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Des Pavillons noirs aux Boxeurs : penser l’ennemi irrégulier dans les campagnes du Tonkin et de Chine

Revue militaire générale n°56
Histoire & stratégie

Un Pavillon noir vers 1885. Crédit : Charles-Édouard HOCQUARD
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Dans cet article, Monsieur Giraud souligne l’intérêt de l’étude des expéditions françaises en Extrême-Orient à la fin du XIXe siècle, du point de vue de la connaissance de l’ennemi. Engagées dans des conflits en partie asymétriques, au Tonkin puis en Chine, les forces françaises font face à un adversaire irrégulier composé d’insurgés nationalistes, de pirates et de sociétés d’arts martiaux secrètes. En dépit d’un renseignement militaire encore embryonnaire, principalement tourné vers les armées régulières d’Europe occidentale, les corps expéditionnaires français s’adaptent, non sans difficultés, à cet environnement humain complexe.

 


Extrême-Orient est un théâtre d’opérations bien connu de l’armée française qui s’y est déployée à plusieurs reprises dans le cadre des guerres coloniales, puis des conflits liés à la décolonisation et à la Guerre froide1. Au XIXe siècle, l’intérêt de la France pour cette région est à la fois économique et politique dans le cadre de la rivalité entre puissances coloniales pour l’accès au vaste marché que représente en particulier, l’Empire du Milieu. L’arrivée des Français en Indochine : missionnaires2, marchands et explorateurs d’abord, soldats et administrateurs coloniaux ensuite, entraîna rapidement des tensions avec celui-ci3. Inquiète pour la sécurité de sa frontière méridionale, voyant d’un mauvais oeil le passage de l’empire annamite4, jusqu’alors sa chasse gardée, sous protectorat français, la Chine affronte les forces du corps expéditionnaire du Tonkin : c’est la guerre franco-chinoise de 1883 à 1885. Quelques années plus tard, après un long processus de dépeçage du Céleste Empire par les puissances occidentales et le Japon5, la France participe à une expédition internationale (1900-1901) pour réprimer l’insurrection du mouvement xénophobe des Boxeurs qui menace les intérêts étrangers.

Au cours de ces deux conflits, les forces terrestres font la guerre « au milieu des peuples », d’autant plus que les gouvernements chinois et annamite instrumentalisent habilement des troupes irrégulières contre la France. Pavillons noirs, pirates et insurgés nationalistes annamites, puis membres du mouvement des Boxeurs combattent ainsi, seuls ou aux côtés des soldats réguliers impériaux. Comment l’armée de Terre envisage-t-elle cet ennemi complexe et comment s’y adapte-t-elle ? Pour répondre à cette question, il faut se pencher, d’une part, sur l’évolution du renseignement militaire français à la fin du XIXe siècle, et d’autre part, sur l’émergence d’une approche française de la contre-insurrection.

 

Pavillons noirs, rebelles et pirates au service des Empires annamite et chinois

 

L’expédition du Tonkin se décompose en deux étapes. De 1883 à 1885, la France affronte essentiellement des troupes régulières chinoises ayant franchi la frontière, assistées par des soldats impériaux annamites et des Pavillons noirs, dans un conflit de type dissymétrique. Le traité de Hué instaurant le protectorat sur l’Annam et le Tonkin6, signé le 25 août 1883, est rejeté par la Chine qui envahit ce dernier sans déclaration de guerre. L’armée impériale est finalement repoussée derrière la frontière mais contre-attaque en mars 1885, contraignant les Français à évacuer Lang Son7. Le traité de Tien Tsin8 est finalement accepté par la Chine le 9 juin, mettant fin aux opérations contre celle-ci. Côté français, les forces terrestres du Corps du Tonkin ont représenté au plus fort des combats, deux divisions à deux brigades interarmes (plus une en réserve), soit jusqu’à 35 000 hommes fin 1885, auxquels il faut ajouter 4 à 5 000 marins de la division navale d’Extrême-Orient et 30 000 supplétifs autochtones9. En face, l’armée impériale annamite mobilise environ 20 000 hommes. De valeur inégale, ces unités ne sont pas toutes dotées d’armes à feu ; quand elles en ont, il s’agit essentiellement de fusils et de canons de modèles anciens, donnés par la France10. Côté chinois, les troupes impériales comprennent au plus fort de l’affrontement 3 divisions d’infanterie, soit environ 35 000 soldats. Ces derniers disposent d’une puissance de feu hétérogène mais globalement équivalente aux Français. Les Pavillons noirs, quant à eux, se distinguent des pirates et autres bandes de brigands chinois sévissant au Tonkin, par une organisation et un équipement proches d’une armée conventionnelle, parfois même supérieurs à l’armée annamite. Anciens Taiping11 en révolte contre l’empereur Qing, ils ont fui la répression pour former des bandes armées au Tonkin. Ils ne constituent toutefois pas un groupe homogène : ainsi existe-t-il des Pavillons noirs, blancs ou jaunes. Les premiers, composés de 5 à 6 000 hommes maximum, sont les plus hostiles aux Français, mais aussi les mieux armés. Ils sont utilisés comme auxiliaires irréguliers par l’empereur d’Annam, puis par l’armée impériale chinoise, comme ce fut le cas lors du siège de Tuyen Quang12.

