Numéro 30

septembre 2020

 


 








 

“Lockheed Martin’s New Tactical Missile Scores Successful Flight Test”

Defense Update, 30 avril 2020

 

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Dans le cadre du programme américain Army’s Precision Strike Missile (PrSM), Lockheed Martin a procédé avec succès au troisième et dernier essai de son nouveau missile sol-sol. À terme, profitant du retrait des États-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) qui les liaient à la Russie, l’objectif de l’industriel serait d’octroyer au PrSM une portée allant de 60 à 750 km. Il sera tiré à partir du lance-roquettes multiple M270 ou du système High Mobility Artillery Rocket System (HIMARS) de Lockheed Martin. Une des améliorations consisterait en l’intégration d’un autodirecteur multimodes, qui permettrait au missile d’engager des objectifs en mouvement ou ayant changé de position au cours du vol. Le PrSM, dont la finalité est de remplacer l’Army Tactical Missile System (ATACMS), sera intégré aux concepts américains de multi-domain et de guerre en profondeur. Une première livraison de 30 missiles, sur un total de plus de 2 400 unités, doit être effectuée fin 2023.

 

 

« L’armée américaine dope les imprimantes 3D de bureau avec un nouveau matériau »

Usine nouvelle, 8 mai 2020

 

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En partenariat avec l’université du Delaware, l’U.S. Army a développé un filament d’impression 3D permettant d’imprimer, sur le terrain, des pièces suffisamment solides pour un usage militaire. Cette méthode de fabrication additive par dépôt de filament répond à un besoin réel d’impression opérationnelle dans des lieux isolés, où l'approvisionnement est limité. En effet, jusqu’à présent une telle impression nécessitait des installations coûteuses et encombrantes, de la taille de deux conteneurs maritimes. Ce nouveau matériau, un filament composé d’un cœur polycarbonate en forme d’étoile enrobé d’ABS, compatible avec une imprimante de bureau standard et nécessitant simplement un passage de 24 à 48h dans un four, serait quinze fois plus résistant aux fractures que les pièces moulées traditionnelles.

 

 

“ACV to get Stryker variant of 30mm cannon”

Marine Corps Times, 16 mai 2020

 

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D’après le Marine Corps Systems Command, la nouvelle version du véhicule de combat amphibie (Amphibious Combat Vehicle - ACV) de la famille Stryker, fabriquée par General Dynamics Land Systems en partenariat avec BAE Systems, et utilisé par les Marines américains, sera bientôt dotée de la tourelle de moyen calibre MCT-30. Fabriquée par l’entreprise norvégienne Kongsberg Defence & Aerospace, la MCT-30 est une tourelle plus légère que celle qui équipe les véhicules blindés de combat d’infanterie (VBCI) Stryker. Elle serait équipée d’un canon Mk44, régulièrement utilisé par l’USMC. Le système fournirait ainsi une puissance de feu très précise et pourrait être téléopéré depuis une position protégée à l’intérieur du véhicule. La livraison de cette nouvelle tourelle MCT-30 spécialement conçue pour l’ACV débutera début 2021. L’industriel britannique BAE a déclaré qu’il achèverait la première phase d’intégration de la tourelle sur la nouvelle version du véhicule amphibie l’année prochaine, pour un début de production programmé en 2023.

 

 

“Weapons integration hurdles challenge US Army's IM-SHORAD effort”

Jane’s, 20 mai 2020

 

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Un communiqué officiel de l’U.S. Army annonce que l’armée américaine devrait déployer des Maneuver Short-Range Air Defense Launcher (MSL) Stryker A1 sur les théâtres européens afin de répondre à la menace russe. Ces véhicules seraient déployés dans le cadre de la capacité de défense aérienne courte portée de manœuvre initiale (IM-SHORAD), permettant la détection et l’identification indispensables au niveau tactique. Cependant, l’intégration du système de missile Stinger à tir direct à l’ensemble du dispositif de ce MSL serait encore problématique. Cinq prototypes de défense aérienne courte portée sur les 9 prévus sont déjà testés sur des bases américaines, afin d’intégrer le lanceur M299 et permettre la compatibilité avec les plateformes existantes.

