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Peuples et populations dans la conduite de la guerre, une approche historico-militaire 2/4

Population et peuple, deux réalités militaires différentes - Revue militaire générale n°55
Histoire & stratégie
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Le terme de population constitue une notion descriptive, qui agrège les groupes humains selon des critères de cohérence choisis ; on parle ainsi de population urbaine, montagnarde ou rurale. Ramenée à la guerre, cette approche conduit les états-majors à cartographier dans une logique de monographie la population en fonction des contraintes ou des avantages qu’elle peut représenter par rapport à la conduite des opérations


La cohabitation avec des civils a conduit les militaires à conceptualiser la notion d’approche globale et à créer des interfaces adaptées, capables de conduire des opérations civilo-militaires. Il s’agit notamment, lors de la phase de stabilisation, de faire « vivre mieux » pour désamorcer les rancoeurs, en faisant goûter aux populations le plaisir du retour à la sécurité et aux conditions minimales de vie. Le rétablissement des fonctions vitales essentielles constitue alors un préalable à la stabilité.

 

Une présence continue au milieu des populations impose cependant rapidement aux armées d’assumer des responsabilités de sécurité générale, notamment lorsque ressurgissent des pics de violence. L’engagement dans les Balkans dans les années 90 a forcé l’armée française à s’enrichir de certaines compétences détenues jusqu’alors par les forces de sécurité intérieures, à travers les capacités de contrôle de foule, dérivées du maintien de l’ordre appliqué en France. Il s’agit d’éviter le développement de situations quasi-insurrectionnelles qui pourraient ruiner la mission, notamment quand la frontière demeure toujours très ambiguë entre civils et agitateurs professionnels ou milices, toujours prêts à exploiter une fragilité.

 

Dans certains cas, comme en 2004 en République de Côte d’Ivoire, la population peut même être utilisée comme une arme de guerre, par l’emploi de la marée humaine pour submerger les cordons de sécurité, envelopper les soldats et les tuer à l’arme blanche. Cette tactique redoutable, très difficile à contrer, nécessite de maintenir en permanence une zone de sécurité entre la foule et les forces.

 

La notion de peuple est quant à elle beaucoup plus sensible pour les armées. Elle fait appel à une dynamique historique, qui transcende la notion de population. Le peuple a une histoire ; il puise sa force et sa cohérence dans ses racines et son identité ; il aménage son présent pour construire à ses descendants un avenir qui permette de vivre mieux et de transmettre ce qu’il est. Les peuples constituent des nations. On ne peut bien sûr ignorer les propos d’Ernest Renan qui, dans sa célèbre conférence de 18821 soulignait qu’une nation est une âme et un principe spirituel ; deux choses complémentaires, l’une dans le passé, l’autre dans le présent. L’une étant la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre le consentement actuel, le désir de vivre ensemble et la volonté de continuer à faire valoir l’héritage reçu. C’est un héritage que l’on veut défendre et pour lequel on est prêt à mourir. L’engagement d’une armée au milieu d’un peuple doit l’intégrer, car le peuple est capable d’être mû par une intelligence collective redoutable, pour laquelle le sacrifice de sa vie devient acceptable s’il sert la cause. C’est le soulèvement du peuple espagnol face à l’occupant français lors des guerres napoléoniennes. Ce sont aussi les réseaux de la Résistance française durant l’occupation allemande permettant de lever une véritable armée secrète, constituée de volontaires, civils et militaires, dont beaucoup ont su aller jusqu’au sacrifice suprême.

Si les actions civilo-militaires sont indispensables pour accompagner l’action d’une armée qui agit au sein d’une population, elles ne sont pas suffisantes lorsqu’elle agit au milieu d’un peuple. Il manque en effet la dimension politique, seule à même de donner du sens à l’action et d’éclairer l’avenir.

 

Une armée qui agit au milieu d’un peuple, voire très souvent au milieu de plusieurs peuples qui se disputent un territoire, ne peut trouver d’issue à son engagement si elle n’est pas là pour appliquer des décisions politiques. Justifier sa présence uniquement par le rétablissement des conditions sécuritaires minimales permettant de trouver les conditions favorables pour imaginer des solutions de long terme, constitue le germe d’une utopie, alimentant la notion de « guerre sans fin ». C’est la présence de la FINUL au Liban, déployée depuis plus de deux générations, qui assure la sécurité des lieux et non la paix, puisqu’une paix durable repose sur des conditions justes, admises par toutes les parties.

 

Si elles perdent le lien avec le politique, les forces déployées ont alors beaucoup de mal à ne pas se voir affubler parfois du statut d’armée d’occupation, puisque leur présence résulte d’un rapport de forces figé à un moment donné conduisant à une perte de liberté collective, voire individuelle. Certains pourront s’en accommoder ; d’autres non, générant alors une résistance légitime. Seul le niveau politique est en mesure de prendre les décisions structurantes qui s’imposeront pour modifier en profondeur l’état des choses et que vient appliquer le militaire.

 

1 Qu’est-ce qu’une nation ? conférence prononcée le 11 mars 1882 à la Sorbonne.
 

 

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Titre : Peuples et populations dans la conduite de la guerre, une approche historico-militaire 2/4
Auteur(s) : le général de corps d’armée Michel GRINTCHENKO
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