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Un nouvel emploi de la force

Gagner la bataille conduire à la paix- les forces terrestre dans les conflits aujourd'hui et demain
Histoire & stratégie
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En changeant de finalité, l’emploi de la force s’adapte à la mutation des relations internationales. Puisqu’elle ne conquiert plus mais oeuvre au service du droit et de la paix, la force agit au  cœur  même  de  la vie :  la  société  humaine.  Toujours nécessaire chaque fois  qu’une armée doit  livrer bataille, la défaite de l’ennemi ne suffit plus au succès de l’engagement et ne constitue plus l’objectif principal de l’emploi de la force. L’objectif n’est donc plus tant de détruire l’adversaire que d’agir sur sa volonté et de la contraindre afin qu’il n’utilise pas ou plus la force dont il dispose. Au « tribunal de la force » s’est substitué

« l’affrontement des volontés ». Plus encore que par le passé, l’emploi de la force ne peut être une fin en soi, mais doit en permanence demeurer étroitement subordonné aux objectifs stratégiques.


L'ENCHEVÊTREMENT  DES ACTIONS

Engagées sur un théâtre d’opérations, les forces armées sont confrontées à un enchevêtrement des actions. En dépit d’un recouvrement partiel, la succession des phases (intervention – stabilisation – normalisation) permet de discerner pour chacune d’elles de grandes dominantes : emploi de la force, sécurité, soutien aux populations, aux services publics, au rétablissement du droit, etc. qui, toutes, nécessitent des unités aux qualités multiples, des volumes de forces, des structures et une formation différentes, des équipements variés. Cependant, à tout moment d’une phase, les forces se trouvent, aussi, confrontées à des actions diverses et des tâches multiples, ce qui nécessite pour elles une aptitude à la flexibilité et à la réversibilité. Telle unité doit, ici, user de toutes les options disponibles de la force ou affronter une violence aveugle, alors que là, parfois dans une même zone, telle autre doit apporter son concours à une population meurtrie ou encore former et entraîner des forces autochtones prêtes à prendre la relève.

En outre, plus encore qu’hier, l’adversaire qu’il faut parfois combattre, est le partenaire de demain qu’il faudra associer au règlement du conflit : c’est dans le village que l’on sécurise par la force qu’il faudra demain rétablir des conditions de vie normales, recréer le marché et envoyer les enfants aux écoles. La foule versatile qui accueille ou s’oppose est prête sur un signe, une image, une consigne à changer de camp. La diplomatie de terrain et l’action militaire se conjuguent et sont deux des visages du soldat en campagne.

Sur un même théâtre, l’enchevêtrement des actions (soutien à la population, combats, aide aux services publics…) est le quotidien des militaires qui voient leur métier prendre des dimensions nouvelles.

 

DOMINER LA VILLE ET MAÎTRISER  LES ESPACES

En campagne, les armées ont souvent dû choisir entre battre les forces ennemies ou conquérir le centre du pouvoir : la ville. Dans la plupart des cas, elles ont préféré le premier terme de l’alternative, ne s’aventurant dans le second que si la mission l’exigeait. Pouvant s’y déployer et agir avec moins de contraintes, elles ont privilégié les espaces ouverts au cloisonnement des villes ; elles se sont équipées, structurées et entraînées pour cela. Les forces armées agissant, dorénavant, principalement dans un milieu humain de plus en plus concentré dans les zones urbaines, la cité supplante la campagne comme zone d’action principale. Enjeu et théâtre des conflits, elle en est devenue le champ et les noms des batailles récentes sont essentiellement des noms de villes : Sarajevo, Grozny, Beyrouth, Bagdad, Mitrovica, Bassorah, Abidjan, Kaboul, Bint Jbeil…

Mais la ville s’avère coûteuse à prendre, à tenir, à maîtriser. Elle enferme celui qui s’y bat au sein d’un espace clos et le contraint à agir autrement que dans les zones ouvertes. Concentrant la violence, elle focalise l’attention. Champ de bataille privilégié de la guerre asymétrique, la ville est ainsi un des derniers maquis où des guérilleros déterminés peuvent espérer vaincre ou résister à une armée moderne. Ils y trouvent un terrain propice et des soutiens nombreux. Attentats, embuscades, tirs isolés, infiltration, désinformation ou mouvement de foule sont les armes qu’ils emploient et contre lesquelles il s’agit de lutter et de se préserver.

