Numéro 31
septembre 2020

 

 

 







 

 

 

 

‘’Russian MOD, Industries Highlight Artillery Rockets Advancement’’

Defense Update, 23 août 2020

 

 

 

(source recoupée)                                                                                              

 

Le ministère de la Défense russe a, depuis dix ans, entrepris la modernisation de son arsenal de roquettes, comme l’a démontré le dernier salon de défense Army 2020 du 23 au 29 août 2020. L’industrie de défense russe fournit 30 % des besoins mondiaux et a notamment doté les forces terrestres russes de roquettes plus précises dont la portée peut atteindre 120 km. Cet investissement, qui porte sur quatre modèles de lance-roquettes (TORNADO - S (9A526-4), TOS, Hermes guided missile launcher et ISDM), s’étend aussi aux technologies connexes : propulsion, ordinateur de vol ou encore correction des trajectoires. Le concept retenu de rechargement individuel des roquettes via une grue intégrée garantit un système flexible.

 

 

“First batch of latest Armata tanks to arrive for Russian Troops”

TASS, 31 août 2020.            

“Russia’s top brass wants to replace Armata with two-section ‘tank of the future’”

TASS, 25 août 2020.                                                                   

(source recoupée)                                                                                            

Le groupe industriel russe Uralvagonzavod a annoncé le lancement de la production des chars T-14 Armata. Ce véhicule sera doté d'une tourelle automatique et d'une capsule blindée, maximisant la survivabilité lors des échanges de tirs. D’après les estimations russes, ce nouveau char T-14 devrait être opérationnel jusqu'en 2040. Pour le remplacer, un « char du futur » est déjà à l'étude et a été présenté lors du salon Army 2020. Il serait composé de deux modules : le premier dédié à l'équipage et la tourelle automatisée ; le second – à l'arrière – dédié au stockage de drones terrestres et aériens afin d'effectuer des missions de reconnaissance. Aussi, ce « char du futur » devrait être doté d’une vision panoramique sur l'extérieur grâce à des capteurs visuels externes donnant l'impression d'un blindage transparent pour l’équipage.  





 

 

 

 

“Lockheed Martin receives $187.5 million for mesh network of 10 small satellites”      

Defence blog, 1 septembre 2020

 

 

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L’Agence de développement spatial américaine a annoncé l’attribution d’un contrat de 187,5 millions de dollars pour Lockheed Martin, ainsi que de 94 millions de dollars pour York Space Systems, pour la construction de 20 satellites. Ces derniers, placés en orbite terrestre basse, permettraient d’alimenter un réseau partagé d’informations par la mise en place d’une bande passante élevée et sécurisée. Fondée sur un système semblable au RITA (Réseau Intégré de Transmission Automatiques), la topologie en réseau maillé de cette future constellation reposerait sur une structure sans hiérarchie centrale ; le transfert de données serait effectué sans intermédiaire. Dans ce système, chaque satellite reçoit, envoie et relaie des données de façon indépendante vers les autres satellites, ce qui offre à l’ensemble une forte résilience.

 

 

 

‘’Ukraine adopts Neptune coastal defence missile”

Jane’s, 27 août 2020

 

 

 

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Après une série de tests, le gouvernement ukrainien a annoncé l’arrivée du système de missiles côtiers RK-360MC Neptune au sein de ses forces terrestres. Ces derniers, inspirés du système de défense soviétique Kh-35, sont produits par le conglomérat ukrainien Ukroboronprom. Le Neptune est doté d’ogives à fragmentation hautement explosives (HE-FRAG) et serait capable de voler entre 3 et 10 mètres au-dessus de la mer afin de déjouer les défenses ennemies.

 

 

 

‘’Army 2020: Kronshtadt unveils small air-launched munitions for UAVs’’

Jane’s, 2 septembre 2020

 

 

 

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Lors du salon Army 2020, l’industriel JSC Kronshtadt a présenté une gamme inédite de munitions air-sol destinée à équiper des drones. Kronshtadt et d’autres industriels russes profitent du marché porteur que représentent les drones pour moderniser l’arsenal et développer de nouvelles armes compatibles. La société Kronshtadt a notamment dévoilé une nouvelle version armée du drone de reconnaissance Orion qui a équipé, au printemps dernier, l’armée russe.

