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Les enjeux de formation du combat SCORPION 1/2

Revue de doctrine des forces terrestres
Sciences & technologies
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Durant la Seconde Guerre Mondiale, la 2e Division Blindée du général Leclerc était articulée en « trois groupements principaux et, de temps à autre, un quatrième groupement à la disposition du général pour forcer la décision finale28 ». C’est notamment ce qui lui vaudra sa réputation d’unité très manoeuvrière.


L’adaptation permanente aux nécessités et à la situation tactique, en somme l’agilité, devrait être la première qualité de tout système de forces pour surclasser son ennemi. Antichambre de l’initiative, elle s’applique à deux niveaux : l’articulation et le fonctionnement du système.


Ainsi, parmi les principaux attendus du système SCORPION figure une plus grande agilité des forces, grâce à une connaissance partagée, une transmission plus rapide des ordres et des capacités de reconfiguration dynamique accrues. Toutefois, et même si cela peut sembler paradoxal, il sera toujours nécessaire de s’appuyer sur les fondamentaux pour exploiter au mieux une innovation tactique : tactique générale, forces morales, capacités de fonctionnement dégradé, etc. SCORPION n’échappera pas à cette règle.

 

Cet article a pour objet d’étudier les changements probables de mode de combat identifiés par les retours d’expérience et la prospective, ainsi que la réponse qu’entendent leur apporter les forces terrestres par le biais de la transformation SCORPION, avec un accent particulier sur la formation induite dans le domaine de la tactique et du commandement.

 

Un nouveau « lien tactique » ?


Toute innovation majeure, amie ou ennemie, entraîne des changements dans la manière d’organiser, de commander ou de manoeuvrer les troupes. Au centre de ces trois champs d’action du chef militaire, le « lien tactique ». Procédant à la fois de l’autorité du chef, de la doctrine, de l’esprit de corps ou encore des systèmes d’information et de communication, ce lien est tout sauf mono-causal et correspond à ce qu’Ardant du Picq qualifiait de « solidarité29 ». Le général Guy Hubin consacre un chapitre entier de son stimulant ouvrage prospectif Perspectives Tactiques à cette notion, qu’il définit comme la « […] conviction en la conformité des réactions de l’autre », garante de la « cohésion de son propre système30 » de forces. Il y explique aussi que faute de savoir en changer, il peut être une cause de défaite. L’enjeu est donc de bien identifier les changements tactiques pour adapter en conséquence notre mode de combat, démarche qui requiert avant tout du pragmatisme.


Un peu d’histoire

 

Le 9 juillet 1755, lors des combats pour la défense de la Nouvelle-France, la colonne britannique du général Braddock est étrillée sur les berges de la Monongahela par une force franco-amérindienne pourtant plus de quatre fois inférieure en nombre. Après un combat de rencontre en leur défaveur, les forces franco-amérindiennes profitent des couverts et se lancent sur les flancs des Britanniques. Confrontés à un ennemi et un mode d’action nouveaux, ces derniers tiennent leur position comme ils l’ont toujours appris et fait ; ils déplorent finalement près de mille hommes hors de combat à la fin de la journée. Aussi, parmi les différentes raisons qui expliquent cette défaite, la principale fut l’incapacité des Britanniques à modifier le fonctionnement de leur système de forces, leur « lien tactique » donc. Hervé Coutau-Bégarie, entre autres, a souvent écrit sur les conséquences néfastes d’« une conception erronée de l’honneur militaire31 », ayant bien identifié que l’on retrouvait parfois une sorte de romantisme dans les réflexions sur le combat.

 

Vers un champ de bataille vide

 

Il est possible de présenter l’histoire de la guerre à l’aune de la notion de distance : on serait passé d’un combat épaule contre épaule à un combat décentralisé, voire « au-delà de la vue directe » selon une terminologie récente. Cet éclatement des dispositifs s’explique principalement par l’accroissement de la puissance de feu, qui rend les concentrations dangereuses. Cette tendance, encore illustrée lors du conflit dans le Donbass, est amenée à perdurer, d’autant plus que même les ennemis asymétriques disposent désormais de moyens d’acquisition, grâce à l’utilisation de drones civils.