 

 

 

“AVT releases the latest variant of X-MADIS counter UAV-system”

Defence Blog, 17 mai 2020

 

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Ascent Vision Technologies (AVT), entreprise américaine spécialisée dans les technologies de précision pour l’industrie aérospatiale et la lutte anti-drone aérien, aurait achevé la conception de plusieurs unités du système mobile de défense aérienne intégré X-MADIS pour le Department of Defense (DoD). Le X-MADIS intègre des innovations technologiques de pointe pour améliorer les capacités mobiles de lutte anti-drone aérien. Grâce à ses capacités de zoom élevées et à son système d’imagerie électro-optique et infrarouge (EO/IR), il permet une identification précise des appareils à longue distance, de jour comme de nuit, combinée à un puissant système de guerre électronique conçu pour la neutralisation des essaims de drones.

 

 

 

“GE building worm-like robots to dig military tunnels”

The Robot Report, 21 mai 2020

 

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General Electrics Research (GER) développe actuellement un robot prenant la forme d’un ver de terre destiné à creuser des tunnels à des fins militaires. L’objectif de ce prototype, soutenu par le programme Underminer de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), est de permettre le forage de tunnels en appui à des opérations militaires grâce à un robot téléguidé, conçu à partir du squelette hydrostatique d’un ver de terre, lui permettant de se dilater radialement pour agrandir le tunnel et de s’allonger pour pénétrer plus loin dans le sol à l’aide de muscles artificiels hydrauliques. Le robot est ainsi capable d’adapter ses mouvements en fonction des conditions du sol. Il peut également forer sans avoir à ramener la matière à la surface. Le ver mécanique pourrait se déplacer à une vitesse de 10 cm/sec et creuser un tunnel de 500 m de long et d’au moins 10 cm de diamètre. L’un des principaux défis pour GER est d’accroître son autonomisation, en lui permettant notamment de contourner les obstacles souterrains, sans l’aide d’un GPS. Cette capacité serait en phase d’être développée à partir d’applications utilisant l’intelligence artificielle (IA).

 

 

“Morocco signs loan for the new ground-based air defence system”

Jane’s, 22 mai 2020

 

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Le chef du gouvernement marocain a annoncé, dans une publication au Journal Officiel du 18 mai, la signature d’un accord avec la branche française de l’équipementier franco-britannique MBDA Systems, portant sur la fourniture de systèmes de défense anti-missiles. Cela s’ajoute aux pièces d’artillerie CAESAR et leurs munitions, fournies par Nexter, ainsi qu’à la FREMM livrée par Naval Group dans le cadre du plan quinquennal 2017-2022, qui prévoit le renforcement de la posture régionale du Maroc. Au total, la France aura vendu au Maroc plus d’1,8 milliard d’euros d’équipements depuis la dernière décennie. Ces ventes placent ainsi la France en deuxième position des pays exportateurs d’armes vers le Maroc, avec 43% des exportations, derrière les États-Unis (57%).

 

 

New ZTL-11 105mm 8x8 assault gun armored vehicle in service with Chinese army

Army recognition, 17 mai 2020

 

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Une nouvelle version du véhicule blindé de combat d’infanterie (VBCI) ZTL-11 8x8 amphibie serait entrée en service dans l’armée de Terre chinoise. Intégré pour la première fois en 2015, le ZTL-11-8x8 amphibie correspond à une nouvelle génération de VBCI offrant une forte mobilité, conférée par un châssis blindé à roues de type 8x8, une conception similaire à celle du B1 Centauro fabriqué en Italie. Il est équipé d’un canon de 105 mm doté d’une gestion du tir informatisée, associé à une mitrailleuse coaxiale 7,62 mm sur une tourelle en milieu de châssis. La caisse et la tourelle sont en acier blindé entièrement soudé, ce qui permet au véhicule de résister aux obus de 20 mm à l’avant et à des calibres allant jusqu’à 12,7 mm sur le reste de la caisse. Selon des sources militaires chinoises, cette version du VBCI serait équipée d’un système de gestion numérique du champ de bataille, d’un système de liaisons de données air-sol (data-link) et d’un système de positionnement du véhicule par satellite.