Par ailleurs, les régions aux accès difficiles restent des zones d’actions parfois essentielles et, comme la zone urbaine, un milieu privilégié du combat asymétrique. Les montagnes, les forêts, les étendues désertiques ou marécageuses demeurent les bastions d’ennemis déterminés qui s’y entraînent, y reconstituent leurs forces et contrôlent les multiples trafics qui se développent dans des zones grises, parfois à cheval sur plusieurs frontières. Les forces armées doivent savoir y combattre et contraindre un adversaire fugace et adapté au terrain afin de lui dénier sa liberté d’action et de lui interdire l’initiative.

Dans le même temps, cependant, les armées s’engagent sur des zones de plus en plus étendues et battent une campagne qui peut apparaître sans limite. Souvent concentrées sur des objectifs militaires dans la phase d’intervention, elles doivent ensuite étendre leur action dans des proportions considérables. Présentes dans les villes, marquant des efforts sur certaines zones, il leur faut assurer une maîtrise minimale des vastes étendues qui les relient. Au contact des populations disséminées, se mouvant au sol ou dans les airs, basculant efforts et unités, les armées doivent posséder les moyens d’une liberté d’action essentielle.

Contraintes de maîtriser des espaces aux dimensions croissantes et d’agir dans des zones aux accès difficiles, les forces militaires concentrent, cependant, leur action dans les villes. Celles-ci sont le champ de bataille privilégié de la guerre asymétrique et un des derniers maquis où des guérilleros déterminés peuvent espérer vaincre ou résister à une armée moderne.

 

LES  POPULATIONS  AU  CŒUR  DES  PRÉOCCUPATIONS MILITAIRES

Adversaire ou alliée, parfois successivement l’un ou l’autre, la population touchée par un conflit est désormais un acteur à part entière tout autant qu’un enjeu des affrontements. Elle est un objectif sur lequel il s’agit d’influer et dont les réactions contribueront au résultat final.

Il n’est pas un conflit où la population civile ne se retrouve au cœur des préoccupations militaires des parties en présence. Aussi, passant d’un monde où celle-ci constituait « l’arrière » - par opposition au front, zone militaire par essence – les forces armées agissent maintenant en son sein et en référence à elle. Les forces militaires sont entrées dans l’aire de la guerre au sein des populations.

Et puisque l’enjeu est la société humaine, sa gouvernance, son contrat social, ses institutions, et non plus telle ou telle province, tel fleuve ou telle frontière, il n’est plus de ligne ou de terrain à conquérir ou à protéger. Le front est multiforme et généralisé à l’ensemble du théâtre des opérations. Pour être efficace, l’emploi des forces ne peut être dissocié de ce qu’en attendent des populations plongées dans le désordre, le chaos ou l’arbitraire. Or, si les victimes d’un conflit espèrent toujours d’abord la protection, la sécurité et l’ordre, elles attendent aussi une forme de respect et de liberté.

Ces exigences essentielles, impossibles à éluder sous peine d’échec, imposent de fortes contraintes dans l’emploi des forces et influent sur les objectifs. Elles présentent aussi une grande dimension éthique dans des conflits où une part du résultat se joue dans la confrontation psychologique.

En devenant un acteur essentiel et un enjeu du conflit, la population se place au cœur des préoccupations des forces militaires. Celles-ci sont entrées dans le temps de la guerre au sein des populations qui aspirent à l’ordre, la sécurité et le respect.