À partir de 1885 et jusqu’en 1902, le corps du Tonkin a affaire essentiellement aux insurgés nationalistes annamites du mouvement Can Vuong13, ainsi qu’à des bandes de pirates et de brigands annamites et chinois, souvent composées d’anciens Pavillons noirs. Dans ce conflit asymétrique, les opérations de contre-guérilla varient en intensité, de la simple opération de police à des engagements de haute intensité impliquant de l’artillerie. Les insurgés du Can Vuong sont regroupés en milices paysannes pouvant représenter plusieurs centaines d’individus, sous le contrôle des élites locales14. Mal entraînées, équipées légèrement, elles poursuivent une stratégie de subversion destinée à créer de l’insécurité dans le dispositif français. Tous les procédés de la « petite guerre » sont utilisés : piège, embuscade, harcèlement de postes isolés, attaque des arrière-gardes, politique de la terre brûlée, répression des civils soutenant les Français. Les unités plus faibles (auxiliaires indochinois, milices, gardes) sont particulièrement visées ; l’affrontement direct avec les forces françaises est rare. Les actions cherchent à susciter une riposte aveugle pour couper les Français de la population. Les bandes de pirates et de brigands chinois sillonnent les côtes tonkinoises et l’intérieur des terres, mêlant hors-la-loi, déserteurs et rebelles.

Prospérant grâce au trafic transfrontalier, certaines sont bien armées et n’hésitent pas à s’allier pour attaquer des postes ou colonnes français isolés des montagnes tonkinoises. Enfin, soulignons le jeu complexe des minorités ethniques du Haut-Tonkin, comme les Taï, dont certains chefs soutiennent les Français après les avoir combattus. Au total, le Corps du Tonkin essuie des pertes importantes estimées à 13 000 soldats français et algériens, plus 10 000 auxiliaires autochtones ; 30 % sont tués au combat15.

Le corps expéditionnaire est en difficulté lors de la phase de contre-insurrection. Les récits de vétérans montrent bien la confusion dans laquelle se trouvent les Français : ainsi les termes « pirates », « rebelles » et « bandits » sont utilisés indistinctement pour désigner les nationalistes annamites du Can Vuong et les bandes de pillards chinois16. Cette méconnaissance de l’ennemi s’explique par les déficiences du renseignement militaire de l’époque17. Au niveau central, celui-ci vient à peine d’être organisé de façon permanente avec la création du 2e bureau de l’état-major général du ministre de la guerre, conséquence de la réorganisation de l’armée française après la défaite de 1870 contre la Prusse. L’instruction ministérielle du 17 février 1875 précise que « l’état-major de l’Armée est chargé de la centralisation de tous les renseignements sur les armées étrangères ». À ce titre, les officiers du 2e bureau publient la Revue militaire de l’étranger ; celle-ci porte toutefois essentiellement sur les armées régulières européennes, l’armée prussienne y occupant une grande place18. Le renseignement tactique, quant à lui, fait l’objet dans les années 1880 des travaux pionniers du général Lewal19 mais reste essentiellement cantonné aux reconnaissances de cavalerie. Ces dernières sont particulièrement dangereuses au Tonkin ; on leur préfère l’interrogatoire des indigènes, le recrutement de guides locaux et d’auxiliaires irréguliers, sans uniformes, chargés de recueillir le renseignement20. À partir des années 1890, les renseignements sur l’ennemi deviennent toutefois plus précis, notamment grâce aux retours d’expériences d’officiers ayant combattu au Tonkin, tels que le colonel Frey21. Celui-ci s’appuie notamment sur les missions catholiques comme source de renseignements, par exemple pour évaluer le nombre de bandes armées annamites opérant dans le Delta. En 1894 est publié un « Vade-mecum de l’officier au Tonkin »22, écrit par un ancien officier du corps expéditionnaire. Cette publication détaille les procédés tactiques des insurgés annamites et chinois, et donne des conseils aux officiers pour mener à bien cette guerre de contre-guérilla. L’auteur les invite par exemple à ne pas suivre à la lettre les règlements, conçus pour un engagement conventionnel en Europe. Il souligne les limites des canons français, inefficaces contre les remparts en terre et les haies de bambou de l’ennemi ; il préconise l’utilisation des fusils modèles 1874, plus rustiques et robustes que le modèle 1886 en dotation conçu pour le combat européen. Les grandes opérations sont jugées contre-productives, les petites colonnes mobiles obtenant de bien meilleurs résultats. C’est l’évolution qu’adopte le corps expéditionnaire à partir de 1891. Aux colonnes lourdes interarmes des années 1885-87 succèdent de petits groupes tactiques plus légers, bien coordonnés et renseignés, appuyés par des milices indigènes, qui harcèlent les bandes préalablement coupées de leurs soutiens par un blocus. Le Tonkin est alors divisé en quatre territoires militaires dont les chefs disposent également des pouvoirs civils : c’est dans ce cadre politico-militaire que le colonel Gallieni, le commandant Lyautey (son adjoint) et le colonel Pennequin23 développent leurs théories sur la pacification et la contre-insurrection. Une meilleure connaissance du pays et de sa culture leur permettent en effet de mettre en oeuvre une politique consistant notamment à monter les différentes minorités les unes contre les autres.

