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Les saboteurs de l’ombre - La guerre secrète de Churchill contre Hitler

Revue militaire générale n°54
Histoire & stratégie
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Etonnant. Très intéressant et bien écrit par un historien britannique – Giles Milton – fort bien documenté. Certaines archives n’ont été ouvertes qu’à partir de 1978, voire même encore plus récemment. L’ouvrage complète opportunément ce que l’on sait déjà du SOE (Special Operations Executive) britannique,  et surtout des institutions de guerre secrète que Winston Churchill a mises en place dès juillet 1939 avec peu de moyens et dont il était le seul responsable.


Le récit, habilement chronologique, permet de s’y retrouver et narre avec beaucoup d’humour (très anglais), et aussi un certain cynisme (très anglais également), les péripéties de l’espionnage, du sabotage, du meurtre d’État et d’une guerre silencieuse qui modifièrent souvent le cours des affrontements. On est sidéré par l’absence presque totale de véritables moyens militaires du Royaume-Uni face à la menace grandissante du nazisme, et du décalage entre la guerre officielle et celle de terrain, ses longues préparations, ses obstacles presque insurmontables et ses audaces.

 

Au départ, en 39, le bricolage est total : peu de personnel, d’argent et de perspective à long terme. Les recrutements sont très ciblés, étranges, très mal vus par les ministres et l’armée. Tout est à inventer : quatre hommes créent le système d’espionnage, de sabotage et de guérilla le plus performant de toute la Seconde Guerre mondiale, que même les Américains envieront : Colin Gubbins, l’organisateur-recruteur, Cecil Clarke, génial inventeur de la Sticky bomb et de la mine Limpet destinée à la destruction des U-Boats, Millis Jefferies et Stuart Macrae, spécialistes des commandos de sabotages. Deux « délicieux gentlemen », Eric Sykes et William Fairbain, dirigent près d’un loch d’Ecosse une « école du meurtre silencieux » où on apprend l’étranglement japonais, la prise asphyxiante, la pratique du stylet à double tranchant et autres sports de salon ou de plein air…

 

On apprend beaucoup sur les explosifs, les problèmes de mises à feu, de détonateurs  ; le mortier de Blaker (nommé « bombarde » au début), puis mortier à ergot, sont inventés petit à petit à partir de 1940 pour être produits par dizaines de millions à la fin de la guerre. L’allumeur L-Delay, les grenades à charge creuse (hérissons), destinées à percer les plus robustes blindages, enthousiasment Churchill, qui vient souvent assister aux essais, encourage la recherche, trouve l’argent et fait taire les généraux hostiles à « ces moyens déshonorants ».

 

L’événement vraiment déclencheur est la crainte de l’invasion de l’Angleterre de mai à septembre 1940, et aussi l’échec terrible face à l’occupation de la Norvège. Plusieurs centres essaiment dans la belle campagne anglaise pour l’entraînement des commandos et la fabrication des engins, dont l’un à seulement 11 kilomètres de Bletchley Park, là où Turing et son équipe bataillent avec Enigma.

 

L’ensemble humain et matériel met un an et demi à devenir vraiment efficace : après quelques actions limitées, le premier grand succès est « l’escamotage » du paquebot Duchessa d’Aosta et deux autres bateaux dans la rade de Fernando Poo en Afrique de l’Ouest, lesquels renseignent Berlin sur les convois de l’Atlantique. Ce fut fait en quelques heures, sans laisser trace de l’origine britannique de l’entreprise... Succès indéniable. Ensuite, la grande affaire fut d’envoyer des commandos de saboteurs en Grèce et en Yougoslavie afin de bloquer les convois ferroviaires (30 par jour) qui ravitaillaient Rommel en Libye : le manque de munitions et de carburant lui fut fatal. L’assassinat de Heydrich (le boucher de Prague) fut préparé à Londres. Ensuite, les grandes affaires furent la chasse des U-boats dans l’Atlantique selon une technique que les Américains utilisèrent dans le Pacifique contre le Japon. En 1943, la destruction de l’usine de Norsk Hydro en Norvège priva définitivement le Reich de la bombe atomique. Très périlleuse, dans des conditions de quasi survie de deux petits commandos, elle fut une réussite complète. Enfin, les exploits en France, par toute une série de sabotages ciblés, furent la destruction de l’usine Peugeot de Sochaux en novembre 43 (avec la complicité de Rodolphe Peugeot) et les multiples complications de la remontée, en juin 44, de la division Das Reich vers la Normandie en dix-sept jours au lieu de trois, ce qui rendit impossible le rejet à la mer d’une grande partie du débarquement allié.

 

Tout cela fut accompli par « des héros et des héroïnes » parfaitement anonymes qui ne soufflèrent jamais un mot de ce qu’ils avaient fait pendant la guerre. Peu de médailles, pas de reconnaissance officielle, et des salaires plutôt médiocres... Certains étaient de francs aventuriers, ou même de véritables gangsters, mais la plupart étaient animés d’un patriotisme et d’un désir de victoire sans limite. Un peu plus de 13 000 personnes (dont 3 400 femmes) travaillèrent d’une façon ou d’une autre pour le SOE et ses ramifications. Environ un tiers étaient des réfugiés sur le sol britannique. Beaucoup y perdirent la vie, souvent dans des conditions épouvantables lorsqu’ils étaient parachutés derrière les lignes ennemies.

Quelques bémols, toutefois, au récit de Gilis Milton : tout y semble lisse et parfait, dans une perfection toute britannique. Hors les chicanes avec les gradés de l’armée régulière ou quelques ministres, jamais de conflits internes, ni de fuites, ni d’infiltrations hostiles ? Beaucoup  de ces garçons fort aventureux étaient issus de Cambridge ou d’Oxford. Rien sur les communistes de Cambridge, la fameuse « bande des quatre » ? Pourtant, Kim Philby était dans le coin, cité à plusieurs reprises (pages 124-25, 364, 367-68). Le « ton » très pince sans rire fait apparaître cette entreprise collective à haut risque comme un « jeu » entre garçons délurés et jeunes femmes un peu étourdies. Lors de la préparation des sabotages, il est souligné que « …les meilleurs pour lancer les grenades incendiaires étaient incontestablement les Anglais qui avaient longuement pratiqué le cricket ». Peu de compassion pour les dommages collatéraux, les terrifiantes représailles aux attentats de Prague, Norvège, Grèce, France, lorsque des villages entiers furent rasés et incendiés avec leurs habitants. Mais l’action commande…

 

Des conséquences inattendues  : les frères Fleming, Paul et Ian, firent partie de ces expéditions et y apprirent le combat rapproché : certaines  péripéties des James Bond – notamment la manière de tuer sans bruit et sans tracas – sont directement issues des écoles du meurtre. Enfin, c’est James Turk, brillant ingénieur recruté par les Américains à Los Alamos, qui résolut l’insoluble problème de la mise à feu de la bombe au plutonium - grâce à la pratique de la « charge creuse » de Millis Jeffries - lancée sur Nagasaki en août 1944, mettant fin à la Guerre du Pacifique.

 

Bref, des moments d’histoire, grande ou petite, qui nous firent ce que nous sommes maintenant. Mieux qu’un roman…



 

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Titre : Les saboteurs de l’ombre - La guerre secrète de Churchill contre Hitler
Auteur(s) : Madame le Professeur Françoise THIBAUT
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