 

 

 


“French Ministry of Defense doubles capacity for Novadem NX70 micro-drones”

Army Recognition, 5 mai 2020

 

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La Direction générale de l’armement (DGA) a commandé vingt systèmes de micro-drones NX70 supplémentaires à l’entreprise Novadem (cf. Eclaireur n°15 et n°19). Chaque système comprenant deux drones, les forces terrestres françaises seront équipées à terme d’une centaine de micro-drones NX70. En décembre 2018, la DGA avait en effet passé une première commande pour répondre au besoin opérationnel urgent des troupes déployées en OPEX, auxquelles les NX70 fournissent des capacités de détection. S’appuyant sur dix années de RETEX, le NX70 « Block 2 » dispose d’un rayon d’action de plus de 3 km et de 45 minutes d’autonomie. Il peut remplir des missions d’observation dans des conditions météorologiques difficiles. D’un poids limité à 1 kg réduisant son empreinte logistique, le NX70 protège ses données par chiffrement. La première partie des micro-drones supplémentaires a été fournie à la DGA le 3 avril dernier, le reste de la commande devant être livré avant la fin de l’été.

 

« L’A400M désormais apte à larguer des parachutistes par la porte latérale »

Ministère des Armées, 18 mai 2020

 

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Par un communiqué de presse en date du 18 mai 2020, le ministère des Armées a annoncé que l’avion de transport A400M Atlas de l’armée de l’Air est désormais apte à larguer des parachutistes par la porte latérale, et non plus seulement par la rampe arrière. Cette annonce fait suite au premier entraînement opérationnel de largage automatique réalisé le 12 mai dernier qui marque une étape importante dans la montée en puissance des capacités d’aérolargage de l’A400M Atlas. En effet, une telle possibilité consolide un réel avantage opérationnel dans la mesure où elle permettra, dès l’année prochaine, le largage simultané par les deux portes latérales de troupes aéroportées dotées de parachutes à ouverture automatique. À l’occasion de la livraison du 17e appareil, la ministre des Armées, Florence Parly, a rappelé qu’il était « essentiel dans le cadre de l’opération Barkhane » et l’a qualifié « d'indispensable pour notre liberté d’action ».

 

« VIRTUAL MAP, expérimentation par les forces terrestres d’un poste de commandement virtuel autour d’une carte en 3D »

Agence de l’innovation de Défense, 29 mai 2020

 

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La réalité virtuelle fait désormais partie des attributs du soldat augmenté.  Cette technologie permet une immersion dans une scène virtuelle qui reproduit le plus fidèlement possible la réalité du terrain, favorisant la réflexion et le dialogue des acteurs interarmes. Les progrès techniques ont rendu l’utilisation de cette technologie plus intuitive et ont contribué à atténuer les défauts liés à la virtualité. La manipulation de cette plateforme, développée par Thales, est désormais plus aisée ; elle apporte une réelle plus-value pour l'entraînement car elle permet une mise en perspective immédiate du terrain lors des briefings. La réalité virtuelle reproduit les sensations, tant de l’environnement « 3D naturel », que du terrain étudié.

