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Les deux guerres mondiales, des guerres de corps d’armées 4/4

Revue de tactique générale - La bataille - le corps d'armée français
Histoire & stratégie
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Dans le souci de préservation de ses effectifs, Pétain obtient très rapi­dement du G.Q.G. que les grandes unités entrant dans la composition de la IIe armée ne soient pas organiques, mais que l’ensemble des divisions d’infanterie de l’armée française tournent à Verdun, de manière à conserver en permanence un niveau élevé de capacité opérationnelle, seule l’arma­ture des corps d’armée demeurant permanente.


b) La noria

Ainsi, les grandes unités seraient relevées avant d’avoir atteint un stade d’usure critique nécessitant une reconstitution complète. Ce sera la « noria », chaque grande unité d’in­ fanterie tournant en secteur à Verdun moins d’une semaine avant d’en être relevée et mise au repos. Sur 104 divisions d’infanterie inscrites alors à l’ordre de bataille de l’armée française, seulement une petite vingtaine n’a jamais été engagée à Verdun. La majorité s’y est trouvée engagée deux fois. C’est le système dit de la « noria ».

Ainsi, le corps d’armée qui était devenu précédemment une grande unité extensible, c’est­à­dire susceptible d’engerber un nombre variable de divisions et d’éléments en renforcement, devient alors, théoriquement tout au moins, un Groupement de divisions interchangeables et un organe permanent chargé d’assurer la continuité des opérations dans un secteur du front.

Une telle organisation apporte évidemment une souplesse considérable dans l’organisation du commandement sur le champ de bataille et l’exé­ cution des relèves. Mais, en acceptant à l’intérieur de chacun de ces corps d’armée le principe de ces mutations de divisions, on ouvre la porte à des modifications fréquentes, pour ne pas dire continuelles de l’ordre de bataille. Les liens organiques indispensables entre le corps d’armée et la division sont rompus (un seul exemple, ni les chefs ni les états­majors ne sont plus habitués à travailler ensemble) et il en résulte une diminution du rendement des grandes unités, rançon inévitable de la souplesse qu’induit cette nouvelle organisation.

Pour pallier cet inconvénient, le commandement fut contraint de réaliser un éternel compromis entre les nécessités du maintien des liens orga­niques et le souci de satisfaire aux contraintes de la conduite de la bataille.

 

II-3.  L’entre-deux-guerres

La conception arrêtée en 1919 a été rapidement modifiée pour aboutir au système suivant. Le corps d’armée ne comprend plus que ses organes de commandement et ses éléments organiques. Il peut recevoir, selon les missions qui lui sont confiées, un nombre variable de divisions et des éléments de renforcement. En revanche, le commandant de corps d’armée est toujours commandant de région, sur le territoire de laquelle stationnent nombre d’unités qui ne rentreront pas dans la constitution du corps d’armée correspondant, lors de sa mise sur pied. En outre, les régions frontières, anciens corps de couverture, engerbent maintenant les éléments des régions fortifiées (Ligne Maginot), désormais en charge de la couverture.

En comparant avec le tableau précédent de 1914, un indiscutable rajeu­ nissement saute aux yeux. En fait, de 60 ans en 1914, la moyenne d’âge est tombée à 55 ans et demi. Entre temps la limite d’âge des généraux était passée de 65 à 62 ans. La conséquence s’impose d’elle­même : les généraux de corps d’armée vont continuer à exercer des responsabilités en moyenne, encore six ans et demi après l’Armistice. Par le même effet, la moyenne d’âge des généraux commandants les armées était tombée de 62 ans en 1914 à 54 ans et demi en 1918, soit un an de moins que leurs subordonnés directs. Ceci veut dire que la perspective d’avancement des généraux de corps d’armée pour accéder à une cinquième étoile est, sauf exception, nulle ! Des exceptions, il n’y en aura que deux : Naulin et Nollet. Le premier sera commandant supérieur des troupes au Maroc durant la guerre du Rif, ce qui explique sa promotion. Le second avait des affinités politiques nettement marquées. Proche des radicaux­socialistes, il sera ministre de la Guerre d’Herriot au moment du Cartel des Gauches. Ce qui est vrai vers le haut, le sera également à l’encontre de leurs subordonnés immédiats : les divisionnaires de 1918, à quelques exceptions près, la plus emblématique étant Gamelin, verront également leur avenir bouché. En fait, conséquence du rajeunissement général qui a marqué tous les grades d’officiers généraux durant la guerre, le système est bloqué et il faudra attendre la fin des années vingt et le début des années trente pour voir une relève générationnelle des généraux. Cet état de fait aura deux consé­quences !

La première sera la mise en place d’un véritable « magistère bleu­hori­zon » sur l’armée française jusqu’au début des années trente (Pétain sera vice­président du Conseil jusqu’en 1931 et Gouraud, par exemple, indé­ boulonnable GMP, membre du Conseil supérieur de la Guerre jusqu’en 1938). La pensée militaire sera figée sur la « recette » de la victoire. Le front continu, avatar de la tyrannie exercée par le feu durant les années de guerre sera élevé au rang de dogme, sans prendre en considération, par exemple les enseignements de la guerre – de mouvement – sur le front russe.

