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Sujet essentiel de la tactique et moyen essentiel de la politique 2/2

Revue de tactique générale - La bataille
Tactique générale
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Il peut sembler curieux de consacrer une livraison de cette nouvelle revue de tactique à un sujet aussi usé, rebattu, éculé, et apparemment obsolète, que la bataille. Par ce choix, nous souhaiterions recentrer la tactique sur son champ d’étude spécifique, celui de la mise en œuvre des forces dans le combat et la bataille, au détriment assumé des considéra­tions de haute tenue sur les grandes idées et les grands principes, gloses qui avaient fini par constituer la quasi-­totalité de la réflexion tactique.


Les préliminaires, la mise en place du décor et des acteurs, consistent pour une des armées à s’assurer d’une position convenable en fonction d’intentions offensives ou défensives. Une position offensive doit permettre d’assembler l’armée et de déboucher dans différentes directions en assu­ rant dans toutes les hypothèses une ligne de communication. Une position défensive doit à la fois obliger l’ennemi à prendre l’offensive et permettre de recevoir son attaque. Son étendue doit être proportionnelle à la taille de l’armée, ses ailes doivent s’appuyer à des obstacles susceptibles de décourager ou d’interdire le contournement, et elle doit mettre la ligne de communication à l’abri des entreprises de l’ennemi. L’ordre de bataille désigne tout ce qu’on appelle aujourd’hui le dispositif (ou la formation pour les petites unités en marche), l’organisation (quelles unités sont affectées à l’armée) et l’articulation (comment l’organisation est adaptée à la mission, à la position occupée, à la manœuvre envisagée).

 

La bataille est le cadre espace­temps dans lequel l’action tactique produit d’un coup tous les effets politiques et stratégiques. Marches et contre­ marches, manœuvres et combats, donc toutes les actions tactiques, ne sont que les scènes d’un drame et ce que nous appelons phases ou temps en sont évidemment les actes. C’est pourquoi on les conçoit autant dans un but de communication que dans un but d’efficacité tactique, les deux se rejoignant dans la nécessité qu’a le chef de se faire comprendre et obéir des acteurs. C’est pourquoi encore, lorsque la conception n’a pas donné aux monteurs14 des scènes photogéniques et suffisamment aisées à couper et monter, on redécoupe le film, changeant l’ordre d’apparition des acteurs, enjolivant le rôle de l’un ou noircissant celui d’un autre. Que les chroniqueurs de jadis aient ainsi réécrit l’histoire ne devrait pas sur­ prendre et encore moins choquer nos contemporains : ce ne fut jamais rien d’autre que de la STRATCOM, et une STRATCOM apparemment assez efficace, dont les méthodes pourraient utilement nous inspirer…

 

Enfin, il nous faut comprendre que la bataille a toujours cristallisé la dimension sacrée et religieuse de la guerre et de la politique au sens large : elle est le Jugement de Dieu, l’ordalie par excellence, c’est pourquoi elle cristallise les attentes du politique comme du peuple. D’innombrables poètes, philosophes, et dramaturges, dans toutes les traditions, expliquent leurs résultats par l’intervention des divinités les plus diverses, celles dédiées à la guerre (Mars, Athéna, Odin, etc.) mais aussi et avant tout celles qui personnifient le hasard et la nécessité : Anankè ou Necessitas et leurs filles les Parques, divinités des destins individuels ; Tyché ou Fortuna, divi­ nité de la destinée de la cité et du hasard, représentée les yeux bandés et tenant la roue du destin et la corne d’abondance. La bataille est le lieu où on prend tous les risques pour tout perdre ou tout gagner. Les Anciens avaient compris que la chance (Fortuna) y tenait une plus grande place que les qualités humaines, techniques ou tactiques, et c’est la raison pour laquelle les batailles sont rares.

 

La bataille est une liturgie où s’affrontent nécessairement le Bien et le Mal. Elle commence toujours par des excommunications solennelles et des sacrifices (la messe du dimanche de Bouvines) par lesquelles chaque camp entend s’attacher la faveur des dieux. Cela n’a guère changé depuis l’Antiquité : nos porte­paroles modernes ne cessent de répéter à lon­ gueurs de journaux télévisés que les ennemis ne sont que des terroristes, les excommuniant de la communauté des nations comme de celle des gens respectables. Rien ne sert de combattre si on n’est dans le bon droit car « les gens d’armes batailleront, [mais seul] Dieu donnera la victoire15 ». Il n’est pas certain que ces comportements soient rendus nécessaires uniquement par la nature démocratique de nos sociétés. Tout porte à croire, au contraire, qu’ils résultent de besoins individuels et collectifs enfouis au plus profond de l’âme humaine et qu’on continuera d’en user ainsi dans les guerres de l’avenir, quelles que soient leurs formes techno­ logiques et le mode d’organisation des nations en cause.

