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HISTOIRE DE LA TACTIQUE, DE GUIBERT À NOS JOURS - Partie 3/6

Napoléon utilise pleinement le temps et l’espace comme supports de sa manœuvre
Histoire & stratégie

Bataille d’Austerlitz (aujourd’hui Slavkov u Brna, en République tchèque) dite la « bataille des Trois Empereurs (2 décembre 1805)
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Héritant de ce système de la fin du XVIIIesiècle, Napoléon y applique tout son « génie militaire » (formation scientifique et classique, sens des réalités, etc.) pour l’optimiser. Il met un terme définitif à la querelle des ordres en faisant adopter, conformément aux prescriptions de Guibert, l’ordre mince pour le déploiement au combat, la ligne, et l’ordre profond, la colonne, pour les déplacements de ses divisions qu’il a pris soin de regrouper au sein de corps d’armée, fractions interarmes permanentes de son armée, en mesure de conduire n’importe quelle action de façon autonome pendant vingt-quatre heures, grâce à la mise en place au sein de chacun d’eux d’un état-major permanent 5.


La bataille est désormais conduite au niveau du corps d’armée et les divisions sont spécifiques, soit d’infanterie soit de cavalerie, mais manœuvrent toujours en étroite coordination.

 

Enfin, il se constitue une masse de manœuvre à ses ordres, la Garde et la réserve de cavalerie, soit un corps regroupant essentiellement les divisions de cavalerie lourde et de ligne auxquelles il assigne comme rôle de « créer l’événement » sur le champ de bataille en détruisant une formation ennemie déjà ébranlée, jamais un ennemi intact 6. S’agissant de la lutte entre la cuirasse et le boulet, Napoléon se montre un fervent adepte du feu : il n’engage jamais une attaque qui n’ait été préparée par l’artillerie. Sa réserve dispose d’une artillerie organique, au même titre que ses corps d’infanterie.

 

Sauf en cas de mêlée de cavalerie comme à Kranowitz sur le versant ouest de Pratzen, toutes les charges de cavalerie sont systématiquement précédées par une préparation d’artillerie (cas notamment, à Eylau, de la charge, dite des « quatre-vingt escadrons »). Dans le même esprit, il s’efforce, à la fin de l’Empire, de doter sa « grosse cavalerie », (cuirassiers, carabiniers et grenadiers à cheval de la Garde), de mousquetons, de manière à être en mesure de fixer un ennemi par le feu avant de le désorganiser par une charge, comme ce fut le cas à Eckmühl. La leçon sera perdue par Ney à Waterloo.

 

Par ailleurs, Napoléon sait utiliser pleinement le temps et l’espace comme supports de sa manœuvre. Sa connaissance de l’ennemi, la mise à jour et le suivi de la situation lui servent à déterminer le moment opportun et le lieu du débouché. Le terrain, par la recherche de lignes d’opérations, de débouché, puis d’une ligne d’arrêt constitue le support actif de sa manœuvre : lors de la campagne de 1805, le débouché de la totalité de la Grande Armée par colonnes de corps d’armée (les « torrents de l’Empereur », venus à marches forcées par des itinéraires préparés 7 des côtes de la Manche et de la mer du Nord) au sud de la Forêt Noire, laquelle avait masqué ses mouvements à Mack, constitue l’élément déterminant dans la manœuvre d’Ulm.

 

En permanence, son mouvement débordant vise à amener de lui-même l’ennemi sur le terrain qu’il a choisi ; c’est le cas à Austerlitz bien sûr, mais aussi à Friedland, à Wagram ou à La Moskova. En matière tactique, Napoléon privilégie toujours la manœuvre sur les arrières de l’ennemi. Il s’agit de la principale forme de manœuvre napoléonienne. Les plus réussies se traduisent par les succès d’Arcole, de Marengo, d’Ulm, d’Iéna, de Friedland et de Montmirail.

 

D’autres n’ont pas connu leur plein effet comme à Lützen et à Bautzen, où l’exploitation dans la foulée n’a pu être réalisée, ou encore à Dresde, car la cavalerie décimée en Russie n’avait été ni remontée, ni reconstituée. Une seule fois, elle s’est révélée un échec : à Saint Dizier, le rapport de forces étant trop défavorable. Le but de cette manœuvre est d’imposer la décision à l’adversaire en le plaçant face à un dilemme sans solution : soit la reddition, soit l’acceptation de la bataille dans les pires conditions.

