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La nécessité du contact pour parvenir à une paix durable

Gagner au contact
Engagement opérationnel
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La guerre ne se limite pas à une simple course technologique où le plus puissant et le plus riche est assuré de gagner la bataille. Elle est aussi et surtout une épreuve d’intelligence et d’homme.


1°) Les différentes notions du contact

La notion de la guerre au contact s’appréhende de différentes manières selon que l’on soit sous-marinier, pilote de combat ou fantassin, comme le souligne l’amiral Casabianca. Pour les deux premiers, « gagner au contact signifie paradoxalement tenir à distance ». L’armée de Terre doit au contraire combiner la nécessaire mise à distance de l’ennemi et sa recherche de proximité avec la population. Le général Facon explique à cet égard que l’armée de Terre est une armée des sillons « qui doit trouver à travers son engagement sur le terrain un subtil équilibre entre la mise à distance que procurent la technique et la si singulière familiarité, intimité et contiguïté qu’il faut entretenir avec le milieu terrestre, milieu non homogène, particulièrement complexe et fondamentalement humain ».

Se référant à Descartes qui ne croyait qu’aux forces du contact, Monsieur Klein explique que « sans contact, pas d’interaction, car une force, à ses yeux, ne peut se transmettre d’un point à l’autre de l’espace que si une entité physique la propage ». Il relève d’ailleurs une forte similitude des vocabulaires de la physique et de celui de la pensée militaire : forces, interactions, contacts, influence, intensité, puissance, représentation, chaos.

Le principe de la guerre est celui du contournement : l’ennemi tentera toujours d’éviter le type de guerre que son adversaire souhaite lui imposer.

Mais ainsi que le relève l’amiral Casabianca, il convient de ne pas se laisser enfermer dans le combat de mêlée, ni, à l’autre bout du spectre, dans le recours aux armements à longue portée, car les succès viendront de l’aptitude à combiner les effets sur les adversaires, à ces deux extrémités.

 

2°) Le combat au contact

Prendre le contact, c’est abolir au moins partiellement la distance. Car, comme le relève Monsieur Bridey, « il n’est de guerre sans contact ». Le général de Woillemont partage cette analyse : « les soldats, sur le terrain, sont revenus au contact – y compris le contact physique ». La reconquête  de Mossoul, et les engagements récents que sont la prise de l’Adrar des Ifoghas (opération Serval), ou les actions des forces spéciales dans la bande sahélo-saharienne (opération Barkhane), l’illustrent.

La victoire militaire exige et impose in fine le contact face à un ennemi qui fuit ou qui combat. C’est ce que le général Bosser appelle la distance zéro : « pour traquer un adversaire résolu sur un terrain difficile, il faut parfois aller jusqu’au corps-à-corps, donc à la distance zéro ».

Mais cette absence de distance physique ne signifie pas la disparition de toute distance. Car, pour le général Bosser, « même au contact, les bons soldats savent qu’il faut savoir garder une distance, qu’on appellera alors le recul, le sang-froid, le discernement, pour apporter une réponse ferme, sûre, adaptée et proportionnée ».

La culture stratégique française est d’ailleurs marquée par la confrontation physique de proximité : Azincourt, Verdun, Monte Cassino, Adrar des Ifoghas. Ainsi que l’analyse l’amiral Casabianca, « on ne peut pas dire que l’inhibition pour le combat de contact fasse partie de l’ADN des armées françaises. Peu de nations soutiennent aujourd’hui le principe d’une armée d’emploi, avec ce que cela implique de volontarisme politique (assumer le prix de sang) et d’exigence de préparation opérationnelle. Ce courage nous est précieux. Il suscite respect, crédibilité et confiance, et agrège autour de nous les partenariats de ceux qui peuvent et ceux qui veulent ».

 

3°) Mais les exigences de protection de la force deviennent incom- patibles avec la proximité des populations

En opérations  extérieures, la conception comme la tradition française prônent l’instauration de relations de proximité et de confiance avec l’objectif de stabiliser la situation puis d’instaurer les conditions d’une paix durable. Monsieur Bridey témoigne de ce qu’en Côte d’Ivoire, comme dans la bande sahélo-saharienne, les armées françaises continuent d’agir aux côtés des populations locales, notamment grâce à l’action du service de santé. Mais cette volonté d’aller au contact de la population se heurte aux exigences de la protection de la force qui passent désormais par l’établissement de camps de vie très bien protégés (et la plupart du temps en dehors des agglomérations) et par le renforcement du blindage des véhicules. Le général de Woillemont justifie cette absence de proximité, tout en la regrettant, par les nécessités et les contraintes opérationnelles dans les phases aiguës du conflit. Monsieur Bridey appelle à faire un effort particulier afin que la proximité demeure une capacité militaire à part entière.

