Traitement en cours, merci de patienter...
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Rechercher
 
Saut de ligne
Afficher
Saut de ligne
Saut de ligne
Autres sources
Image
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Rechercher
 
Saut de ligne
Afficher
Saut de ligne
Saut de ligne
Autres sources
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne

Peuples et populations dans la conduite de la guerre, une approche historico-militaire 1/4

Revue militaire générale n°55
Histoire & stratégie
Saut de ligne
Saut de ligne

Saint-Cyrien, conseiller du gouvernement pour la Défense, le général de corps d’armée Michel Grintchenko a été le chef d’état-major de la Finul au Liban de 2015 à 2016. Docteur en histoire, il a soutenu en 2003 sous la direction
d’Hervé Coutau-Bégarie, une thèse de doctorat sur l’opération Atlante menée en Indochine en 1954. Cette opération majeure de plus de six mois a engagé près de 20 000 combattants. Elle est très riche d’enseignements, notamment sur les mécanismes de conquête et de pacification.


La guerre au milieu des populations, pour ceux qui ne veulent pas les ignorer, requiert la mise en place de structures civilo-militaires pour coordonner au mieux les actions entre les différentes autorités. La guerre au milieu des peuples s’inscrit dans une dynamique historique les dotant dans certains cas d’une intelligence collective les faisant devenir les acteurs majeurs du conflit. Pour rendre plus efficace l’action militaire au milieu des peuples, il faut partir du politique et se doter des moyens permettant de synchroniser les actions civiles et militaires, dans le but de mettre en place une solution politique complète et cohérente. En dépit des structures en place et des mécanismes développés, une telle organisation n’existe pas et doit être créée pour s’opposer à un ennemi unifié, beaucoup plus cohérent.

 

Rares sont les campagnes qui n’opposent que deux armées entre elles. La guerre du Pacifique entre Américains et Japonais au cours de la Seconde Guerre mondiale constitue l’un des rares exemples permettant à deux armées de s’entre-tuer en vase clos, déchaînant les pires atrocités, loin de tout témoin.

 

La population n’est jamais étrangère à la guerre ; elle en partage les douleurs et les conséquences. Elle en constitue même souvent un acteur majeur. Pour les armées occidentales, toutes imprégnées aujourd’hui du principe de conquête des coeurs et de contre-insurrection, il est nécessaire d’empêcher l’ennemi de s’y sentir à son aise, pour le débusquer et le détruire, là où les armes peuvent parler. Les humanistes aimeraient voir les populations comme un frein à la violence non justifiée, permettant d’armer une campagne médiatique en cas de dérapage. Les déboires de l’armée américaine au Vietnam rappellent combien une armée privée du soutien de sa propre population peut alors sombrer dans la déroute, si ce n’est militaire, du moins politique.

 

Pour les armées qui ne partagent pas ces principes, les populations représentent une donnée d’entrée de l’équation de puissance, dont on peut à la rigueur tenir compte. La présence de la population à Grosny n’a eu que peu d’impact sur l’intensité des bombardements de l’armée russe chargée de libérer la ville en 1995. Bien des civils ont été ensevelis sous les décombres de la capitale tchétchène, mettant un point final au principe d’utilisation des civils comme bouclier humain. Dans d’autres cas, les populations peuvent constituer un gisement de puissance, capable de démultiplier l’action des forces. En 1954, l’armée d’Hô Chin Minh n’aurait pas triomphé à Diên Biên Phu sans les 70 000 coolies réquisitionnés pour amener la logistique à dos d’homme ou à bicyclette, déjouant les analyses des services de renseignement français. Ces derniers estimaient alors qu’il était impossible que le Viêt-minh puisse disposer à cet endroit d’une telle puissance, puisque les routes logistiques étaient quasi inexistantes. La réquisition de la population locale en a décidé autrement.

 

Les rapports entre les populations et les armées et l’emploi que chacune pourra en faire influencent les conditions d’affrontement. Celui qui ignore ou qui utilise la population à son profit semble bénéficier d’un réel avantage, comparé à celui qui voudra la préserver et lui permettre de vivre. Mais ce n’est qu’un avantage de court terme, surtout si l’on intègre la notion de peuple, dont la réalité s’inscrit dans une dynamique historique. Ramené au temps long, un avantage que pourrait obtenir une armée en s’imposant brutalement ne dure pas, générant souvent un futur beaucoup plus difficile à gérer, puisque l’injustice et la violence génèrent la révolte et la résistance.

Population et peuple, deux notions qui ne sont pas interchangeables pour un militaire, qui a tout intérêt à bien en comprendre les subtilités. Nous détaillerons cet aspect dans un premier temps, avant de nous pencher sur un exemple concret d’interaction entre civils et militaires au cours de la guerre d’Indochine. Enfin, nous évoquerons comment rendre plus efficace la guerre au milieu des peuples.

Séparateur
Titre : Peuples et populations dans la conduite de la guerre, une approche historico-militaire 1/4
Auteur(s) : le général de corps d’armée Michel GRINTCHENKO
Séparateur


Saut de ligne

Pensées mili-terre

Centre de doctrine et d’enseignement
du commandement

© 2017 CDEC. Tous droits réservés.
Réalisation CDEC/BFAO & SAILING.
Powered by WysiUp.

Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne
Saut de ligne

Contribution

Image
Cet espace permet à tous de contribuer collectivement à la Pensée mili-terre et au rayonnement de l'Armée de Terre, en partageant réflexions, débats stratégiques, et commentaires historiques.
Saut de ligne
Saut de ligne

Newsletter Pensées mili-terre

Image
Vous souhaitez reçevoir régulièrement la newsletter PENSÉES MILI-TERRE, rien de plus simple ! abonnez-vous gratuitement en complétant les champs ci-dessous.
Saut de ligne
Image
 
Saut de ligne
Image
 
Saut de ligne
Image
 
Saut de ligne
Saut de ligne