 

L’instrumentalisation des Boxeurs par l’impératrice douairière Tseu-Hi

 

La « révolte des Boxers » qui entraîne l’intervention du corps expéditionnaire international, est un mouvement populaire xénophobe né en 1898 dans le nord-est de la Chine. Les Boxeurs, que l’on désigne plus souvent sous le terme anglais Boxers, constituent une force irrégulière représentant jusqu’à 100 000 hommes. Le mouvement du Yihe-quan, littéralement : « poings de la justice et de la concorde », est au départ une association populaire d’arts martiaux ; ses membres pratiquent le Meihua-quan ou « boxe de la fleur de prunier »24 qu’ils utilisent d’abord contre les missionnaires étrangers et le pouvoir Qing25. Les Boxers sont répartis en différents groupes rarement coordonnés : il n’existe pas de commandant en chef afin d’éviter les luttes de pouvoir. L’unité de base ou tan, dirigée par un Grand maître, comprend 25 à 100 hommes ou femmes organisés en petits groupes de 10, très disciplinés. Vêtus d’une tenue d’art martial, leur armement est limité aux armes blanches et à de vieux fusils. Les Boxers partagent certaines croyances telles que l’invulnérabilité face aux balles ennemies qu’ils mettent parfois en scène en se tirant dessus avec des balles à blanc. À partir de mai 1899, le mouvement prend de l’ampleur en s’ouvrant à toutes les sociétés secrètes xénophobes ; leurs actions violentes ciblent les intérêts étrangers : destructions de lignes télégraphiques et de chemins de fer, massacres de missionnaires et de chinois convertis, etc. Début 1900, ils contrôlent la région de Tien-Tsin et menacent Pékin où se trouvent les légations étrangères. Fin mai, une première colonne internationale de 360 puis 2 000 soldats européens, est envoyée pour protéger Pékin ; elle affronte les Boxers à partir du 11 juin. Le 17, un second corps expéditionnaire26 de 20 000 hommes environ prend les forts du Takou qui commandent l’accès à Tien-Tsin et Pékin, forçant l’impératrice douairière Tseu-Hi à déclarer la guerre aux huit nations. Les Boxers, alliés aux troupes impériales, entrent dans Pékin et assiègent le quartier des légations lors des « 55 jours de Pékin », du 20 juin au 14 août 1900. L’armée régulière impériale est alors constituée d’environ 360 000 hommes, auxquels peuvent s’ajouter jusqu’à 1,3 million de miliciens. Globalement inférieure aux armées européennes, certaines de ses unités ont cependant été modernisées sur le modèle occidental après la défaite lors de la guerre sino-japonaise de 1894. C’est le cas de deux divisions de l’armée du Beiyang, stationnées dans la province de Pékin27. Côté français, environ 3 000 soldats des troupes de marine, déjà présents en Extrême-Orient, participent aux opérations de mai à septembre 1900 ; c’est d’ailleurs pendant ce conflit que celles-ci sont rattachées au ministère de la Guerre, sous le nom de Troupes coloniales28. Ces troupes sont ensuite relevées par le Corps expéditionnaire français de Chine (CEFC) à deux brigades interarmes, soit environ 18 000 hommes sur un total de 100 à 110 000 soldats occidentaux et japonais début 190129. Après la prise de Pékin, une phase de pacification commence afin d’anéantir les restes de la rébellion ; la mission principale du CEFC est alors le contrôle de zone. Le 7 septembre 1901, la Chine accepte de signer le « protocole des Boxers »30 qui met fin aux hostilités. Durant le conflit, les Boxers sont largement instrumentalisés par le pouvoir chinois. Après une phase de répression féroce, l’impératrice reconnaît officiellement le mouvement par un décret du 21 juin 1900, en plein siège des légations ; un autre décret, le 29 juin, différencie cependant les « bons » des « mauvais » Boxers31. Après la prise de Pékin, quasiment anéantis, ils sont finalement rendus responsables de la guerre par un décret du 7 septembre ; l’impératrice demande officiellement l’aide des puissances étrangères pour les éliminer.

