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De Barracuda à Sangaris

en République centrafricaine

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Contexte
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Depuis 1979, la France est intervenue militairement à de multiples reprises, sous des formats et pour des motifs très divers, en République centrafricaine (RCA)1. Ces opérations s’inscrivent dans une histoire de plus d’un siècle, d’abord celle de l’expansion coloniale française puis de son reflux, puis la transition vers de nouvelles relations, complexes et parfois ambiguës, avec les anciennes colonies désormais constituées en États indépendants. 

Territoire soumis par la France lors de la conquête de l’Afrique centrale (bassins du Congo et de l’Oubangui) dans les années 18802, l’Oubangui-Chari3 est un espace pivot au sein de l’Afrique Équatoriale Française créée en 1910. Il est en effet inséré dans une zone bordée par des territoires sous domination britannique (Soudan), belge (Congo) et allemande (Cameroun, passé sous mandat français au nom de la Société des Nations après 1919). Outre sa position stratégique au cœur du continent africain et de ses luttes d’influence, ce territoire est aussi un atout économique par la présence de minerais, de diamants, de pétrole, d’uranium, par l’« or vert » que constitue la forêt équatoriale, et par le développement de la production de caoutchouc, ressource cruciale pour les Français Libres et les Alliés durant la Seconde Guerre mondiale, après que les Japonais ont pris le contrôle de l’Asie du Sud-Est4. Cet épisode lié à la France Libre explique les forts liens historiques, culturels et diplomatiques entre certains dirigeants centrafricains, comme Jean-Bedel Bokassa5, et une partie du personnel politique de la Ve République.  

À l’instar des autres colonies françaises d’Afrique noire, auxquelles la République avait accordé une autonomie relative au sein de l’Union française (1946) puis de la Communauté française (1958), la RCA, ainsi renommée en 1958, déclare son indépendance le 13 août 1960 et entame une difficile transition politique. Cette indépendance ne la coupe toutefois pas de son ancienne métropole. Un accord de défense est rapidement signé, qui garantit, dans ses annexes relatives, l’accès de la France à un certain nombre de ressources économiques. Le premier Président de la RCA est David Dacko, renversé en 1965 par Jean-Bedel Bokassa, alors chef d’étatmajor des armées.

Ce dernier reste au pouvoir jusqu’en 1979 et, s’il parvint dans un premier temps à améliorer la situation économique du pays, il le fait progressivement sombrer dans un régime autoritaire, confisquant tous les pouvoirs, se proclamant Président à vie en 1972, puis empereur en 1976. La Ve République finit par appuyer son renversement lors d’un coup d’État en 1979 au profit de David Dacko : c'est l’objet des opérations Caban et Barracuda. Pour la France, les enjeux sont doubles : stratégiques d’abord puisque Jean-Bedel Bokassa s’était tourné vers la Libye de Mouammar Kadhafi et vers l’URSS, et qu’il existait un risque réel d’amoindrissement de l’influence française dans la région comme dans la sécurisation des approvisionnements en  ressources naturelles ; politiques et éthiques ensuite puisque ces interventions visent à assurer la sécurité des ressortissants français présents en Centrafrique comme à protéger les populations locales en mettant fin à un régime oppressif. L’opération Barracuda, achevée en 1981, laisse ensuite place à des EFAO6 qui sont maintenus dans le pays jusqu’en 1998.  

Le départ de Jean-Bedel Bokassa est suivi d'une quinzaine d’années de stabilité politique relative. En 1993, Félix-Ange Patassé, régulièrement élu, succède au général Kolingba qui avait pris le pouvoir à la suite de David Dacko, démissionnaire en 1981 car politiquement fragilisé. Les troubles ressurgissent en 1996 sous la forme de mutineries au sein des FACA7 pour des questions de soldes non payées. Trois vagues de troubles ont lieu, qui amènent la France à intervenir à nouveau (opérations Almandin I, II et III) en 19961997. À la suite de la signature des accords de Bangui entre le gouvernement centrafricain et les mutins en 1997, une force ad hoc, la MISAB8, s’assure de leur exécution. 

En 2003, un nouveau coup d’État porte au pouvoir François Bozizé avec lequel le Président Jacques Chirac signe un accord qui conduit à mettre sur pied l’opération Boali d’appui aux FACA.  La situation sécuritaire se dégrade très fortement à la fin des années 2000. Le nord-est du pays est le théâtre de combats sporadiques entre les FACA et une rébellion menée par l’UFDR9 à partir de 2006. Celleci intervient dans le contexte de l’expansion du conflit en cours au Darfour10 qui contribue à déstabiliser la région de Birao. En 2007, l’Armée de terre intervient en soutien aux FACA et Bangui retrouve provisoirement le contrôle de la zone nord. Fin 2012, un nouveau mouvement, la Séléka (littéralement « coalition »11 ou « alliance » en sango12) à dominante musulmane, s’empare de nombreuses villes de l’est. L’accord signé avec le gouvernement en 2013 n’est pas tenu et la Séléka progresse vers la capitale qu’elle investit en mars 2013.

François Bozizé, renversé, est en fuite et le chef de la Séléka Michel Djotodia s’autoproclame Président13. Des milices à dominante chrétienne, les anti-Balakas, s’organisent dans tout le pays pour lutter contre la Séléka. Dans un premier temps, les détachements de l’opération Boali reçoivent pour mission d’assurer la protection des ressortissants français. Face à la dégradation rapide de la situation et au risque génocidaire, la France décide le lancement de l’opération Sangaris qui s’achève le 31 octobre 2016. En janvier 2015, Catherine Samba-Panza est nommée Présidente par le Conseil National de Transition. En mai de la même année se tient un forum de réconciliation à Bangui. 

Cette histoire condensée des relations politico-militaires entre la France et la Centrafrique illustre le lien entre les deux pays pour des raisons relevant de l’histoire coloniale, de considérations géopolitiques, géoéconomiques mais aussi d’impératifs humanitaires et démocratiques.                                                       

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1 On utilise également l’appellation « le » ou « la » Centrafrique.
2 Ainsi, Bangui, la capitale, est fondée en 1889.
3 Ainsi dénommé en 1903 quand la région est devenue une colonie correspondant au territoire de la RCA actuelle. Ce nom est formé à partir de ceux de deux fleuves : l’Oubangui, affluent du Congo, au sud, et le Chari qui prend sa source au nord de la Centrafrique.
4 Qui fournissait jusqu’alors une grande part de la production mondiale.
5 Sergent dans les FFL, il participe notamment au débarquement de Provence et à la bataille du Rhin.
6 Éléments Français d’Assistance Opérationnelle.
7 Forces Armées Centrafricaines.
8 Mission Interafricaine de surveillance des accords de Bangui.
9 Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement. C’est un agglomérat de groupes armés mené par le Groupe d’action patriotique pour la libération de la Centrafrique de Michel Djotodia.
10 Cette région du Soudan est en conflit avec le pouvoir central de Khartoum depuis 2003. La crise s’est traduite par l’afflux de réfugiés dans les États voisins, et notamment la RCA.
11 On y retrouve notamment l’UFDR.
12 Langue véhiculaire de la RCA. Le français a également été conservé comme langue officielle du pays.
13 Il n’est pas reconnu par la France.


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Les Balkans : la guerre en ex-Yougoslavie (1991-1995)
les limites de l'interposition
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De Barracuda à Sangaris
en République centrafricaine
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et le tournant de l'après-guerre froide
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