 

 

 

‘’Steadicopter unveils Black Eagle 25E and 50E electric-powered VTOL drones’’

Defense news, 1 septembre 2020

 

 

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Steadicopter, entreprise israélienne spécialisée dans la construction de Rotary Unmanned Aerial Systems (RUAV), a dévoilé les nouvelles versions de ses RUAV Black Eagle 25E et Black Eagle 50E. Ces derniers sont maintenant dotés de moteurs électriques permettant une réduction significative de leur poids et une plus grande discrétion, ce qui les rend particulièrement utiles pour des missions ISR (Intelligence, Surveillance, Reconnaissance). Pesant 18kg, ils peuvent dorénavant emporter des charges variées allant jusqu’à 2kg pour le premier et 12kg pour le second. Leurs autonomies varient de 1h pour le Black Eagle 25E à 1h50 pour le Black Eagle 50E, mais peuvent toutefois être augmentées par l’emport de batteries supplémentaires.

 

 

 

‘’British Army trialling hybrid-electric drive systems”

Army technology, 20 août 2020

 

 

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Le 20 août 2020, le ministère de la Défense britannique a annoncé qu’une nouvelle technologie hybride était en cours de test sur les véhicules blindés Foxhound et Jackal 2. L’introduction de cette technologie permettrait à l’Army de réduire sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles, tout en lui conférant une certaine supériorité opérationnelle. En effet, la propulsion hybride offre aux blindés une signature sonore et thermique moindre et permet – par la réduction des quantités de carburant nécessaires – d’abaisser les coûts logistiques et l’empreinte écologique.

 

 

 

 « Signature d’un nouvel accord de coopération entre le CNRS et l’Agence de l’innovation de défense »

 


 

Ministère des Armées, 10 septembre 2020  

                                                                                                        

Le Centre national de recherche scientifique (CNRS) et l’Agence de l’innovation de défense (AID) ont signé un accord de coopération au DefenseLab le 7 septembre 2020. Un partenariat était déjà en vigueur entre le CNRS et la Direction générale de l’armement (DGA), dont l’AID dépend. Cette nouvelle collaboration vise donc la poursuite du soutien mutuel, mais aussi la mise en place de futurs projets de recherches thématiques. Ces derniers seront en lien avec les priorités du ministère des Armées, à savoir l’intelligence artificielle, les technologies quantiques, les systèmes électromagnétiques et acoustiques et l’étude de matériaux pour environnement à haute température et/ou haute entropie.

 « L’innovation, une priorité absolue du ministère des Armées »

 


 

Ministère des Armées, 8 septembre 2020 

                                                                     

Lors de sa visite sur la base de la force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO) de Lorient, la ministre Florence Parly a précisé la stratégie d’innovation des armées. La loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit en effet d’augmenter de 25 % les crédits annuels consacrés à l’innovation de défense, pour atteindre un milliard d’euros à l’horizon 2022. Présentée comme une priorité absolue par la ministre, la stratégie vise à orienter la majorité des investissements vers le développement des technologies de rupture, nécessaires à notre autonomie stratégique. Doté de 200 millions d’euros, et adossé à Definvest (100 millions d’euros), le fonds Definnov, lancé en coopération avec BpiFrance, sera prochainement dédié au développement de technologies duales (civiles et militaires) et transversales, en finançant directement les entreprises et startups innovantes. Cette ouverture à l’écosystème de l’innovation civile est incarnée par le projet « Red Team » piloté par l’AID, en partenariat avec l’EMA et la DGRIS. Destinée à préparer les guerres du futur, cette équipe imagine des scénarios de menaces et de conflictualité crédibles, pour envisager des hypothèses dédiées à orienter la stratégie d’innovation à l’horizon 2030-2060.

 

 

 

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« Le concept russe de “guerre nouvelle génération” du Général Gerasimov : quelle exploitation pour l’armée de Terre ? »

Thibault FOUILLET, chargé de recherche à la FRS, avec le concours du Général (2S) Bruno LASSALLE, chercheur associé à la FRS, Fondation pour la recherche stratégique (FRS), 29 juillet 2020

 

 

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En février 2013, le journal russe Courrier militaro-industriel retranscrit le contenu du discours du général V. Gerasimov, le chef d’état-major russe. Il y déclare que l’Occident a développé une nouvelle manière de faire la guerre en recourant à des moyens non-militaires afin de déstabiliser « l’étranger proche » de la Russie, manœuvres qu’il qualifie de « guerre nouvelle génération ». Ses propos sont ensuite relayés par un journaliste anglais, Mark Galeotti, dans un article intitulé « Doctrine Gerasimov ». La notion de « guerre nouvelle génération » est dès lors vue comme un volet offensif de la politique russe et reprise dans les milieux otaniens sous l’appellation « doctrine Gerasimov ». Cette doctrine marque le retour de la stratégie intégrale : les dimensions politique, militaire (air, mer, terre, cyber), économique (guerre par procuration) et médiatique (désinformation) sont toutes mobilisées pour parer ce qui est perçu comme des tentatives de subversion de l’Occident. Sur le  terrain, les opérations de haute intensité menées en profondeur doivent permettre d’emporter la victoire en cas de guerre majeure. Ces opérations mêlent les usages des guerres asymétriques et des guerres conventionnelles, auxquels s’ajoute l’emploi des technologies de pointe (robotique, vecteurs de frappes très longue portée). La vision russe invite à une relecture des trois principes de Foch : l’économie des moyens se voit assurée par le recours aux actions non-conventionnelles et les choix capacitaires à bas coûts, tandis que le combat couplé permet une concentration des effets. Enfin, la liberté d’action est étendue par les opérations conduites par surprise et en premier dans des domaines dépassant le champ militaire.