 


 

Building Resilience Together: Military and Local Government Collaboration for Climate Adaptation

RAND Corporation, avril 2020

 

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L’étude réalisée par la Rand Corporation insiste sur le rôle que pourraient jouer les forces armées dans une posture résiliente face au changement climatique. Elle dresse le bilan de l'expérimentation et des rapports commandés par le Department of Defence (DoD) qui concernent cinq risques majeurs : élévation du niveau des eaux, inondations répétées, sécheresses et désertification, feux de forêt et dégel du permafrost. Des initiatives conjointes sont menées dans la région de Hampton Roads (Virginie) afin de diminuer l’impact des installations militaires sur l’environnement ou de limiter les effets des bouleversements climatiques par le retour à l’équilibre anthropique. La coopération civilo-militaire nécessite un partenariat long prenant en compte les impératifs budgétaires. Cependant, l’écoconception, telle que réalisée en France, n’est pas envisagée aux États-Unis. L’étude proposant un très large éventail de moyens techniques à mettre en œuvre, une telle expérience serait difficilement réalisable en France à la même échelle. Pour autant, ce document représente une réelle source d’inspiration.

 

« Les bases de la puissance. Enjeux géopolitiques et stratégiques des bases militaires avancées »

Études de l’IFRI, Focus stratégique N°97, mai 2020

 

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Selon cette étude de l’Ifri de Morgan Paglia, les bases militaires avancées sont une arme à double tranchant pour l’État qui en déploie. Elles permettent en effet d'asseoir une position sur un territoire allié à proximité d’un pays adverse, mais sont intrinsèquement porteuses d’un risque d’enclavement. Les Américains ont conservé leur réseau de bases avancées, tandis que la Russie a fortement réduit le sien depuis la fin de la Guerre froide. Cependant, la mutation du paysage stratégique pose la question d’une baisse des besoins en bases avancées. En effet, conduites depuis la métropole, les opérations cantonnent les points d’appui au rôle de soutien logistique. Les menaces stratégiques demeurent principalement de deux natures : intrusions ou menaces directes sur les enclaves avec des moyens de courte à moyenne portée par harcèlement. Pour parer ces menaces, l’étude propose un fonctionnement simplifié ainsi qu’un entraînement aux manœuvres multi-milieux afin de garantir la sécurité des bases de souveraineté et à l’étranger.

 

 

“The Future of Warfare Will Continue to be Human”

Peter L. HICKMAN, War on the Rocks, 12 mai 2020

 

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Certaines innovations technologiques seraient de nature à révolutionner l’art de la guerre, conférant dès lors un ascendant décisif à leur utilisateur. Pour l’adversaire, tout retard technologique peut néanmoins être compensé par l’exploitation du terrain ainsi que par l’innovation stratégique, opérationnelle et tactique. Selon l’auteur, sur seize conflits menés entre 1956 et 1992, la supériorité technologique n’aurait été gage de victoire qu’à huit reprises. Par conséquent, la stratégie de défense nationale américaine, qui fait la part belle au potentiel militaire des nouvelles technologies et notamment de l’intelligence artificielle (IA), sous-estimerait l’importance de la créativité humaine dans la victoire. Or, malgré les progrès techniques indéniables des dernières décennies, les données suggèrent que nous sommes et demeurerons jusqu’en 2035, dans une période d’évolution, plutôt que de révolution technologique et capacitaire. Par ailleurs, si l’IA s’affirme comme un outil précieux pour la guerre de demain, elle ne saurait remplacer les invariants humains, comme une doctrine efficace et des décisions tactiques appropriées d’une campagne réussie. Le major Peter L. Hickman de l’U.S. Air Force considère aussi que la clef du succès réside dans un emploi des forces innovant. Celui-ci nécessite de renforcer l’entraînement virtuel dispensé aux forces interarmées et de l’axer sur les dilemmes tactiques et les multi-domain operations (MDO) qui s’imposeraient dans le cadre d’un affrontement à parité. Sur ce point, l’IA peut être utilisée pour préparer les soldats sans les exposer à la létalité, sans cesse accrue, des armes modernes. L’auteur préconise également de réduire la présence américaine au Moyen-Orient, afin de concentrer les ressources de l’armée américaine sur la préparation opérationnelle en vue d’un conflit avec une puissance majeure comme la Chine ou la Russie.


