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Les Hmongs : pions de la stratégie de containment américaine

2/3 - Revue militaire n°55
Histoire & stratégie
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En 1954, les États-Unis constituent le seul rempart sérieux face à l’expansion communiste en Asie du Sud-Est. Washington souhaite s’appuyer sur des alliés fiables, capables de les soutenir dans leur politique d’endiguement.


Le Laos, pays de l’ex-Indochine française est en guerre civile depuis 1954. Le pays est alors distinctement scindé en trois parties : le gouvernement central de Vientiane soutenu par les Américains, les neutralistes de Kong Le, capitaine de l’armée royale laotienne fomentateur d’un coup d’État et les communistes du Pathet Lao. Confrontés à la faiblesse des forces armées royales laotiennes (FAR) opposées aux communistes, les Américains optent pour une solution qu’ils jugent plus efficace : l’appui des Hmongs8. L’engagement de l’armée américaine se révélant impossible9, c’est la Central Intelligence Agency (CIA) qui devient le bras armé de Washington au Laos. Plusieurs agents rejoignent ce pays pour prendre contact avec les populations montagnardes dont un commandant des FAR : Vang Pao. Guerrier intrépide et doté d’un fort charisme, il est tout désigné pour rejoindre la tête de la guérilla Hmong. Il est notamment engagé avec ses hommes par les Américains dans l’opération « Momentum » qui débute le 17 janvier 1961. La mission de Vang Pao est d’encadrer une guérilla qui doit agir sur les arrières des opposants au gouvernement central et, plus tard, de fixer les unités du Vietnam du Nord afin de les empêcher de déferler sur les unités conventionnelles au Vietnam du Sud.

La guerre que mène la CIA au Laos ressemble aux opérations effec­tuées par les GCMA. En revanche, les moyens consentis sont plus importants. Dès le début de l’opé­ration, près de 1 000 Hmongs sont déjà parfaitement équipés. L’objec­tif de cette petite armée est de tenir la plaine des Jarres et d’effectuer des actions de harcèlement sur la Route 7 et la Route 13 qui sont des axes stratégiques vers le nord du Vietnam. Néanmoins, dès le com­mencement de l’opération, les têtes pensantes de la CIA sont divisées sur le rôle à attribuer aux Hmongs. Certains10 proposent de faire des Hmongs des alliés auxquels seraient confiées des missions conventionnelles dépassant largement les seules actions de guérilla ; ils souhaitent que « les montagnards » soient associés à des opérations de plus grande envergure11.

Ces plans ambitieux ne sont alors pas pris en compte. Entre 1961 et 1968, la CIA et leurs délégués se bornent à la tactique de la guérilla pour attaquer les colonnes communistes. Les résultats sont assez impressionnants. Plusieurs témoignages évoquent la transformation de cette troupe, composée de simples paysans, en une force capable d’effectuer des opérations complexes12, comme interdire l’accès de la province de Sam Neua en mars 1965 aux communistes. Cette efficacité est le résultat de l’encadrement de la CIA, mais également de la militarisation du mouvement entamé par Vang Pao. Des équipes d’opérations spéciales (Special Operations Teams) sont constituées. Il s’agit d’unités d’élite de Hmongs lettrés qui reçoivent une instruction plus poussée dans les domaines de la tactique, la communication et le renseignement. Ces soldats sont également formés au parachutisme. Ces éléments sont ainsi en mesure de se déployer rapidement sur une zone qui leur est assignée pour effectuer des opérations plus « sophistiquées » et prendre le commandement de guérillas. Couplé à ces unités aux effectifs resserrés, sont également constituées les Special Guerrilla Unit. Ces hommes reçoivent un entraînement plus poussé pour des opérations nécessitant l’engagement d’une plus grande puissance de feu. Cette structuration de la guérilla, à laquelle s’ajoutent d’importants moyens américains, notamment dans le soutien aérien, permet aux Hmongs de tenir face aux communistes, voire de reconquérir du terrain. En apparence donc et dans les deux situations française et américaine, la guérilla semble être une réussite. Malheureusement, de graves dysfonctionnements vont condamner ces mouvements.