 

Le second, c’est une « fuite des cerveaux » militaires. Exaspérés des conditions d’avancement qui leur sont imposées, les meilleurs généraux de la génération suivante démissionnent et entreprennent une nouvelle carrière, souvent dans le monde industriel où ils réussiront très bien d’ailleurs, à l’instar des généraux Duval, le « père » de la Division aérienne après avoir été le chef d’état­major très apprécié de Fayolle ou d’Estienne, « père » des chars (le char B1 qu’il a lancé en 1922, avant de démissionner, sera toujours à l’état expérimental douze ans plus tard). Quant au général Tanant, incomparable chef d’état­major de la 3e Armée durant la guerre, général de brigade de 49 ans à l’Armistice, il va « croupir » six ans dans le commandement subalterne de l’École de Saint­Cyr, avant de prendre le commandement d’une division, et, à l’extrême limite de sa carrière, celui d’une région militaire.

 

II-4.  La Seconde Guerre mondiale

Lors de la campagne de 1940, l’engagement des corps d’armée s’est effectué conformément à la doctrine en vigueur avant­guerre. Il conserve la place prépondérante qui était la sienne au niveau de la conduite de la bataille : la richesse de son état­major, le volume de ses éléments orga­ niques (armes et services), en font la grande unité interarmes capable de manœuvrer sur plusieurs directions, de mener des actions prolongées et d’emporter la décision.

Le corps d’armée américain (et donc les corps d’armée français de 1943­ 1945, totalement identiques) est une structure très forte, afin de pouvoir engager les moyens de combat et d’appui qui renforcent les divisions ou renforcent les situations. Premier échelon logistique complet, c’est aussi le niveau d’un volume de soutiens et de services qui dépasse largement tout ce qui était alors réalisé en Europe.

 

La logistique est conçue à la fois pour faire face aux consommations les plus élevées selon les normes retenues et en fonction de critères qui font appel à la puissance pour écraser l’ennemi. Elle doit aussi assurer tout ce qui est nécessaire aux unités américaines qui vont se battre, par définition sur un sol étranger. Aucune rupture de stocks ne peut être envisagée et, pour Eisenhower, la logistique détermine la décision opérationnelle.

En ce qui concerne les PC, le nombre de véhicules et de moyens radio (phonie notamment), sont d’une abondance jamais connue auparavant : en ce domaine, les Alliés reprennent nettement l’avantage sur les Allemands. Mais, par suite, les PC avec leurs véhicules hérissés d’antennes deviennent des cibles imposantes et toutes désignées d’autant plus qu’il leur faut se déployer sur les points hauts, les liaisons se faisant de « poste à poste ». Ceci explique pourquoi, du niveau de l’armée à celui de la division (donc les liaisons « Haut » et « Bas » du corps d’armée), le téléphone est systémati­ quement installé avec des centraux.

Sur le front occidental, pour les armées alliées, si la bataille était conçue au niveau de l’Armée, comme au cours du conflit précédent, elle était conduite à celui du corps d’armée. C’est ainsi que dans l’armée américaine, après la percée d’Avranches, Patton a scindé son armée en lançant un corps d’armée en Bretagne jusqu’à Brest, un corps d’armée vers la Loire, jusqu’à Orléans, puis en direction de Troyes, et un corps d’armée pour bifurquer après Le Mans vers le Nord pour – mal – fermer la poche de Falaise ; dans l’armée britannique, c’est le 30e d’Horrocks (qui y a laissé sa carrière) qui a échoué à atteindre Arnhem par la voie terrestre ; de Lattre avec la Première Armée n’est pas en reste : chacun  de ses deux corps d’armées ont participé à la poursuite de la XIXe armée allemande, de part et d’autre du Rhône depuis la Provence jusqu’au seuil des Vosges. Puis, la bataille des Vosges a été celle de Monsabert, tandis que celle de Haute Alsace a été celle de Béthouart.

Quant à l’armée soviétique, elle a délibérément ignoré le niveau du corps d’armée. Cela est dû à un étirement vers le haut des niveaux de com­ mandement : comme c’est l’école de pensée soviétique de l’académie de Frounzé qui a identifié et codifié l’art opératif, cela s’est traduit, dès 1942, par la multiplication des « fronts », en fait des groupes d’armées, à qui revenait l’application de cette manœuvre opérative. Le niveau immédiatement subordonné était l’armée, et, en dessous directement les divisions qui bénéficiaient des effets ou directement de l’adaptation des appuis de l’Armée.

 

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Titre : Les deux guerres mondiales, des guerres de corps d’armées 4/4
Auteur(s) : le colonel (R) Claude FRANC
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