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Les nouvelles formes de conflictualité observées lors des engagements récents impliquent-elles un nouvel art de la guerre ?

Colloque CDEC 2019
Engagement opérationnel
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Le général de division Pascal Facon est artilleur de marine. Saint-cyrien et breveté de l’Ecole de Guerre, il a été déployé en Somalie en 1992, en Bosnie en 1996, au Kosovo en 2002 et a servi lors de l’opération Serval en 2013. Il prend en 2006 le commandement du 43e bataillon d’infanterie de marine à Abidjan. Il commande les éléments français au Sénégal et de la base des éléments français au Sénégal en 2015. En 2017, il est nommé directeur du Centre de doctrine et d’enseignement du commandement.


Les nouvelles formes de conflictualité observées lors des engagements récents, sur fond de rupture technologique, préfigurent-elles un nouvel art de la guerre ? Cette question qui m’a été posée recouvre des dimensions à la fois opérationnelles et stratégiques. Pour répondre à cette question, il convient tout d’abord de rappeler que vaincre sans perdre son âme implique de rechercher une « paix durable », dans laquelle les ennemis sont devenus des partenaires et les alliés sont demeurés des alliés.

 

De tels aboutissements ont déjà été observés par le passé, après la Deuxième Guerre mondiale notamment, en dépit de l’importance des ravages causés par celle-ci. L’art de la guerre, quant à lui, demeure une activité humaine, délibérée et consciente, et non un acte instinctif. Il s’agit d’une activité à forte dimension sociale, susceptible de conduire à la disparition de sociétés. Il s’agit également d’une activité engendrant des œuvres uniques – aucune bataille ni aucun engagement ne se ressemblant véritablement. Enfin, s’agissant d’un art, cette activité emporte une dimension esthétique, à travers le coup d’œil et l’inspiration des grands stratèges. Le corollaire de cet art de la guerre est la science de la guerre, qui fait appel à des développements techniques et technologiques et à l’évaluation des rapports de forces.

 

Dans le cadre de cette discussion, nous considérons la guerre comme mêlant science et art, c’està-dire comme une activité associant, en fonction des circonstances, l’expression d’un leadership et d’un système managérial. Les formes de conflictualités originales apparues dernièrement ne me semblent pas appeler un nouvel art de la guerre. A un horizon de vingt ans, quel que soit le cadre d’engagement (territoire national, affrontements symétriques ou asymétriques), aucune rupture, y compris technologique, ne semble susceptible de modifier définitivement l’art de la guerre. Pour autant, il apparait nécessaire de former nos forces armées à un certain nombre de phénomènes nouveaux, tout en continuant à élaborer et diffuser une doctrine.

 

Tout d’abord, on observe qu’aujourd’hui, certains Etats se comportent comme des groupes armés et inversement. La conflictualité dans l’espace cybernétique est également complexe à appréhender – les principes de la guerre ayant encore du mal à être définis dans cet espace artificiel et extrêmement mouvant. Dans les nouvelles conflictualités, on constate par ailleurs que les adversaires tendent à combiner des caractéristiques dont certaines font écho ou réinterrogent nos propres facteurs de supériorité opérationnelle : l’hybridité, l’opportunisme, la désinhibition, l’opacité, la fugacité, l’approche globale et une compréhension claire de ce que nous sommes et de nos faiblesses. Notre ennemi apparait ainsi comme une « chimère » au sens biologique du terme, c’est-à-dire comme un organisme possédant des cellules d’origines génétiques différentes, ce qui conditionne notre nouvel environnement opérationnel et les nouvelles formes de conflictualité.

 

Face à cette chimère, il demeurera fondamental de mobiliser les grands facteurs de supériorité opérationnelle propres à l’armée de Terre : la masse, l’agilité, la capacité d’influence, la compréhension de l’adversaire, la coopération, la performance du commandement, la force morale et l’endurance. Pour préparer nos officiers à cet affrontement, nous pourrons nous appuyer sur les trois grands principes de la guerre évoqués ce jour.

 

Ces principes sont d’autant plus utiles qu’ils répondent à des questions simples. La liberté d’action nous donne la capacité de faire des choix et de décider, au niveau stratégique (à partir d’une appréciation des situations, le cas échéant au niveau national), au niveau opératif (s’agissant notamment d’intégrer dans une même action les dimensions civiles et militaires) et au niveau tactique (pour ne jamais être figés). La concentration des efforts vise à mobiliser la totalité des ressources permettant, dans un espace matériel ou immatériel, de produire un effet, le cas échéant pour saisir une opportunité ou prendre l’initiative, en limitant le risque associé. L’économie des forces, quant à elle, permet de durer au combat, en disposant d’une réserve (tactique, opérative et/ou stratégique), d’une capacité de résilience, du soutien de la population, du soutien des acteurs politiques, etc.

 

Nous continuerons également à ne pas faire de distinction entre la haute et la basse intensité. En pratique, sous le feu de l’ennemi, l’intensité est réelle et la perte de soldats a le même sens quel que soit le degré d’intensité de l’opération. Pour affronter le chaos, il nous faudra aussi entraîner nos officiers à évoluer en opérations sans technologie. Cette dernière sera indispensable pour affronter les nouvelles formes de conflictualité.

 

Néanmoins, il nous faudra aussi apprendre à évoluer dans des environnements de type « Mad Max ». Il nous faudra également appréhender les représentations et la pensée de l’adversaire, c’est-à-dire les raisons de son attachement à tel ou tel territoire, à sa culture, à ses biens, à sa liberté, etc. Enfin, l’enjeu sera de ne jamais appliquer des raisonnements mécaniques à des environnements vivants et toujours susceptibles d’évoluer.

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Titre : Les nouvelles formes de conflictualité observées lors des engagements récents impliquent-elles un nouvel art de la guerre ?
Auteur(s) : GDI (FRA) Pascal FACON
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