« Mutations, ambitions et limite de la culture stratégique russe contemporaine »

Notes de l’IFRI, 3 juin 2020

 

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Pavel Baev indique dans cet article que la culture stratégique russe a évolué progressivement depuis la fin de la Guerre froide, afin de s’adapter à son environnement. Les ambitions de puissance et d’hégémonie vis-à-vis de l’Occident se sont accrues et ont pris une tournure plus maritime. L’arsenal nucléaire, quant à lui, a connu une remontée en puissance dans la période récente. La corruption héritée du système soviétique n’a pas cessé et entrave la mise en œuvre des initiatives portées par certains chefs militaires. Les loyautés personnelles et les liens avec les consortiums de Défense ont entraîné des dysfonctionnements, principalement lors du conflit avec l’Ukraine. La puissance russe tend également à s’étendre au-delà de son cercle d’influence habituel, comme ce fut le cas avec son engagement en Syrie. Ce conflit a enfin marqué un tournant dans la pratique militaire avec le recours à des sociétés militaires privées.

 

 

“Army IBCS: Joint, Up To A Point”

Breaking Defense, 15 mai 2020

 

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Alors que les armées occidentales s’emparent des concepts liés aux multi-domain operations (MDO), l’U.S. Army teste la capacité permettant de relier le Command and Control (C2) de sa défense antimissile avec l’U.S. Air Force, l’U.S. Navy et l’U.S. Marine Corps, à l’aide d’un futur système baptisé IAMD (Integrated Air & Missile Defense) - Battle Command System (IBCS). Pour ce faire, l’U.S. Army a déjà conduit des exercices conjoints dans lesquels le chasseur F-35 de l’Air Force et le radar G/ATOR des Marines ont fourni des données de ciblage à l’IBCS. Par ailleurs, l’Army discute en ce moment avec la Navy pour tester le système IBCS avec la flotte de défense antiaérienne et antimissile. Aucun programme chiffré et daté pour la mise en place d’un tel système n’a été rendu public à ce jour, mais l’Army prévoit d’ores et déjà d’y intégrer trois types de radars, dont le LTAMDS, qui remplacera le Patriot. Néanmoins, l’IBCS pose d’emblée de nombreuses difficultés. Premièrement, les radars n’ont pas été conçus pour partager des données entre eux. Deuxièmement, ce système exigerait une quantité élevée de données que les radars sont actuellement dans l’incapacité de fournir. Troisièmement, ayant la capacité de décider quelle arme antiaérienne est la plus à même d’éliminer une cible, les autres composantes des forces armées seront-elles prêtes à délaisser le contrôle de leurs radars et de leurs armements à l’U.S. Army ?  Toutefois, le logiciel de contrôle de l’IBCS ne disposera pas d’un contrôle total et la décision d’engager le feu demeurera une prérogative humaine.

 

 

« L’Amérique adopte un ‘‘clean path’’pour protéger ses frontières »

Share America, 7 mai 2020

 

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L’administration américaine vient de modifier une nouvelle fois les règles en matière d’importation et d’exportation de composants, dont une partie a été fabriquée sur le sol américain ou avec des matériaux américains. Cette nouvelle évolution de la législation National Defense Authorisation Act (NDAA) intervient après la révélation de backdoors dans les systèmes de 5G développés par Huawei et acceptés un temps par les Britanniques. Or, ces derniers appartiennent aux Five Eyes et sont les principaux partenaires des États-Unis sur le territoire européen en matière de renseignement. Du fait des divergences entre Londres et Washington concernant les parties sensibles de la 5G, les avions Rivet Joint et la flotte d’avions de renseignement américains devraient être rapatriés aux États-Unis.