Face à cet ennemi asymétrique, l’armée française semble cette fois-ci mieux préparée. Les chefs qui commandent le corps expéditionnaire ont déjà combattu les Chinois et ont une expérience significative du théâtre d’Extrême-Orient. C’est en particulier le cas du général de brigade Frey32, commandant le premier corps expéditionnaire, mais aussi du commandant du CEFC, le général de division Voyron, qui a servi au Tonkin et commandé les troupes d’Indochine. La collecte et l’exploitation du renseignement militaire restent du ressort du 2e bureau de l’état-major général du ministère de la Guerre. En raison de la compromission de certains officiers de sa Section de statistiques dans l’affaire Dreyfus, celui-ci a vu ses activités recentrées sur le renseignement d’intérêt militaire33. Concernant les forces adverses chinoises, la lecture de la Revue militaire des armées étrangères34 montre la capacité de discernement des officiers du 2e bureau, malgré l’amalgame des Boxers dans l’armée impériale au moment du siège de Pékin35. Au niveau tactique, la recherche du renseignement militaire semble porter moins sur l’ennemi que sur les capacités des alliés : les matériels les plus récents, tel le fameux canon de 75 mm français, sont en effet déployés et testés lors de ce conflit, vitrine de la guerre moderne. Au bilan, les pertes françaises sont beaucoup plus réduites qu’au Tonkin, avec 433 tués36. Après le « protocole des Boxers », une partie du CEFC devient la Brigade française d’occupation de Chine, puis le Corps d’occupation de Chine, instaurant une présence militaire française permanente jusqu’à son départ, forcé par les Japonais en 1945.

En dépit du contexte particulier et non transposable des empires coloniaux, ces deux conflits présentent donc un intérêt certain pour l’historien du fait militaire, mais aussi pour les cadres de l’armée de Terre d’aujourd’hui.

Face à un ennemi non conventionnel, les forces françaises s’adaptent et améliorent leurs capacités de renseignement, tout en jetant les bases de ce que l’on nomme aujourd’hui « l’interculturalité »37. C’est sur ces théâtres d’Extrême-Orient que se développe aussi une véritable école française de la contre-insurrection enrichie au XXe siècle par les expériences de Salan, Galula et Trinquier. Ces engagements sont enfin, dans une certaine mesure, un succès du point de vue de la coopération interarmes, interarmées, voire interalliés.

 

 

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1 Guerre d’Indochine (1946-1954) et guerre de Corée (1950-1953).

2 La France était par ailleurs en charge de la protection des missions catholiques en Extrême-Orient.

3 L’armée française s’était déjà déployée en Chine lors de la 2e guerre de l’opium (expédition franco-britannique de 1860).

4 Actuel Vietnam. À l’époque coloniale le Tonkin correspond aux territoires septentrionaux, la Cochinchine aux territoires méridionaux, l’Annam aux territoires centraux de cet empire.

5 Période que l’historiographie nomme les « traités inégaux » entre la Chine et les Puissances, du traité de Nankin en 1842 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

6 La Cochinchine était devenue une colonie en 1862, le Cambodge un protectorat en 1863.

7 Cet échec, très limité dans ses conséquences militaires, eut néanmoins des répercussions importantes en France, puisqu’il entraîna la chute du gouvernement de Jules Ferry.

8 Signé une première fois le 11 mai 1884 mais non respecté. Il fait partie des « traités inégaux ».

9 Michel BODIN : Les Français au Tonkin 1870-1902. Une conquête difficile, Soteca, 2012.

10 Dans le cadre du second traité de Saigon qui conforte les possessions françaises en 1874.

11 De 1851 à 1864, une guerre civile oppose les insurgés ayant formé un royaume dissident dit « Taiping Tian Guo » en Chine du Sud, au régime impérial traditionnel. Il en résulte, selon les estimations, entre 20 et 30 millions de morts, ce qui en ferait la guerre civile la plus meurtrière de l’histoire.