 

Cette dimension sacrée de la bataille et son importance politique ne sont d’ailleurs pas sans conséquence sur la liberté tactique d’accepter ou de refuser la bataille. Refuser la bataille fait encourir le déshonneur – on dirait aujourd’hui encourir une chute de popularité ou une baisse dans les sondages – ce qui a parfois un coût politique très supérieur à celui de l’éventualité d’une défaite. La pression des barons et de l’opinion, ulcérés par l’inaction royale apparente face aux chevauchées anglaises de 1339 et 1345, n’est pas pour rien dans la précipitation dans laquelle Philippe VI et son armée engageront à Crécy­en­Ponthieu une bataille qu’ils ne croyaient ni pouvoir perdre ni pouvoir refuser. La même pression des grands propriétaires et du peuple conduira en 1812 le Tsar à relever de son commandement Barclay de Tolly, coupable de refuser la bataille et de reculer indéfiniment en brûlant le pays devant la Grande Armée. Son successeur Koutouzov poursuivra pourtant la même méthode jusqu’à la position de Borodino.

 

Hier, aujourd’hui et demain : persistance du mythe et évolutions des formes

La puissance rituelle, religieuse, et politique de la bataille a eu pour corol­ laire l’érection de mythes comme celui de la « bataille décisive ». Le plus fort fut toujours tenté de s’en remettre au Jugement de Dieu pour s’épar­ gner les longs désagréments d’une guerre. Mais si on excepte le règlement de « la crise » des Cimbres et des Teutons par Caïus Marius16, on trouve fort peu de bataille qui ait été réellement « décisive » à l’échelle d’un conflit. La Turbie, Trasimène et Cannes, aussi « décisives » qu’elles aient été, n’ont pas permis à Hannibal de vaincre Rome. Qu’est­il resté aux rois anglais des résultats « décisifs » de Crécy, Poitiers et Azincourt ? Austerlitz a permis d’obtenir une trêve fort temporaire dans un conflit qui se termine dix ans plus tard là où il avait commencé, en Belgique. L’histoire nous a légué fort peu de batailles et presque aucune « décisive ». À moins qu’elles n’aient été « décisives » qu’en tant qu’elles ont duré dans les mémoires, donc comme des outils de communication, de « signification ».

 

La réalité est que la bataille ne donne militairement qu’une « décision limitée » : elle conclut souvent une campagne, presque jamais la guerre. Elle change le rapport de force militaire ou politique pour la suite. La guerre ne prend presque jamais (et moins encore aujourd’hui) la forme du coup du berger, mat en trois coups pour débutants.

 

Parce qu’on a pris l’habitude de n’imaginer la bataille que sous ses formes anciennes, on peine à comprendre ce que seraient des batailles aujourd’hui et ce qu’elles pourraient être demain. Or, de la plus haute antiquité à nos jours, les batailles ont souvent changé de forme et surtout d’échelle. Si elles en sont devenues plus difficiles à « isoler », leur nature est demeurée. À l’origine, et jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, on eut des batailles d’armées opposant des armées groupées aux effectifs modestes (entre quelques milliers et une trentaine de milliers d’hommes) sur des champs de bataille n’excédant pas un compartiment de terrain, et des durées allant de la demi­heure à quelques heures17. Du milieu du XVIIIe  siècle à 1914, on eut des batailles de divisions, livrées par des armées nettement plus nombreuses (jusqu’à 100 000 hommes), divisées c’est­à­dire articulées en corps relativement autonomes18, sur des fronts n’excédant guère la dizaine de kilomètres, et avec des durées encore limitées à une journée dans la plupart des cas : il est alors encore très facile d’identifier des batailles, avec leur général en chef, leur champ de bataille, leur jour de bataille. L’avènement de la guerre industrielle et des systèmes de mobi­ lisation générale bouleversa complètement cette vision. L’affrontement général et apparemment permanent de groupes d’armées comprenant des millions d’hommes, alignés au coude à coude sur un front continu de plusieurs centaines de kilomètres, les pertes effroyables engendrées par l’échec répété et coûteux de grandes offensives dont on espérait toujours qu’elles mettraient fin à la guerre, tout cela remit en cause l’idée qu’une bataille – telle qu’on l’imaginait jusque­là, assez étroitement circonscrite dans ses effectifs, dans l’espace et dans le temps – puisse être décisive, voire qu’on puisse encore en livrer19.