 


« 80e anniversaire de la bataille de Montcornet »

Ministère des Armées, 17 mai 2020

 

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La bataille de Montcornet (Aisne) du 17 mai 1940 fait partie de la campagne de France et contribue à développer l’aura du général Charles De Gaulle. Il s’agit d’une contre-offensive française qui vise à barrer la route de Paris aux divisions allemandes du général Kirchner. Le colonel Charles De Gaulle commande alors la 4e division cuirassée qui rassemble quatre unités de chars peu entraînées et ne disposant, ni de radios, ni d’un appui aérien suffisant. Cette bataille se solde par un échec en demi-teinte. En effet, malgré des pertes humaines allemandes supérieures aux françaises, 23 chars sur les 86 disponibles sont détruits et la division doit se replier, n’empêchant pas la poursuite de la percée allemande vers Cambrai. La victoire est cependant morale, en dépit d’un commandement morcelé et parcellaire et d’une chaîne de ravitaillement défectueuse. 

 



« L’origine du parachutisme militaire »

Sky-diving France, 29 juillet 2019

Musée des parachutistes, 2020

 

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Si le premier saut en parachute est bien effectué par un Français à Paris en 1797, ce n’est que bien plus tard que la discipline acquiert ses lettres de noblesses dans l’armée. S’inspirant des soviétiques, qui développent le parachutisme militaire dès 1930, la France envoie en 1935 des officiers à Moscou afin d’apprendre les premiers savoir-faire qui permettent au mois de septembre, de la même année, la création du Centre d’Instruction de Parachutisme. En octobre 1936, le ministre Pierre Cot signe le décret officialisant la formation d'unités parachutistes, les Groupes d'Infanterie de l'Air. Les GIA sont : « destinés à transporter par avion et à débarquer par parachute des détachements d’infanterie en territoire ennemi». Au cours des grandes manœuvres de l'été 1937, deux cents parachutistes s'emparent du pont Mirabeau et quelques semaines plus tard d'un poste de commandement divisionnaire. La France dispose alors du 601° GIA basé à Reims et du 602° en Algérie. Au début de la Seconde Guerre mondiale, l'arme parachutiste n'est pas encore opérationnelle. Les parachutistes sont répartis en quatre Groupes Francs et se battent dans les Vosges aux côtés des Chasseurs Alpins. Les deux GIA sont dissous peu après sous le régime de Vichy. Cette dissolution ne marque pas pour autant la fin du parachutisme militaire en France. Depuis l’Angleterre le général De Gaulle organise les parachutistes de la France libre. Les compagnies d’infanterie de l’air servent aux côtés des SAS britanniques avant de devenir « les chasseurs parachutistes ». De son côté le Bureau Central de renseignements et d’action (BCRA) recrute des éléments qu’il intègre au sein des « Jedburgh ». Ces deux entités sont les premières à sauter sur la France afin de structurer, conseiller et guider les groupes de résistants en prévision du débarquement. A la fin de la guerre, ces unités sont réorganisées puis sont envoyées en Indochine.

 

 




L’Éclaireur est une veille orientée vers des sujets d’intérêt pour les études prospectives sur les opérations aéroterrestres, actuellement conduites par le Centre de doctrine et d’enseignement du commandement (CDEC).
Ce document est uniquement réalisé à partir de sources non classifiées. Il a vocation à permettre un rapide tour d’horizon bimensuel des informations diffusées dans les média et susceptibles d’intéresser le monde de la défense. Les brèves rassemblées se limitent à des synthèses brutes des documents analysés et recoupés à chaque fois que possible par des entretiens conduits par ses rédacteurs. Il revient donc à chaque lecteur de contextualiser ces informations, notamment lorsqu’elles ont pour origine des sources étrangères officielles, en fonction de l’usage qu’il souhaite en faire et de la nature des conclusions qu’il lui appartient d’en tirer.