12 Du 23 novembre 1884 au 3 mars 1885, les 600 légionnaires et tirailleurs tonkinois du chef de bataillon Dominé résistent héroïquement à plus de 10 000 assaillants chinois, réguliers et Pavillons noirs.

13 Littéralement : « aider le roi ».

14 Michel BODIN, op. cit.

15 Plusieurs milliers meurent de maladie, en particulier du choléra. Côté ennemi, les pertes sont dix fois plus élevées.

16 Michel BODIN, op. cit.

17 L’expression est à comprendre dans le sens contemporain de « renseignement d’intérêt militaire », soit « tout ce qui a ou peut avoir des conséquences sur les forces en opérations dans les crises actuelles ou potentielles » (Académie du renseignement).

18 Laure LOUCOPOULOS : La Revue Militaire de l’Étranger (1872-1914), acteur majeur de la formation des officiers au début de la IIIe République, 2012.

19 Jules LEWAL : Études de guerre. Tactique des renseignements, Paris, Baudouin, 1881.

20 Capitaine R. CARTERON : Souvenirs de la campagne du Tonkin, Baudouin, 1891 et Michel BODIN, op. cit.

21 Colonel Henri-Nicolas FREY : Pirates et rebelles au Tonkin, nos soldats au Yen-thé, Hachette, 1892. Cf. aussi le capitaine LECOMTE : La vie militaire au Tonkin, Paris, Berger-Levrault, 1893.

22 Henri GALLAIS : Vade-mecum de l’officier au Tonkin. Recueil de renseignements utiles sur la vie des postes dans les régions montagneuses, à l’usage des Européens allant débuter dans notre nouvelle colonie d’Extrême-Orient, Paris, Challamel, 1895.

23 Au sujet du rôle moins connu de ce dernier, voir notamment Jean-François KLEIN, Théophile Pennequin, le « sorcier de la pacification » (1849-1916), dans Samia El-Mechat, Coloniser, pacifier, administrer : XIXe-XXe siècles, Éditions du CNRS, 2013.

24 Yan YAN : Le mouvement des Boxeurs en Chine (1898-1900), Éditions You Feng, 2007.

25 La dernière dynastie impériale chinoise (1644-1912) était d’origine mandchoue et n’appartenait donc pas à l’ethnie majoritaire Han ; les Boxers la rendaient responsable de la soumission chinoise aux étrangers.

26 Dans le cadre de l’Alliance des huit nations : la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Allemagne, la Russie, le Japon, l’Autriche-Hongrie et l’Italie.

27 Le Zhili ou Pétchili pour les Français.

28 Par la loi du 7 juillet 1900. Elles dépendent de la Direction des troupes coloniales (N° 8) de l’état-major, créée par décret du 21 janvier 1901.

29 Jean-François BRUN : Intervention armée en Chine : l’expédition internationale de 1900-1901, Revue historique des armées (en ligne), N° 258, 2010. URL : http://journals. openedition.org/rha/6914.

30 Il fait partie des « traités inégaux ». Outre de lourdes réparations, la Chine doit accepter la présence permanente d’armées étrangères sur son sol.

31 C’est-à-dire les pillards et fauteurs de trouble. Yan YAN, op. cit.

32 Évoqué dans la partie précédente. Il publie en 1904 : L’armée chinoise : l’armée ancienne, l’armée nouvelle, l’armée chinoise dans l’avenir, Paris, Hachette.

33 On lui retire le contre-espionnage. Sébastien LAURENT : Politiques de l’ombre, Fayard, 2009, p. 392 ; Gérald ARBOIT : Des services secrets pour la France, CNRS, 2014, p. 87.

34 Ex-Revue militaire de l’étranger (le nom change en 1899).

35 Voir par exemple le volume 57, janvier-juin 1901, Les événements militaires en Chine (1900-1901), pp. 134-149.

36 Jean-François BRUN, op. cit.

37 « L’interculturalité dans les actions militaires (…) cherche à comprendre les différentes cultures qui interagissent sur un théâtre d’opérations afin de permettre l’action militaire », chef de bataillon P.-E. HANQUIER : Sans maîtrise du dialogue interculturel, la guerre est perdue, Brennus 4.0, 12 mai 2019, https://www.penseemiliterre.fr/sans-maitrise-du-dialogue-interculturel-la-guerre-est-perdue_114084_1013077.html.

 

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Titre : Des Pavillons noirs aux Boxeurs : penser l’ennemi irrégulier dans les campagnes du Tonkin et de Chine
Auteur(s) : Monsieur Jean-Philippe GIRAUD
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