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Un nouveau rôle pour le soldat

Gagner la bataille conduire à la paix- les forces terrestre dans les conflits aujourd'hui et demain
Histoire & stratégie
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Le militaire français appartient à une société dont l’exigence de sécurité croissante, la prépondérance du droit et la soif d’une information instantanée imposent des contraintes fortes dans l’exercice de son activité.

Agissant au côté de multiples acteurs dans les phases de stabilisation et de normalisation, le soldat doit développer une aptitude au dialogue et la capacité à prendre en compte des contraintes nombreuses jusqu’aux plus petits échelons.

Il doit toujours conserver l’équilibre indispensable entre une proximité nécessaire et un recul qui demeure le garant de l’efficacité de son action. Il est invariablement confronté aux conditions difficiles et aux situations extrêmes. L’épreuve, le hasard, la fatigue et le doute demeurent une constante de son engagement.

 


1 - SOLDAT DANS UNE SOCIETÉ QUI ÉVOLUE

1.1 - L’exigence d’une sécurité croissante

La société française manifeste une exigence croissante pour une sécurité individuelle et collective qu’elle attend de la puissance publique. Ce besoin de sécurité, parfois du seul ordre du sentiment, s’applique aux armées et influence leur action dans deux domaines essentiels : la sécurité qu’elles fournissent au pays et celle que ses membres sont en droit d’attendre.

L’aire des conflits asymétriques élargit les menaces possibles qui ne demeurent plus circonscrites à la seule action militaire et accentuent les vulnérabilités de la société. Dans le même temps, celle-ci accepte de plus en plus difficilement des risques poten- tiels – naturels, technologiques ou sanitaires – dont elle estime devoir être préservée par ceux qui la gouvernent. Aussi, conci- toyens et dirigeants attendent des forces armées qu’elles s’en- gagent au service de la sécurité sur le territoire national lorsque les circonstances l’exigent : sécurité civile ou générale avec le concours ou la participation de moyens militaires.

Les soldats sont, aussi, les bénéficiaires de cette revendication accrue des Français pour la sécurité. En garnison comme en opérations, leur protection prend une place croissante. Cette tendance légitime entraîne des contraintes financières parfois lourdes et pèse de manière évidente sur les décisions et les risques à consentir dans les domaines organique comme opérationnel.

1.2 - L’omniprésence du droit

Cette exigence de sécurité est en relation directe avec une prépondérance du droit qui innerve toutes les activités de la société. Le soldat est un citoyen ordinaire devant la loi en dépit des caractéristiques de la tâche et des situations extra ordinaires qu’il rencontre. Par ailleurs, en développant les notions de droit

de la guerre « jus ad bellum » et de droit dans la guerre « jus in bello », la morale occidentale bannit l’usage immodéré de la violence et impose des contraintes très sévères à l’action de guerre, contrairement à celle d’ennemis qui agissent selon des critères souvent très éloignés. Il en découle, non seulement une surveillance accrue de la part d’une opinion publique attentive aux conditions des interventions militaires et prompte à en dénoncer les excès, mais aussi une pénalisation internationale qui n’épargne aucun acteur, y compris ceux qui agissent au service d’une cause jugée légitime.

Aussi, soumis, comme les autres, au droit national, le militaire est, plus que d’autres, confronté à un droit international en pleine évolution. Il est comptable de ses actes, et dans une certaine mesure de ceux de ses subordonnés, devant les juridictions pénales nationales et internationales.

La part du juridisme dans le déroulement des opérations se développera sans doute et génèrera, dans ce domaine comme dans   d’autres,   des   principes   de   « précaution »   et   de « traçabilité ».

1.3 - Une information de l’instant

Les technologies nouvelles contribuent à accélérer et à étendre la diffusion de la connaissance. Elles rendent impossible toute tentative de maîtrise d’une information qui privilégie l’instant immédiat et le fait sensationnel. Ce poids médiatique influe sur la compréhension des crises et leur traitement. Il accroît une émotivité des foules qui, toujours, privilégie l’instant à la durée, l’intervention d’urgence mais visible à celle qui s’attache au fond et nécessite du temps. En outre, déjà sensible sur les théâtres d’opérations, cette maîtrise impossible fait du soldat à la fois l’acteur et le spectateur d’un scénario diffusé en direct au sein de millions de foyers dans le monde. Combattant le matin, le militaire voit, dans la même journée, ses actes exposés à la lumière crue et partielle d’une information sans recul et qui juge sans appel.

 

2 - UNE APTITUDE  AU DIALOGUE  AVEC DES INTERLOCUTEURS  MULTIPLES

Agissant pour établir les conditions minimales du succès politique, les armées ne sont, par conséquent, plus les seuls protagonistes du conflit dans la zone des opérations. A tous les niveaux, les militaires doivent intégrer l’action d’interlocuteurs divers dont les objectifs, les moyens ou les intérêts, bien que normalement orientés vers un but commun, peuvent sensiblement diverger les uns des autres. La gestion multinationale, interministérielle et inter-organisations croissante des situations de conflit et l’implication des nombreux acteurs agissant dans les phases de stabilisation et de normalisation impliquent le développement d’un dialogue civilo- militaire essentiel. Cette aptitude à dialoguer avec de multiples interlocuteurs et à prendre en compte de nombreuses contraintes non militaires doit être générale et descendre jusqu’aux plus petits échelons.