 

On a pris l’habitude de théoriser les solutions adoptées alors par les états­majors pour résoudre ce problème et d’y distinguer des solutions tactiques – lire « rétrogrades » – et d’autres opératives ou « opératiques ». Cette compréhension  mériterait d’être corrigée : les solutions pratiques adoptées par les uns et les autres se ressemblent en réalité énormément et ne diffèrent guère que par la sémantique adoptée sur le moment et par des interprétations élaborées après coup. Pour ne prendre qu’un exemple, la méthode élaborée par Pétain en 1917 et 1918 pour épuiser les réserves allemandes par des coups de boutoirs successifs donnés à des endroits différents du front, est considérée par les Français comme une nouvelle manière de faire de la tactique et non comme un nouveau niveau de la guerre. On persistera à appeler batailles les grandes actions successives de groupe d’armée (batailles de la Fère, du Tardenois, du Matz, etc.). Les Russes de leur côté vont appeler opérations ces grandes actions successives

menées par des fronts20, ce qui les conduira à imaginer un niveau particulier et un art opératif. Ce qui demeure dans les deux cas, c’est la distinction de batailles et le changement d’échelles de celles­ci par rapport à celles de la période précédente : la bataille n’est plus physiquement un match privé sur un ring fermé : on appellera désormais bataille une action d’ensemble, suite de grandes manœuvres, de combats, d’actions d’intoxications, etc. menant à un but commun et identifiable à deux grands chefs opposés : bataille de France, bataille d’Angleterre, bataille des convois de l’Atlantique, etc. Cer­ taines de ces batailles auraient pu aussi bien être appelées campagnes, et il semble que le nom de bataille ne leur ait été attribué qu’en raison de sa résonance morale.  Ce qui n’a pas empêché d’ailleurs la résurgence de batailles plus classiques, comparables à celles de la guerre précédente : batailles de Gazala, d’El Alamein, de Cassino, des Ardennes, etc. En bref, plutôt qu’à une signification d’ordre technique dans la hiérarchie des actions militaires, le mot bataille reste attaché à l’instant sacré, au moment de la violence extrême, de l’effort surhumain, du jugement des dieux… et aux nécessités de la communication politicienne.

 

Les choses ne semblent pas avoir tellement changé sur ce registre, si l’on en croit les analystes, les témoins, les communiqués, et les modernes chroniqueurs que sont nos journalistes. En quoi consisterait la guerre au Proche Orient – ou que pourrait­on en dire, ce qui revient à peu près au même – sans Afrin, Kobané, La Gouttah, Mossoul ou Palmyre? À la lumière de ce constat et des promesses quotidiennes des chercheurs, des indus­ triels et des analystes géopolitiques, que sera une bataille dans l’avenir ? À quels nouveaux changements de forme ou d’échelle devrions­nous nous attendre ? La réponse dépend, d’une part de l’évolution peu maîtrisable d’une multitude de facteurs (qualités techniques et coûts des matériels, évolutions des sociétés, évolutions des ressources rares, etc.), d’autre part de choix à faire pour adapter le recrutement, l’organisation, l’équipement et la tactique, aux exigences du moment. Or ces exigences dépendront également des buts que se fixeront les belligérants à un instant donné. Esquissons deux hypothèses.

 

La première est celle d’une bataille de nano-divisions. Les armées de demain seront rares et chères en raison de l’extrême augmentation du coût de possession des équipements modernes. Leur capacité de manœuvre pourrait être renouvelée grâce aux capacités de combat collaboratif et de bataille info­centrée et aux capacités accrues de protection. A contrario,

