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Les défis de la guerre à distance(s)

Gagner au contact
Engagement opérationnel
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La guerre à distance expose les sociétés occidentales à de nombreux défis, tant financiers qu’éthiques ou moraux.


1°) La vulnérabilité des sociétés occidentales

L’amiral  Casabianca estime que la sensibilité des sociétés occidentales à l’émotion et à l’influence extérieure (qu’il décrit comme une « vulnérabilité ») participe d’une réelle incapacité à soutenir dans le temps long une opération. Il se réfère également au développement du concept « zéro mort ». Dans ce contexte, le recours à des armes modernes, précises, à longue portée est tentant, et conforte l’illusion, dans l’opinion, d’une possibilité de maîtrise des conflits à distance, sans exposition physique.

La distance peut être ressentie par les citoyens comme une dimension abstraite qui peut engendrer de l’indifférence voire de l’insensibilité à la nature réelle des combats.

Dans une société à « haut niveau de pacification », la distance par rapport à la réalité se mesure aussi au travers des images véhiculées par la télévision et les médias  sociaux.  Le général  Facon pose ainsi la question : « la guerre distance a-t-elle tué le consentement à l’engagement ? ». Le niveau d’engagement dans le service universel apportera une réponse intéressante à cet égard.

 

2°) Les limites du tout technologique

La technologie  est précieuse et constitue même l’écriture de notre Histoire rappelle Madame Castillo. Mais si l’utilisation des armes du haut du spectre, en ce qu’elle permet la maîtrise des espaces, peut apparaître militairement efficace aux Occidentaux, l’expérience opérationnelle des dernières années montre qu’elles ne peuvent à elles seules emporter la décision. Et, au contraire, les effets induits à long terme peuvent rendre plus difficile la recherche d’une paix durable : « le monde occidental considère que l’efficacité est devenue l’unique mesure du succès, en guerre comme en économie. Or une partie du monde est écrite avec d’autres critères de mesure historique et guerrière, avec d’autres moyens de transport et un autre sens de la distance entre le combattant et l’ennemi ».

C’est évidemment le cas des guerres asymétriques. Et de citer le colonel Hervé Pierre: «là où il nous faudrait éradiquer toute action terroriste pour se déclarer vainqueur, il suffit à l’adversaire d’en commettre une pour affirmer sa victoire, comme preuve de son existence, donc de notre incapacité à le réduire au silence, en dépit des moyens engagés».

La technologie  peut aussi se retourner contre celui qui l’utilise. Monsieur Klein, se référant à des travaux américains, explique que tuer un terroriste à distance provoquerait des effets secondaires contre-productifs, tant cet acte est perçu par les ennemis comme un manque évident de courage et de ce fait suscite des vocations en plus grand nombre.

La technologie  ne peut être en elle-même le seul vecteur de la victoire. Pour Madame Castillo, c’est une illusion de croire que tout problème humain a une solution technique. Elle précise que la technique ne résout que les problèmes qui sont déjà techniques.

Plusieurs intervenants ont évoqué les pensées stratégiques dominantes inspirées par une nature militaire américaine privilégiant les solutions technologiques : les drones aujourd’hui, la robotique ou l’intelligence artificielle demain. La technologie permet de gagner des batailles, mais de moins en moins les guerres.

 

3°) Le coût de la guerre

Le temps long de la régulation des crises, à distance et au contact, pose la question non seulement de la volonté politique, mais aussi celle du coût.

 

Le coût de la guerre à distance va augmenter du fait :

  • des nouvelles conflictualités dans l’espace, dans le monde cyber ;
  • de la prolifération des capacités de contestation des espaces (A2AD), qui accélère le développement des capacités de pénétration et renchérit la protection ;
  • du développement des drones et des satellites ;
  • de la montée en gamme capacitaire des compétiteurs régionaux et des grandes puissances ;
  • de la dissémination des capacités nivelantes ;
  • des logiques de stocks logistiques, opposées à une logique de flux tendus. Symétriquement, le coût de la guerre au contact va croissant du fait :
  • de l’attrition liée à la multiplication et au perfectionnement des armements (IED, missiles) ;
  • du renchérissement des moyens de la mobilité tactique (hélicoptères, véhicules du programme Scorpion) ;
  • du coût des munitions de précision ;
  • de la problématique de la maîtrise de l’énergie ;
  • du développement de la robotique de combat.

Ce coût conduit l’amiral Casabianca à s’interroger : « mener une guerre à distance dans le temps long sera-t-il à notre portée demain ? Comment éviter qu’un engagement durable ne nous rende vulnérables et prédictibles ? ».

 

4°) Le droit, l’éthique et la morale

La question du droit, des normes, des considérations éthiques et morales, définit les fondements de l’emploi des forces occidentales depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais d’autres sociétés ou d’autres civilisations ne vont-elles pas leur imposer une évolution  de ces normes ? L’amiral Baduel estime que nous avons le devoir de nous préparer à cette dissymétrie et d’envisager cette question.

Le droit français encadre l’utilisation des robots et de l’intelligence artificielle. Le général Beaudouin rappelle que le droit français interdit de faire faire des choses à une entité qui n’est pas responsable (et un robot n’a pas de personnalité juridique autonome). Seul celui qui l’a programmé l’est. Il garde les conséquences d’une guerre à distance qui peut aussi avoir pour effet de tuer la vertu : « viendrait un moment, avec de tels systèmes autonomes, où l’on mènerait une guerre qui n’a plus de sens ».

En l’absence de traités internationaux, des extrémismes ou des autoritarismes déterminés pourraient en revanche s’affranchir de ces règles et utiliser les robots et l’intelligence artificielle pour basculer dans la violence pure.

 

5°) La problématique des armes autonomes

Les SALA sont conçus pour éliminer les adversaires tout en économisant des vies. Mais dans un monde où l’information a autant d’importance et d’influence que la force militaire, l’emploi de ceux-ci peut provoquer des effets secondaires contre- productifs et affecter voire remettre en cause la légitimité de l’action de la force. Pour Madame Castillo,  les SALA obligeront à une guerre limitée (« faute de quoi leur utilisation serait monstrueuse »), mesurée (« c’est-à-dire judiciarisée ») et à une guerre intelligente (« c’est-à-dire une guerre qui évitera l’inutile »).

 

6°) Les proxys

La guerre à distance peut également être menée par procuration.  Les armées recourent aux proxys pour réduire le risque de pertes ou mener une stratégie indirecte dans le cadre de l’approche globale. La manœuvre en proxy présente  de nombreux avantages à court terme par l’apport de leur connaissance du théâtre, de sa population et de son patrimoine culturel, par le travail en réseaux. Pour le général Gallet, « cette stratégie réticulaire, qui progresse par tache d’huile, au contact des populations, permet, si l’on est suffisamment habile, si les conditions de pression et de température sont bonnes, de créer une masse critique et finalement former un mouvement populaire susceptible de l’emporter ».

 

Mais il convient d’être aussi particulièrement attentif aux éventuelles conséquences négatives de l’emploi de ces proxys. Le général Gallet évoque à cet égard les drames humains que le retrait de la force d’un territoire ou d’un pays peut provoquer alors que la solution politique n’est pas encore trouvée.

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Titre : Les défis de la guerre à distance(s)
Auteur(s) : Colonel (r) François MIRIKELAM
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