 

UN  EMPLOI  DE  LA  FORCE  CENTRÉ  SUR  LE  MILIEU TERRESTRE

Comme l’emploi de la force s’applique, essentiellement, dans le champ des sociétés humaines, c’est dans le milieu terrestre qu’il trouve, analogue en cela au passé, son domaine d’application principal, car c’est là que se nouent et se dénouent les crises. En effet, si les forces militaires utilisent et exploitent l’ensemble des milieux matériels et immatériels dans lesquels elles agissent ou sur lesquels elles ont prise, c’est bien au sol, physiquement, au contact des autres protagonistes, par une présence durable, que l’action engagée porte ses fruits. C’est au sol que se conduit l’action décisive pour la réalisation de l’effet stratégique.

Au sol, l’emploi des forces au contact des populations passe par la maîtrise de l’environnement qui forme le lien entre le succès militaire (le KO tactique) de la phase d’intervention et la phase de normalisation, exploitation du succès stratégique. La forme que prend cette maîtrise du milieu doit s’adapter à l’évolution de la situation et aux objectifs intermédiaires définis.

La maîtrise de l’environnement au sol et dans le temps forme ainsi le cœur et l’essence de la phase de stabilisation. Il permet le passage de l’objectif militaire au but politique. Et ce passage est long, nécessairement long. Le « temps réel » des actions en boucle courte privilégié lors de la phase d’intervention cède la place au « temps utile » des actions en profondeur. Il implique des forces capables de durer, de se relever et de s’adapter aux circonstances changeantes. La phase de stabilisation s’avère donc consommatrice d’effectifs qualifiés.

Terrestres pour l’essentiel, les théâtres d’opérations sont souvent lointains. Dans un cadre toujours interarmées, il faut mettre en place des forces, les projeter à distance, les y maintenir et les y soutenir. La capacité de soutien logistique est un des éléments essentiels du succès d’une force. D’une complexité et d’un poids croissants, cette capacité doit permettre la phase d’intervention, c’est-à-dire la projection d’urgence, du moins pour une fraction des forces, la puissance des moyens et l’aptitude à soutenir la bataille. Elle est aussi le gage des déploiements durables, parfois sur des années, qui suivent le succès tactique.

En juillet 1993, le BATINF 4 est constitué pour participer au sein de la force de protection des Nations Unies (FORPRONU) à la défense des enclaves bosniaques encerclées par les forces bosno-serbes. Projeté avec un très court préavis, le bataillon est déployé dans un secteur particulièrement sensible : Skanderja. Situé dans l’axe de tir du quartier de Gorbavica, où sévissent de nombreux snipers bosno-serbes, ce complexe sportif se trouve au cœur d’une zone dominée par la plus indépendante des milices bosniaques qui défendent la ville. A son arrivée, le détachement précurseur perd un homme, grièvement blessé dans une embuscade. Dès cet instant, un soldat du bataillon tombe sous les coups des uns et des autres tous les trois ou quatre jours.

Le commandant du bataillon décide de retrouver sa liberté d’action en agissant suivant deux axes : agresser les agresseurs et s’attacher la population. Dans le respect des règles d’engagement, toute attaque fait l’objet d’une riposte immédiate et proportionnée. L’efficacité de ces actions repose sur un dispositif permanent antisnipers et la confiance accordée à chacun dans l’emploi de la force pour son autodéfense.

Simultanément, un secteur de responsabilité est confié à chaque unité élémentaire avec pour mission d’y « faire aimer la France ». Les sections et pelotons multiplient les contacts et les projets d’aide à la population.

Au bout de quelques mois, cette double politique de main de fer et gant de velours, finit par porter ses fruits. Les agressions se réduisent considérablement. Les pertes deviennent nulles et la bataillon a gagné sa liberté d’action en même temps que le confiance du milieu environnant.

 

Le milieu terrestre, où se nouent et se dénouent les crises, demeure le lieu principal d’application de la force armée dont l’emploi se manifeste par la maîtrise de l’environnement. Celle-ci forme l’essence de la phase de stabilisation et implique des forces nombreuses capables de durer et de se relever.

 

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Titre : Un nouvel emploi de la force
Auteur(s) : extrait du FT-01
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