Pensées mili-Terre
 
 
 
 
 
 
 

 




Numéro 29

juin 2020

 

 

 






“New Helicopter Model Underway”

Israel Homeland Security (i-HLS), 10 avril 2020

 

(source recoupée)

Les industriels américains Bell Textron et Sikorsky ont été retenus par l’U.S. Army pour développer un modèle d’hélicoptère d’attaque et de reconnaissance dans le cadre du programme Future Attack and Reconnaissance Aircraft (FARA). Priorité en matière de modernisation aérienne, le FARA vise à remplacer les hélicoptères OH-58 Kiowa et certains des AH-64 Apache. Encore au stade conceptuel, le 360 Invictus de Bell Textron devrait atteindre une vitesse de 180 nœuds (environ 330 km/h) et être notamment équipé d’un canon de 20 mm. De son côté, Sikorsky met au point le Raider X. D’une vitesse équivalente à celle de son concurrent, cet hélicoptère est doté d’un système de rotor coaxial afin d’améliorer sa vitesse et sa stabilité. L’armée américaine, qui doit faire son choix à l’horizon 2025, exige que le FARA soit capable de voler de manière partiellement autonome et d’intégrer des solutions de navigation aérienne dans un environnement où le GPS serait inutilisable. Enfin, le nouvel hélicoptère devra fournir à ses pilotes des outils d’aide à la décision, comme des moyens de commande vocale pour certains systèmes.

 

“Russian Army Receives New T-90M MBT”

Defense Update, 20 avril 2020

 

“Armata Tank Field Tested in Syria”

Defense Update, 20 avril 2020

 

(source recoupée)

Afin de pallier les manques capacitaires avant la mise en service des chars de nouvelle génération, très coûteux, les forces terrestres russes ont reçu en avril 2020 les premiers des 350 chars T-90M « Proryv-3 ». Développés par l’entreprise Ural Vagon Zavod, il s’agit d’une version modernisée des T-90 intégrant certains équipements du char Armata T-14, testé en Syrie, dont la production devrait commencer en 2021. Mis en œuvre par un équipage de trois personnes, le T-90M peut atteindre une vitesse de 70 km/h sur route. Son canon 2A46 de 125 mm, à la précision améliorée, est doté de 43 munitions. En plus des obus standards, le canon peut tirer des missiles antichars de la famille 9M119 Svir/Refleks (AT-11 SNIPER) pour atteindre des objectifs jusqu’à 5 000 m. Le T-90M utilise aussi une mitrailleuse coaxiale de calibre 7,62 mm. Ce char est notamment protégé par le blindage réactif de 3ème génération RELIKT et par un filet anti-RPG autour de sa tourelle. Le système de défense est complété par des moyens de détection et d’alerte laser ainsi que par des écrans de fumée.

 

US Army to integrate power cables into a tactical vest”

Defense Blog, 5 mai 2020

 

(source unique)

L’U.S. Army travaille actuellement à l’intégration de câbles d'alimentation aux gilets tactiques de ses soldats. En effet, les forces armées souhaitent diminuer le poids et l’encombrement des systèmes d’infovalorisation des combattants débarqués afin d’améliorer leur ergonomie. Ce nouveau câble, intégré au gilet, serait 50% plus léger, plus flexible et permettrait de faciliter les mouvements des soldats, jusqu’alors potentiellement encombrés ou soumis au risque d’accrochages. Ce câble, initialement conçu par une entreprise britannique, intéresse les États-Unis dans le cadre du programme Foreign Comparative Testing (essais comparatifs étrangers). Ces recherches pourraient également aboutir à la création d’une nouvelle sangle d’arme, elle-même une source d’énergie. Composée de matériaux similaires, elle permettrait de réduire le poids des batteries, d’accroître la flexibilité et d’augmenter la durée d’utilisation possible.

 

“Company Rafael will deliver SPIKE FireFly loitering munition to Israeli army”

Army recognition, 4 mai 2020

 

Vidéo de présentation “IAV 2020 : Rafael’s Spike Firefly latest developments”

Jane’s, janvier 2020

 

(source recoupée)

Développé conjointement par la compagnie israélienne RAFAEL et le ministère israélien de la défense, le drone kamikaze SPIKE FireFly offre des capacités d’attaque de précision.  Il est conçu pour les forces terrestres en zone urbaine où la connaissance du milieu est limitée, et est en mesure d’opérer directement une fois la cible désignée repérée. Destiné à équiper les forces terrestres israéliennes, le FireFly peut être déployé en l’espace de quelques secondes. Léger (3kg), il est capable de progresser malgré des conditions météorologiques dégradées, de jour comme de nuit. Il dispose d’un double viseur, d’un système de repérage de cible et d’une tablette de contrôle. Se distinguant par une faible signature visuelle et acoustique, le SPIKE FireFly ne nécessite aucune compétence particulière et est équipé d’une capacité de retour à l’opérateur lorsqu’il ne trouve pas sa cible ou qu’il effectue une mission de reconnaissance. Son autonomie de quinze minutes peut être doublée par l’ajout d’une batterie supplémentaire. Enfin, son rayon d’action est de 500m en zone urbaine et de 1 500m en zone dégagée.