 

 

“Burnt by the Digital Sun: How the Information Environment Is Testing the Mettle of Liberal Democracies”

Zhanna MALEKOS SMITH, chercheur associé au CSIS, Center for Strategic and International Studies, août 2020

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L’utilisation de fausses informations pour déstabiliser un adversaire et prendre l’ascendant sur ce dernier ne date pas d’hier. Il y a plusieurs centaines d’années, Sun Tzu observait déjà que « toute guerre est fondée sur la tromperie ». Dans ce rapport du CSIS, Zhanna Malekos Smith analyse la manière dont les démocraties libérales occidentales sont confrontées à la guerre de l’information tout en maintenant certains droits fondamentaux comme la liberté d’expression. Pour ce faire, l’auteur évalue comparativement l’arsenal législatif du contrôle des contenus en ligne des « Five Eyes », de la France et de l’Allemagne. Le rapport présente ensuite une définition détaillée de la notion controversée de guerre de l’information dont les enjeux contemporains sont au cœur de la rivalité stratégique entre l’Occident, la Russie et la Chine. Issu du domaine militaire, l’usage du terme information warfare renvoie à la manipulation d’une information, afin d’induire en erreur un adversaire, voire d’influencer un processus décisionnel dans un but stratégique et politique. Selon l’auteur, par exemple, il est aujourd’hui avéré que les élections présidentielles américaines de 2016 ont fait l’objet de ce type de procédé afin de permettre l’élection de Donald Trump. Depuis 2016, la DARPA développe un logiciel permettant de détecter les fake news afin de protéger l’intégrité des prochaines échéances électorales de 2020. Ce document du CSIS vise à contribuer à la réflexion politique en présentant les principales avancées civiles ou militaires des derniers mois, articulées autour des notions de smart power, de partage de l’information, de résilience et d’éducation des sociétés, afin de réduire largement les risques induits par l’usage des NTIC.

 

 

“Is Russian Meddling as Dangerous as We Think?”

Joshua YAFFA, correspondant à Moscou pour le New Yorker, The New Yorker, 7 septembre 2020.

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L’article du New Yorker, “Is Russian Meddling as Dangerous as We Think?” remet en question notre approche face aux opérations de désinformation russes. Selon l’auteur, en se focalisant sur l’étude des méthodes de désinformation ennemies, nous négligeons l’analyse de nos faiblesses structurelles en tant que pays-victime et les limitations du pays-émetteur. En effet, l’ingérence russe n’aurait pas pour objectif de convaincre, mais avant tout de semer la confusion et de créer de la méfiance à l’égard du gouvernement et du système démocratique. Ainsi, la désinformation s’appuie sur la fracturation préexistante de la société qu’elle tend à exacerber et le traitement médiatique de celle-ci a pour conséquence d’amplifier sa portée. L’auteur observe deux évolutions distinctes dans les manœuvres de désinformation russes : une partie de la propagande est devenue plus visible et sans ciblage précis, tandis que l’autre est devenue plus opaque. C’est le premier pan qui est exposé dans la presse occidentale, parfois sans que les sites de désinformation en question n’aient de réelle audience. Par ailleurs, la distinction entre désinformation nationale et étrangère apparaît obsolète, tant il est difficile de remonter à la source. En outre, il faut distinguer l’intention de l’impact : l’élément déterminant est d’être en mesure d’identifier le changement de comportement produit par la désinformation et les conséquences qu’il entraîne. Dans ce sens l’auteur conclut que la réussite du Kremlin à injecter ou manipuler des informations reste d’une importance secondaire face à la désinformation interne dans une société ouverte.

