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HISTOIRE DE LA TACTIQUE, DE GUIBERT À NOS JOURS - Partie 6/6

Guerre froide, Golfe et Kosovo
Histoire & stratégie
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De retour en métropole et en Allemagne, dans le contexte de la guerre froide, l’armée française se recentre sur la défense des intérêts vitaux de la nation dans le cadre de la dissuasion nucléaire. Par volonté politique autant que par nécessité technique, elle est d’abord « la grande Muette », en charge de la mise en œuvre, et en son sein l’armée de Terre ne bénéficie plus que d’une relative priorité. La pensée tactique est alors « gelée » et toute remise en cause du dogme 20 sévèrement sanctionnée.


 Il s’agit, par une manœuvre stéréotypée, pour ne pas dire compassée, en second échelon de l’Alliance atlantique, de contre-attaquer un ennemi peu ou prou fixé, de manière à le concentrer et en faire une cible significative pour l’application du feu nucléaire préstratégique, parfois dénommé par erreur armement nucléaire tactique avant 1983, ultime avertissement avant le déclenchement de l’apocalypse nucléaire stratégique. La manœuvre tactique est marquée par une forte intégration interarmées 21 et une part croissante consentie à l’aéromobilité, que concrétise la création de la division aéromobile en 1984.

 

Après la période de la Guerre froide, la guerre du Golfe en 1991, puis l’entrée en force au Kosovo en 1999 constituent, en ce qui concerne l’armée française, les deux derniers exemples d’un engagement interarmes et interarmées ayant donné lieu à une manœuvre mettant en œuvre des feux terrestres et aéroterrestres au niveau d’une brigade. Enfin, dépassant tous les clivages, toutes les diverses avancées technologiques, et même la nature des armées considérées, la surprise a toujours constitué, et constitue, un facteur d’efficacité, de succès, rarement pris en défaut.

 

Celle-ci s’exerce dans plusieurs domaines : ce peut être l’occultation pour l’ennemi du point d’application de l’effort ; l’application d’un nouveau mode tactique ; l’emploi d’un nouveau système d’armes ; etc. Il faut ici se souvenir que l’ennemi sait retenir les leçons de ses échecs : les Coalisés face à Napoléon Ierou Giap face au CEFEO évitent de renouveler les mêmes erreurs. Un avantage technologique n’est toujours qu’éphémère et un mode tactique rapidement éventé.

 

Il y aurait là, à traiter, toute la problématique du renseignement, « du temps de paix » comme « du temps de guerre », l’un et l’autre indispensables et complémentaires. Et aujourd’hui ? À nouveau confrontée à la guerre au milieu des populations, se préparant à des engagements en zone urbaine et de contrôle du milieu avec des effectifs comptés, l’armée de Terre redécouvre parfois des modes d’action qu’elle a développés il y a cinquante ans et plus sur d’autres théâtres. L’asymétrie des engagements, leur double aspect paradoxalement statique pour l’essentiel des troupes et extrêmement mobile pour des adversaires souvent mal identifiés, privent le chef militaire d’un ennemi clairement localisé, en mouvement vers un objectif, contre lequel concevoir sa manœuvre tactique 22.

 

Si le contexte actuel de ces engagements ne conduit plus (pour l’instant ?) à la manœuvre de grandes unités, les commandants de sous-groupements tactiques interarmes d’aujourd’hui doivent faire preuve d’une maîtrise accrue de l’emploi de leurs moyens. L’histoire ne se répète jamais et l’on peut trouver dans les récits du passé tous les exemples permettant d’illustrer telle ou telle thèse, mais les principes demeurent pérennes.

 

La seule certitude que l’on puisse avoir est que, s’il n’existe aucun schéma, aucune check-list immédiatement applicable, aucune recette toute faite, l’application des principes de la guerre (liberté d’action, économie des moyens et concentration des efforts) et une excellente maîtrise des fondamentaux de la tactique (le renseignement, les appuis, la réserve, le choix judicieux de l’articulation) demeurent essentiels. Le général Lewal, l’un des grands restaurateurs de l’armée française après 1870-1871 et futur commandant de la jeune École supérieure de Guerre l’exprimait déjà au début de la IIIeRépublique : « Il n’y a pas de règles certaines pour obtenir le triomphe, mais quiconque s’écarte des principes est assuré de la défaite neuf fois sur dix…

 

L’observation des principes ne suffit pas toujours à remporter la victoire, mais elle atténue singulièrement la défaite ». La bonne solution résidera toujours, pour une mission donnée, dans une juste compréhension des modes d’action de son adversaire confrontés aux capacités de ses propres moyens et appliqués au terrain. Mais n’est-ce pas là la quintessence même de toute méthode de raisonnement tactique et une puissante invitation à travailler sur les cas concrets du passé ? Ceci écrit, il n’en demeure pas moins que la question reste posée de savoir si, à l’époque où le système Scorpion nous fait entrer dans l’ère du combat infocentré, il est toujours judicieux de conserver une articulation du commandement dont les piliers, les systèmes régimentaire et divisionnaire, remontent à une époque où les ordres étaient transmis par des aides de camp à cheval.


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20 Voir Brossollet avec l’ Essai pour la non bataille, le colonel Doly ou le général Copel pour l’armée de l’Air.
21 Les deux états-majors –terrestre 1èreArmée et aérien FATAC –sont étroitement imbriqués.
22 Considérée comme étant « l’emploi des forces sur le champ de bataille combinant le mouvement avec le feu effectif ou potentiel et les effets immatériels pour se mettre en position favorable par rapport à l’adversaire et remplir la mission reçue. »

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Titre : HISTOIRE DE LA TACTIQUE, DE GUIBERT À NOS JOURS - Partie 6/6
Auteur(s) : Colonel Claude FRANC - CDEC / division Doctrine
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Le général Philippe de Hauteclocque (1902-1947), dit « Leclerc », le 24 août 1944 lors de la libération de Paris
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