 

“Russian-made Pantsir-S2 short-range air defense system in service with Serbian Army”

Army recognition, 5 mai 2020

 

(source unique)

Depuis mars dernier, les soldats du 3e bataillon de la 250e brigade de défense aérienne serbe sont équipés du système Pantsir-S2. De fabrication russe, le système Pantsir est l’un des moyens de défense aérienne courte portée les plus utilisés dans le monde. L’armement du Pantsir-S2 se compose de douze missiles sol-air 57E6-E guidés et de deux canons automatiques de calibre 30 mm tirant des obus HE-T et HE-I capables d’autodestruction. Grâce à une détection plus fine des cibles, le nombre de coups portés peut être adapté. Les missiles bi-calibres en configuration tandem qu’il embarque ont, quant à eux, une capacité de poursuite de 24 km. Cette version améliorée du Pantsir-S1 dispose également d’un nouveau radar de recherche SOTS, le dotant qu’une portée de détection de plus de 40 km. Le Pantsir-S2 est monté sur le châssis du camion KAMAZ 6560 8x8 (SA-22 Greyhound), lequel peut rouler à une vitesse maximale de 90 km/h et dispose d’une autonomie d’environ 800 km.

 

“Raytheon Rheinmetall Land Systems to re-compete with Lynx KF41 IFV modified for US Army OMFV program”

Army recognition, 6 mai 2020

 

(source unique)

Après que le Griffin III de General Dynamics Land Systems (GDLS) a été sélectionné comme unique candidat de l’appel d’offres pour le remplacement du Infantry Fighting Vehicle (IFV) M2 Bradley, l’U.S. Army a annoncé le retour de l’alliance Raytheon Rheinmetall Land Systems (RRLS). Les firmes américaine et allemande vont proposer une version modifiée du véhicule de combat d’infanterie (VCI) blindé KF41 Lynx qui répondra aux exigences du programme Optionally Manned Fighting Vehicle (OMFV) de l’armée américaine. Celle-ci avait disqualifié l’offre de l’alliance RRLS parce qu’aucun prototype n’avait été livré avant la date limite du 1er octobre 2019 (cf. Eclaireur n°20). Equipé d’un canon de 50 mm et de viseurs thermiques, le véhicule serait en mesure d’accueillir à la fois des Active protection systems (APS) et des drones et pourrait embarquer neuf fantassins. Dévoilé pour la première fois lors du salon Eurosatory 2018, le VCI KF41 Lynx est un véhicule de combat de nouvelle génération disposant de fonctions uniques comme la commande à distance du véhicule et de la tourelle.

 

“Milrem Robotic’s THeMIS UGV finishes mission deployment in Mali”

Army recognition, 6 mai 2020

 

(source unique)

Le drone terrestre Tracked Hybrid Modular Infantry System (THeMIS), construit par l’entreprise estonienne Milrem Robotics, a achevé son premier déploiement au Mali. Le THeMIS y était utilisé depuis avril 2019 par trois sections d’infanterie des Forces de défense estoniennes (Estonian Defence Forces ou EDF), en appui de l’opération française BARKHANE. Doté d’une autonomie de 10 h, pouvant supporter une charge utile de 1 200 kg et atteindre une vitesse de 25 km/h, ce drone terrestre s’est aussi révélé capable de tracter brièvement un VBCI de 32 tonnes. Dans la bande sahélo-saharienne, il a principalement effectué des patrouilles, y compris en zone urbaine, et rempli des missions logistiques. En parcourant 1 200 km au total, le THeMIS a démontré sa fiabilité sur un théâtre d’opérations rude et exigeant, marqué par la chaleur et un terrain rocailleux. Il a également résisté à des attaques VBIED. Pour les futurs déploiements du THeMIS, Milrem Robotics prévoit d’améliorer ses capacités ISR et d’en faire un outil de communication et de brouillage, et peut-être même un système d’armes à distance. Les EDF auraient ainsi déclaré que le THeMIS pouvait être équipé d’une mitrailleuse de calibre 7,62 mm, d’un lance-grenades automatique de 40 mm ou de missiles antichar Javelin.