 

 

“The British Army Should Seek to Retain an Armoured Capability”

Nick REYNOLDS, chercheur au RUSI, Royal United Services Institute, 7 septembre 2020

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Au Royaume-Uni, le débat sur l’avenir des blindés lourds est relancé depuis que la British Army envisage une réévaluation de son segment lourd. En effet, un programme de mise à niveau ou de remplacement générerait des coûts importants et la pandémie de coronavirus a exacerbé des contraintes budgétaires déjà significatives. Ainsi, l’auteur identifie trois plans d’action possibles. Le premier serait de moderniser l'ensemble de la division existante ou d'acheter de nouveaux chars. Cette option est souhaitable mais peu probable compte tenu des ressources disponibles. Le deuxième serait que l'armée britannique délaisse complètement son segment lourd. Cette option radicale s’inscrit dans la perspective d’une spécialisation dans le cadre de l’OTAN : étant donné que d'autres membres, tels que la Bundeswehr allemande, concentreraient leurs efforts sur les blindés lourds, la British Army se spécialiserait dans les domaines dans lesquels elle dispose d’avantages compétitifs comme l'aviation ou le cyber. Pour Nick Reynolds, abandonner complètement les main battle tanks serait une erreur car cette perte d’autonomie stratégique rendrait la British Army fortement dépendante de l’OTAN. La dernière solution consisterait à conserver et moderniser une partie des chars. Pour l’auteur, le maintien d’une division blindée avec une réserve de chars lourds moindre apparaît comme un équilibre hypothétiquement viable entre économie des ressources et puissance opérationnelle. De plus, cette position intermédiaire permettrait à l'armée britannique d’entretenir une expertise et une capacité de formation en matière de blindés.

 

« 1670 – 2020 : les Invalides d’hier à aujourd’hui »

Musée de l’Armée

 

 

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Depuis sa création, dont nous célébrons les 350 ans, l’Hôtel des Invalides a rythmé les grandes heures de l’Histoire de France. Monument de la fidélité du Roi Soleil à ses soldats blessés, celui que Montesquieu nommait « le lieu le plus respectable du monde » résiste à la vindicte populaire qui l’ébranle en 1789. Si les sans-culottes s’emparent de ses fusils et de ses canons pour marcher sur la Bastille, ils font du symbole monarchique l’emblème des victoires de la jeune République et y placent les drapeaux ennemis, comme autant de reliques. Après son sacre, Napoléon entreprend d’en faire la sépulture des stratèges qu’il admire. C’est fort de leurs enseignements qu’il attachera à son propre nom une gloire éternelle. Mais, plus qu’une nécropole militaire, les Invalides deviennent le lieu de la réconciliation nationale lorsque Louis-Philippe décide d’y transférer les cendres du « Petit Caporal » en 1840. Les héros des deux Grandes Guerres du XXe siècle suivront. Converties en musée de l’Armée, les pierres des Invalides appartiennent désormais à « tous les enfants de France […] à la condition de les aimer », selon le mot d’André Malraux.

« Il y a 150 ans, la guerre de 1870 »

 

Ministère des Armées, 1er septembre 2020

 

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Après la déclaration de guerre de Napoléon III à la Prusse, la Moselle fut le théâtre de trois batailles sanglantes, dont celle qui se déroula le 18 août 1870 à l’Ouest de Metz et qui mobilisa 140 000 militaires français. Celle-ci connue sous le nom de « bataille de Gravelotte » – marqua le tournant de la guerre en faveur de la Prusse, et entraîna la France vers la capitulation, le 2 septembre à Sedan. Avant ce tournant funeste, les régiments d’infanterie de marine (RIMa) se sont distingués par leur bravoure et ténacité au cours de la bataille de Bazeilles, le 31 août. Cette année, pour son 150e anniversaire, une cérémonie franco-allemande en hommage aux combattants a été présidée par Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées. Son étude invite nos armées modernes à l’introspection, car elle illustre les difficultés que peut connaître une armée contre-insurrectionnelle face à la résurgence des conflits de haute intensité. En effet, l’armée du second Empire était principalement composée de corps expéditionnaires et dès lors peu préparée au conflit conventionnel.









              



    




L’Éclaireur est une veille orientée vers des sujets d’intérêt pour les études prospectives sur les opérations aéroterrestres, actuellement conduites par le Centre de doctrine et d’enseignement du commandement (CDEC).
Ce document est uniquement réalisé à partir de sources non classifiées. Il a vocation à permettre un rapide tour d’horizon bimensuel des informations diffusées dans les média et susceptibles d’intéresser le monde de la défense. Les brèves rassemblées se limitent à des synthèses brutes des documents analysés et recoupés à chaque fois que possible par des entretiens conduits par ses rédacteurs. Il revient donc à chaque lecteur de contextualiser ces informations, notamment lorsqu’elles ont pour origine des sources étrangères officielles, en fonction de l’usage qu’il souhaite en faire et de la nature des conclusions qu’il lui appartient d’en tirer.