 

Le général Camon qui a étudié les guerres napoléoniennes avant 1914 8, identifie cinq avantages à ce type de manœuvre :

• simplicité, car elle donne à tous les exécutants un but unique (à ce titre, c’est une prémisse de l’effet majeur moderne) ;

• économie des forces, en amenant l’ennemi sur le terrain choisi, elle dispense de lourds dispositifs de sûreté, tout en privant l’ennemi de ses avantages ;

• liberté d’action, l’acquisition du renseignement est facilitée par la manœuvre sur les flancs et celle de l’ennemi est rendue plus difficile ;

• les résultats sont importants dans tous les cas de figure et, au mieux, décisifs ;

• enfin, elle est accessible : pratiquée depuis des temps immémoriaux, elle n’est pas l’apanage exclusif du « dieu de la guerre ».

 

Lorsque le rapport de forces ne lui permet pas d’agir de la sorte, Napoléon opte alors pour la manœuvre en position centrale. Dans ce cas, à la différence de la manœuvre sur les arrières, Napoléon est en état d’infériorité manifeste, si bien qu’il ne peut s’engager que contre une des parties de l’adversaire. Son objectif est alors de battre successivement les corps adverses en créant une supériorité locale sur une des fractions ennemies. Le point clé sera de se trouver, d’une façon ou d’une autre, situé entre les différentes fractions ennemies, soit en s’y plaçant délibérément par un coup offensif, soit en exploitant une division momentanée des forces ennemies (due au terrain, à une erreur, etc.) à partir d’une position en attente stratégique (en fait opérative).

 

Pour ce faire, dans les deux cas, une double manœuvre est nécessaire :

• sur le plan tactique, il s’agit de se saisir de la position centrale et d’y installer la réserve qui sera à portée rapide des points de combat les plus probables. Puis, Napoléon devra tout d’abord simultanément se couvrir face à la direction secondaire et attaquer sur la direction principale, puis se rabattre dans une attaque sur la direction secondaire ;

• sur le plan logistique, le changement du centre d’opérations, donc de la ligne d’opérations afférente représente un élément constitutif de la manœuvre générale. La protection de cette ligne et surtout son changement fera tomber la manœuvre ennemie dans le vide. La ligne d’opérations doit toujours être couverte par le déploiement même des unités.

 

L’exemple le plus brillant de cette manœuvre en position centrale est constitué par la campagne de France en 1814 : en état d’infériorité flagrant, Napoléon est opposé à l’armée de Bohême (autrichienne) progressant par la vallée de la Seine et celle de Silésie (russo-prussienne) progressant par celle de la Marne. En se déployant entre Marne et Seine, Napoléon, par des coups de boutoir successifs ralentit l’une et l’autre et les empêche d’opérer leur jonction.

 

Il retente la même manœuvre en Belgique l’année suivante : étant parvenu à dissocier les armées hollando-britannique de Wellington et prussienne de Blücher à Ligny et Quatre Bras, il est finalement incapable de maintenir cette dissociation, ayant malencontreusement donné à Grouchy des ordres un peu flous.

 

Cette manœuvre napoléonienne donnera lieu à nombre d’exégèses, dont les plus connues sont d’une part, l’œuvre de Clausewitz, fondement de la pensée militaire allemande qui assoie tout son raisonnement sur la recherche de la bataille décisive et d’autre part, Jomini, dont l’influence sera majeure aux États-Unis et qui, au niveau tactique, privilégie l’action offensive par une attaque en colonne sur le centre et sur une extrémité de la ligne ennemie comme à Wagram. L’un comme l’autre ont toutefois beaucoup plus centré leur réflexion sur le niveau stratégique, hors du sujet de cette étude, que tactique, pour aboutir d’ailleurs à des conclusions divergentes. 

 

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5 C’est ainsi que Jomini sera un temps chef d’état-major de Ney.

6 Ce en quoi, l’amalgame un peu rapide entre les corps de cavalerie de l’Empire et les formations blindées de rupture du XXesiècle est un contre sens historique et, dans une certaine mesure, une erreur.

7 Ils sont reconnus, planifiés et sur chacun d’eux des réserves de fourrage sont mises en place. Se reporter à la Lettre de l’Empereurà Daru.

8 Général CAMON. La guerre napoléonienne, systèmes d’opérations, théories et techniques. Réédition Economica 2004. Il fut le chef de file d’une école française bénéficiant de l’apport nouveau des archives napoléoniennes et prônant une approche de Napoléon fondée non sur la bataille décisive, telle que l’avait analysée Clausewitz, mais sur la manœuvre. Outre l’ouvrage cité, il a publié également La guerre napoléonienne. Précis des campagnes. Paris 1999. Librairie historique Teisseidre. Réédition.
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Titre : HISTOIRE DE LA TACTIQUE, DE GUIBERT À NOS JOURS - Partie 3/6
Auteur(s) : Colonel Claude FRANC - CDEC / division Doctrine
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Bataille de Champaubert (10 février 1814)
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