Ces élongations et ce combat en îlots peuvent générer un sentiment d’isolement, qu’il ne faut pas minimiser. Qu’on se remémore les épisodes de recueil de nuit en ambiance tactique ! Une icône de couleur sur un écran, représentant un ami non visible, pourra-t-elle avoir le même effet de rassurance qu’une vue directe sur cet ami, en dépit du caractère quelque peu irrationnel de cette rassurance directe ? De même, que ressentira un groupe de combat entouré de robots terrestres ou d’essaims de drones, certes amis, mais avant tout sans présence humaine ? Ce sera un des enjeux de la protection collaborative, avec au centre des préoccupations la confiance mentionnée plus haut.


Des reconfigurations facilitées

 

Les opérations des dernières décennies ont été le théâtre d’une descente progressive de l’intégration interarmes jusqu’au niveau 5 avec les groupements, puis les sous-groupements tactiques interarmes. Les détachements interarmes de niveau section se sont également développés32 et ces différentes combinaisons ont montré toute leur pertinence, notamment en zone urbaine. L’agilité tactique de nos ennemis s’appuie en bonne partie sur leur utilisation.


C’est pourquoi le « système de systèmes » SCORPION doit permettre d’accroître notre agilité, facteur clé de supériorité opérationnelle, et ainsi notre capacité à concentrer et basculer rapidement nos efforts. Avec cette nouvelle génération de numérisation de l’espace de bataille (NEB),les réarticulations en cours d’action seront beaucoup plus aisées et surtout, rapides, grâce à un principe dit de « plug and play ». Cette réactivité favorisera incontestablement la saisie des opportunités. On imagine aisément la plus-value que les sapeurs, par exemple, pourront tirer de cette souplesse en ne détachant leurs unités qu’au besoin, ce qui permettra de les conserver aux ordres plus longtemps pour une action d’ensemble plus efficace. Bien souvent en effet, on détachait des unités dès le départ de l’action par crainte des délais qu’engendrerait une réarticulation en cours d’action, délais dus à la problématique de bascule des réseaux et à la prise en compte de la situation de l’unité renforcée.

 

Que l’on ne s’y trompe pas, la doctrine exploratoire SCORPION ne prône nullement une reconfiguration permanente. Elle rappelle que les systèmes de commandement, en l’occurrence le Système d’Information du Combat SCORPION (SICS), doivent faciliter au maximum les reconfigurations quand elles sont rendues nécessaires par la situation tactique. Pour utiliser une image économique, le boursicotage (c’est-à-dire la succession rapide d’investissements et de désinvestissements) ne crée pas de valeur en soi : seul l’investissement effectué au bon moment s’avère judicieux. Il est donc nécessaire de le favoriser.

 

28 Site Internet de la fondation Leclerc, page « Composition de la 2e DB », consulté le 12/12/2018. https://www.fondation-leclerc.fr/l-association/la-2-d-b/la-composition-
de-la-2-d-b/

29 ARDANT du PICQ Charles, Études sur le combat, Paris, Économica, 2004, « Éléments
moraux du combat », p. 98-102.
30 HUBIN Guy, Perspectives Tactiques, Paris, Économica, 2000, 115 pages, p. 67-68.
31 COUTAU-BEGARIE Hervé, Traité de stratégie, Paris, Économica, 1999, 1 200 pages, p. 767.

32 Pour l’anecdote, plusieurs furent utilisés dès 1978 au Tchad lors de l’opération « Tacaud », bien avant l’apparition du terme. Témoignage de l’ADC Philippe MAIRE, recueilli par l’auteur le 5 avril 2011.

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Titre : Les enjeux de formation du combat SCORPION 1/2
Auteur(s) : Chef de bataillon Laurent NERICH, École de Guerre-Terre, stagiaire de la 132e promotion
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