perspective », Asian American Law Journal, Vol. 9, Janvier 2002, p. 85-115, p. 92.

24 William M. Leary : « CIA Air operations in Laos, 1955-1974 », Center for the Study of intelligence, Hiver 1999-2000, p. 51-67, p. 63.

25 Richard Helms : « A look over my shoulder: a life in the central intelligence agency », New-York, Random House, 2003, 496 pages, p. 262-265.

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Titre : D’une guérilla à une guerre conventionnelle : la surexploitation de la guérilla Hmong
Auteur(s) : Monsieur Corentin CURTENELLE
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