 

Un mauvais emploi des tribus Hmongs

Au cours de ces deux conflits, les Français et les Américains vont commettre des erreurs stratégiques. Dans le cas français, le manque d’intérêt pour ces unités auxiliaires entraîne un défaut de soutien. Washington, en revanche, se montre trop dépendant de ses maquis et finit par leur confier des responsabilités qui ne sont pas à leur mesure.

   Une sous-exploitation des maquis par les Français

Les GCMA semblent pro­metteurs, mais beau­coup de militaires restent dubitatifs sur l’efficacité que peuvent avoir de tels « soldats » sur les arrières ennemis, d’où un certain désintérêt. La situation du maquis « Colibri »13 en est un exemple. À la mi-octobre 1953, ce maquis doit affronter des éléments communistes bien entraînés et infiniment plus nombreux. En effet, dans la zone qu’ils occupent, les montagnards empêchent les forces d’Hô Chi Minh de disposer de la libre circulation des voies de communication. Le Viêt-minh décide donc une opération de nettoyage afin d’en finir avec cette résistance qui menace ses arrières et détruit l’influence communiste dans

la région de la Rivière Noire. Face à cette offensive de grande envergure, les Hmongs sont rapidement débordés, acculés et contraints de combattre comme une unité classique, ne disposant que de très peu d’espace de repli. Malgré les demandes de renfort du GCMA en unités de choc, notamment du 8e Groupement de Commando Parachutiste rattaché au GCMA14 pour venir en aide à « Colibri » et amener une puissance de feu plus impor­tante, les maquis ne reçoivent jamais l’aide nécessaire. Le commandant des forces terrestres du Nord Vietnam, par une note qu’il adresse au chef de bataillon Trinquier15, confirme que l’envoi d’une unité régulière est hors de question16. « Colibri » est ainsi sacrifié. À l’inverse, le commandement français, mal renseigné, va également surestimer les capacités de certains maquis. Au cours de la bataille de Diên Biên Phu, le général Cogny17 leur demande d’intensifier leurs efforts pour fixer les unités de Giap qui des­cendent sur la cuvette18. Or il s’agit d’un ordre irréalisable pour ces unités dont la faible puissance de feu ne permet pas l’attaque d’unités conven­tionnelles lourdement équipées.

Ce manque de considération, relativement généralisé, a des répercussions importantes sur l’utilisation des maquis. Selon Trinquier, beaucoup de chefs militaires de grande valeur ne font pas preuve d’adaptabilité. Selon eux, gagner la bataille en passe surtout par « l’armée régulière ». Il en résulte que la confiance envers les maquis est très limitée au sein des états-majors19. Si on ajoute à cette sorte d’aveuglement le nombre trop réduit de volontaires pour rejoindre ces unités hors ligne, l’armée française souffre d’une méconnaissance du terrain et d’un déficit d’expérience.

 

8 À la suite de la défaite française, beaucoup migrent vers le Laos.

9 Le Laos est un pays reconnu internationalement comme neutre.

10 Notamment le chef de la CIA en Extrême-Orient, Desmond Filtzgerald.

11 Joshua Kurlantzick : « A great place to have a war: America in Laos and the birth of a Military CIA », New-York, Simon&Schuster, 2017, p. 79.

12 Ahern, Op. cit., p. 174-715.

13 Important maquis ; il y a neuf maquis dispersés au nord de l’Indochine, au Laos et au Vietnam.
14 Demande n° 3364/3/OPS du 21 juillet 1952, lieutenant-colonel Grall, SHAT 10H829.
15 Officier du SDECE en charge du service « Action » au Tonkin et des GCMA.
16 Note n° 344/FTNV/GENE/TS du 2 octobre 1953, SHAT 10H827.
17 Général de division, commandant les forces terrestres au Nord-Vietnam.
18 Note n° 10369/FTNV/3/T3 du 30 avril 1954, signée p.o le colonel Bastiani, chef d’état-major des forces terrestres du Nord Viêt-Nam, SHAT 10H1169.
19 Colonel Roger Trinquier : « Les maquis d’Indochine, les missions spéciales du service action », Aix-en-Provence Albatros, 1976, p. 110.

 

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Titre : Les Hmongs : pions de la stratégie de containment américaine
Auteur(s) : Monsieur Corentin CURTENELLE
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