 

3 - PROXIMITÉ ET RECUL, OU L'ÉQUILIBRE  NÉCESSAIRE

Agir au sein de sociétés aux cultures diverses exige de connaître l’environnement humain dans lequel évoluent les forces. C’est une affaire d’efficacité opérationnelle au même titre que peut l’être la connaissance d’une armée ennemie : ses structures, ses modes d’action, la performance de ses équipements. Dans un conflit où l’asymétrie place bien souvent nos unités en simple réaction, il est essentiel pour elles de comprendre, prévoir et anticiper. C’est aussi un gage d’efficacité globale en développant la meilleure intégration possible de forces étrangères à la zone, luttant ainsi contre un rejet inévitable, parfois renforcé par la durée du conflit et les erreurs commises.

Cette connaissance de l’environnement de la force ne peut être que le fruit d’une connaissance culturelle et d’une proximité physique. Elle n’est pas innée et doit se préparer, s’entretenir, faire l’objet d’actions spécifiques. Vouloir établir les conditions

nécessaires à la paix, à l’ordre, à la sécurité, c’est d’abord en comprendre le sens là où on agit, c’est entrevoir ce qu’attendent les populations et leurs chefs, c’est exiger ce qui peut l’être, mais uniquement cela. Aspect de la culture française, la faculté à se rapprocher des populations déchirées contribue à faciliter notre action en abaissant le seuil d’hostilité à l’encontre de nos forces.

Cependant, si les soldats doivent cultiver une certaine proximité avec les autres, ils doivent conserver une certaine réserve propre à préserver la capacité opérationnelle et, surtout, les intérêts du pays. S’il est bon qu’un soldat demeure sensible à la misère humaine, il doit conserver une vigilance indispensable. La grande variété des tâches à caractère humanitaire qu’on lui confie, la retenue dans l’usage de la force, la nécessaire volonté d’intégration au milieu, l’ouverture culturelle, ne doivent pas le détourner d’une mission qui exige son impartialité et la capacité permanente à employer la force. Possédant le recul indispensable, chaque individu doit savoir rester à la fois proche et distant et agir sans état d’âme contre ce qui s’oppose à l’accomplissement de la mission.

 

4 - RESTER AVANT TOUT UN SOLDAT

Sensible aux évolutions de son époque, le militaire au combat demeure, cependant, confronté à des difficultés intangibles qui se traduisent dans le phénomène de friction défini par Clausewitz. Celui-ci est à l’origine du décalage existant entre la planification et l’exécution. Il s’avère beaucoup plus sensible dans le milieu terrestre dont l’hétérogénéité est plus grande que dans les autres.

Le danger est inhérent à l’action de guerre et n’épargne personne. Pour les troupes au sol, il est omniprésent et peut surgir inopinément sous des formes très diverses. Le cloisonnement du milieu et la nécessité d’agir au contact des populations interdiront toujours de s’en éloigner autant qu’on le souhaiterait  et  de  combattre  à  distance. Seules  les  forces morales, la cohésion du groupe et la confiance dans ceux qui l’entourent, ses équipements ou la justesse de la cause, protègent le soldat de la pression psychologique et de ses effets générés par la conscience du danger.

L’effort physique et psychologique produit une fatigue et un stress qui n’épargne personne, diminue les performances, génère des erreurs, amenuise le jugement, l’analyse ou la capacité de décision. Pour les forces terrestres, la permanence du contact et l’impossible relève des équipages ou des groupes accroissent l’usure des militaires.

Le hasard et l’incertitude, enfin, dominent l’action guerrière où rien ne se déroule conformément à ce qui était prévu, même quand les performances supposées de la technique peuvent donner l’illusion de planifications abouties. La surprise n’est pas seulement le produit de variables multiples, du libre arbitre de certains ou des erreurs commises. Elle vient surtout de l’affrontement des intelligences et d’une liberté propre à tout adversaire dont « chacun fait la loi de l’autre », selon la formule de Clausewitz.

Comme pour ses prédécesseurs, la brutalité des situations, la montée paroxystique de la violence, le stress, l’attente qui se prolonge restent le lot quotidien du soldat. Quel que soit le type d’engagement, il est confronté à des conditions difficiles ; elles ne sont pas l’apanage des conflits d’aujourd’hui où l’apparente simplicité d’hier aurait cédé le pas à la complexité du moment. De l’Argonne à la bataille d’Alger, de l’Indochine à l’Afrique des Grands Lacs ou de Sarajevo aux combats de Beyrouth, partout, le soldat a rencontré la violence, les drames, la mort et le doute. Il n’existe pas d’époque où nos soldats n’ont eu à combattre sans devoir affronter l’épreuve ou le déchirement du choix.

Cette permanence d’une friction perpétuelle et d’une réalité brutale demeurera au cœur du métier de soldat qui, entraîné à affronter des situations extrêmes, doit pouvoir les aborder avec la conscience ferme que procure une éthique partagée et des forces morales demeurant, bien souvent, le garant du succès.

 

 

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Titre : Un nouveau rôle pour le soldat
Auteur(s) : extrait du FT-01
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