 

4°) La nécessité d’une approche globale

Parce que les conflits modernes opposent désormais non plus des États mais des sociétés, l’action militaire ne permet pas d’assurer, par elle-même, une paix robuste et durable. Bien plus, des victoires tactiques ne résolvent pas le conflit et ne prémunissent pas nécessairement, comme le note l’amiral Casabianca, d’un revers stratégique. C’est pourquoi la dimension civile et sociétale doit nécessairement être prise en compte pour la sortie de crise. Le Quai d’Orsay joue un rôle majeur. Et pour ce faire, il convient pour Madame Purcarescu d’abandonner le raisonnement traditionnel en séquences : « je désengage le diplomate car il a échoué. J’engage le militaire, puis le désengage, du fait notamment des budgets mobilisés, de la fatigue et des pertes humaines essuyées, qui rendent le conflit très impopulaire. On remet alors au premier plan le diplomate – celui qui avait été évincé pour avoir échoué ».

Elle propose de substituer l’intégration à la coopération, et ce dès la conception d’une politique, et non a posteriori, au moment de la conception d’une manœuvre. L’avantage, une fois celle-ci engagée, réside dans le fait que les militaires définissent parfaitement l’état final recherché : « Leurs objectifs sont extrêmement précis, à la différence de ceux des diplomates,  qui invoquent volontiers la paix, l’humanité, la générosité ou l’équilibre, autant de notions dont nul ne peut dire où elles commencent et où elles se terminent ».

Madame Purcarescu invite les militaires et les diplomates à mieux définir ensemble les objectifs de la victoire militaire à court terme mais aussi les objectifs de moyen terme ainsi que la stratégie de sortie. Elle suggère également de mieux sensibiliser les responsables politiques à ces objectifs.  Car l’action militaire doit s’inscrire dans un contexte plus large de sécurisation et de développement.

Les  actions pour le développement que mènent l’Agence française de Développement (AFD), combinées  avec les actions militaires, permettent d’accompagner les États, souvent faillis, vers la sortie de crise.

Les actions de défense, de développement et de diplomatie doivent, selon Monsieur Bridey, « se compléter, s’enrichir, se coordonner dans une même stratégie, avec la même ambition et les mêmes intérêts – ceux de notre pays ».

 

5°) Le partenariat militaire opérationnel

Confrontées à des acteurs plus nombreux, plus divers, aux ambitions et postures plus affirmées, aux capacités plus robustes, agissant sous le mandat de l’ONU, les forces françaises interviennent en coopération et en partenariat.

Le général de Woillemont expose que la force Barkhane forme et instruit les forces maliennes, et combat à ses côtés non pas de manière intégrée mais dans un partenariat militaire opérationnel : « en procédant ainsi, nous apprenons et nous aidons l’armée malienne à se construire pour faire partie des structures d’un futur État malien qui soit robuste ». Ce partenariat militaire opérationnel repose sur la capacité à accompagner son partenaire au combat, ce qui ne peut se faire à distance, constate le général Bosser.

 

6°) Une remise en cause des principes de la guerre ?

SCORPION, fondé  sur la fluidité numérique, permettra un combat collaboratif plus décentralisé et une agilité tactique, caractéristiques majeures du nouveau modèle de l’armée de Terre.

SCORPION offrira des capacités de convergence, des dispersions inédites, des accélérations à l’intégration des feux indirects, d’où qu’ils viennent. La composition d’ensembles tactiques ad hoc s’en trouvera facilitée. SCORPION va modifier la conception des distances et apporter de nouvelles possibilités à la mise en œuvre des trois principes de la guerre connus depuis la fin du XIXe siècle, à savoir la liberté d’action, l’économie des forces et la concentration des efforts. Le général Bosser estime que ces nouvelles capacités vont entraîner une révision des principes de la guerre : « La concentration  des efforts sera davantage celle des effets que des moyens, et l’économie des forces prendra certainement une nouvelle dimension ».

 

CONCLUSION

L’ambition du colloque « Guerre à distance(s), gagner au contact » était de présenter une pensée stratégique dynamique, consacrant l’armée de Terre comme acteur clé d’une paix durable obtenue à la faveur d’une action forcément collective. Ainsi, dans un environnement opérationnel global, complexe et évolutif, l’armée de Terre offre la capacité d’accommoder les distances au contact – c’est-à-dire de trouver le meilleur équilibre entre la mise à distance que procure la technique et la promiscuité inhérente à l’engagement des forces terrestres – pour contribuer, dans une logique intégratrice, à l’établissement d’une paix durable.

La guerre, comme les autres activités humaines, n’échappe pas au progrès de la technologie et de l’intelligence artificielle. De nouvelles zones de conflictualités que sont l’espace et le cyber apparaissent. Les médias et les réseaux sociaux sont omniprésents dans les engagements modernes. La guerre s’affranchit désormais des frontières dans un continuum intérieur-extérieur.

Dès lors, le contrôle du milieu terrestre (là où les hommes vivent et exercent leurs pouvoirs) reste l’enjeu majeur de toute guerre. Pour emporter la décision, il n’y a pas d’autre solution que d’aller au sol - au contact : conduire la guerre au milieu des peuples. Cela continuera de requérir l’application de valeurs strictement humaines, inscrites dans la culture militaire française : l’honneur, le courage, le sang-froid, la cohésion, la compréhension de l’autre et de l’esprit de la mission, la volonté, le discernement, le respect, le sens du droit et de l’éthique, la confiance.

Ainsi, la guerre reste une épreuve d’intelligence et d’homme.

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Titre : La nécessité du contact pour parvenir à une paix durable
Auteur(s) : Colonel (r) François MIRIKELAM
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