la multiplication d’engins et de drones autonomes, la capacité à délivrer des tirs à tuer à longue et très longue portées avec des pouvoirs de destruction inédits (munitions thermo­bariques,  etc.), les menaces cyber, tout cela pourrait au contraire produire un blocage tactique comparable à celui des années 1914­-191721, et obliger à enterrer les troupes, à disperser les modules, à en réduire les volumes, à cloisonner les réseaux comme les dispositifs. Face à cette hypothèse, un courant de pensée constant depuis bientôt 50 ans, partant du maillage du commandant Brossolet, se continuant par le général de Giuli et sa manœuvre vectorielle, jusqu’aux dispositifs zonaux du général Hubin, préconise l’adoption d’une tactique que nous dirons atactique22. Parce que tactique signifie organiser et ranger l’armée, alors que ce courant se propose de ne plus ranger ni organiser du tout l’armée (c’est la proposition extrême de la manœuvre vectorielle) ou au moins de ne la ranger et organiser que partiellement. Ce n’est pas faire injure à ces innovateurs que de dire qu’eux­mêmes ou leurs disciples n’ont pas apporté encore de réponses détaillées et convaincantes aux questions redoutables posées par leurs propositions en termes de soutien, de commandement, de coordination, de moral, d’adaptation aux nécessités d’une guerre aux objectifs majeurs, etc.

 

La deuxième hypothèse pourrait partir de l’observation des batailles actuelles et de l’idée que les armées de demain pourraient bien res­ sembler à celles de 1918 et 1940 : armées aux effectifs importants en proportion des objectifs poursuivis dans le conflit, combinant des forces nombreuses classiques dans leur équipement et leur organisation, éco­ nomiques en termes de coûts de possession, avec des unités « d’élite » équipées de toute la gamme des moyens dits « de quatrième génération », réseau-centrées, géolocalisées, cyber-capables, hyper-véloces grâce notam­ ment à la mise en œuvre de méthodes permettant un soutien hyper-mobile, etc. Il va sans dire que l’armée française du début de l’ère Scorpion pour­ rait bien de facto ressembler à cela pendant les trente prochaines années et que la nouvelle tactique pourrait bien consister à manœuvrer des forces aux capacités très différentes.

 

Il y aura donc toujours des batailles et lorsqu’on en manquera, il faudra encore en inventer. Parce que le monde ne semble pas plus ordonné qu’hier et que la guerre se rappelle à notre bon souvenir, parce que la guerre passera toujours, sous une forme ou sous une autre, par la mise en œuvre de moyens concrets dans des moments de violence paroxystique, et parce que la politique exigera toujours des morceaux choisis pour mettre la guerre en scène devant la troupe et le peuple, les faire adhérer aux buts du conflit et leur en faire accepter les coûts et les conséquences. La bataille demeurera donc évidemment comme la bonne page par excellence et l’histoire bataille comme une sorte d’anthologie de « la politique continuée par d’autres moyens ».


 

14   On les appelait chroniqueurs.  On les nomme aujourd’hui communicants…

15   D’après la réplique de Jeanne d’Arc aux prélats de Chinon qui lui demandaient pourquoi Dieu aurait eu besoin de gens d’armes s’il voulait libérer la France.

16   Aix (– 102) et Verceil (– 101). Peut­être le seul exemple de « solution militaire » à un conflit que l’histoire nous ait légué puisque les sources disent que même les femmes se suici­ dèrent après avoir tué leurs enfants.

17   Les batailles ayant duré plus d’une journée sont exceptionnelles et bien connues : Marignan (1515), Fribourg­en­Brisgau (3, 5 et 9 août 1644) et quelques autres.

18   Initialement les divisions du système de Guibert puis les corps d’armées. Le facteur essentiel à l’origine de la division de l’armée réside dans la capacité nouvelle qu’a un déta­ chement de combattre en retraite parce que, notamment, la portée et la mobilité de son artillerie lui permet désormais d’engager l’ennemi à une distance suffisante pour éviter un abordage. Jusqu’au milieu du XVIIIe  siècle, deux troupes ne pouvaient se combattre qu’en étant à quelques mètres l’une de l’autre donc à la merci d’un abordage, incapables de reculer sans risquer de recevoir un assaut dans une formation défavorable. Un déta­ chement ne pouvant combattre en reculant ne pouvait permettre de gagner du temps et courait le risque d’être perdu pour rien.

19   Cela commence peut­être en Sibérie en 1905.

20   Dans les immensités russes, le front n’a jamais été continu, même pendant la Seconde Guerre mondiale. D’où la dénomination de front donnée au groupe d’armées : le front n’a de réel équivalent chez nous que le groupe d’armées attaché à un théâtre particulier, consi­ déré comme isolé (comme le commandement des armées alliées d’Orient par exemple).

21   C’est en tout cas ce qu’on observe dans le conflit ukrainien.

22   Néologisme formé par référence à la musique atonale.



 




 

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Titre : Sujet essentiel de la tactique et moyen essentiel de la politique 2/2
Auteur(s) : Colonel Christophe de LAJUDIE
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