 

 


 

« Photonis sous pavillon américain ? C’est vraiment non »

Challenges, 5 avril 2020

 

(source recoupée)

La crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19 a mis en exergue les problématiques de souveraineté nationale dans le domaine des fournitures médicales. La question de l’indépendance se pose également avec acuité pour la BITD française, comme le montre l’exemple de la PME française Photonis. Spécialisée dans l’intensification de lumière nécessaire à la vision nocturne, l’entreprise était d’abord convoitée par Safran et Thalès, et aurait finalement pu être reprise par Teledyne. Le géant américain, producteur d’équipements de Défense à haute valeur ajoutée, avait fait une offre par l’entremise du fonds d’investissement français Ardian. Néanmoins, le projet de fusion s’est soldé par un échec à cause de l’opposition des autorités françaises, qui ne souhaitaient pas que les capacités de vision nocturne développées par Photonis passent sous contrôle des États-Unis et de leurs lois à application extraterritoriale. Le refus de fusion a été signalé aux industriels le 31 mars dernier.

 

 


 

Web-enabled birds and dogs could extend battlefield networks, military researchers say

Stars and stripes, 29 avril 2020

 

(source unique)

Le Naval Postgraduate School’s Center for Network Innovation and Experimentation réfléchit à un réseau de communication constitué de nœuds biologiques et doté d’internet : des animaux équipés de technologie sans fil joueraient le rôle de stations relais mobiles dans le cadre d’opérations en territoire contesté ou de grande envergure. L’étude se concentre principalement sur l’utilisation de chiens et d’oiseaux de proie afin d'accroître la plasticité des réseaux grâce aux déplacements des animaux permettant à une unité d’infanterie de communiquer avec un poste de commandement ou une unité de soutien se situant au-delà de la portée radio traditionnelle. Ces réseaux mobiles ne sont pas nouveaux dans la mesure où ils peuvent être mis en œuvre grâce à des véhicules téléguidés. Cependant, les animaux seraient par nature plus difficilement identifiables par l’ennemi et seraient entraînés à se disperser puis à se regrouper en un point donné afin de créer un relai temporaire. Les créateurs de ce concept les nomment « networks that don’t exist » (les réseaux qui n’existent pas) car ils ne seraient détectables que périodiquement, lors des courtes rencontres des animaux. Néanmoins, certaines questions restent en suspens, par exemple quant à la nécessité incontournable de nourrir et d’hydrater régulièrement les chiens, ou quant aux instincts des animaux qui les pousseraient à fuir le champ de bataille, bruyant et confus, plutôt qu’à y évoluer.

 

 


 

« La baïonnette »

Encyclopédie pour une histoire nouvelle de l’Europe

 

(source recoupée)

Surnommée « l’aiguille à tricoter les côtes », la baïonnette est une arme blanche fixée au canon d’un mousquet ou d’un fusil. Le terme est forgé dans les années 1660 lors d’une révolte des paysans de Bayonne. L’invention de la baïonnette à douille, sous l’impulsion de Vauban, permet aux tireurs de se protéger pendant le rechargement de leurs armes. Une circulaire de 1689 ordonne d’en fournir à toute l’infanterie française. Arme des braves, impliquant de se battre au corps à corps, la baïonnette fait du fusil un instrument de tir et une arme d’hast (c’est-à-dire une arme blanche dont la lame est fixée au bout d’une hampe). Pendant longtemps, elle occupe une place de choix dans l’équipement, l’entraînement et le quotidien des hommes. La baïonnette est même surreprésentée dans l’imaginaire militaire par rapport à la place réelle qu’elle occupe dans les combats : entre 1792 et 1815, elle ne cause que 4,5% des blessures répertoriées chez les vétérans français. Pendant la Première Guerre mondiale, il arrive encore aux soldats d’« aller à la fourchette » ou de « faire une Rosalie à la boutonnière » de l’adversaire lors des assauts, mais les poilus préfèrent les couteaux, plus maniables, pour combattre dans les tranchées. En janvier 1951, pendant la guerre de Corée, 25 soldats du Bataillon français de l’ONU, à court de munitions, montent à l’assaut des positions chinoises et impressionnent beaucoup les Américains. Néanmoins, la généralisation de la grenade relègue la baïonnette au second plan. L’une des dernières charges françaises à la baïonnette eut lieu à Sarajevo, en ex-Yougoslavie : le 27 mai 1995, une section de marsouins du 3e régiment d’infanterie de marine, commandée par le capitaine Lecointre (actuel chef d’état-major des armées) chargea, baïonnette au canon, pour reprendre le poste du pont de Vrbanja où les Serbes détenaient onze Casques bleus français. Des versions modernes de la baïonnette subsistent aujourd’hui, à l’image de la Sawback U.S. M9 créée en 1984.

 

 

 

L’Éclaireur est une veille orientée vers des sujets d’intérêt pour les études prospectives sur les opérations aéroterrestres, actuellement conduites par le Centre de doctrine et d’enseignement du commandement (CDEC).

Ce document est uniquement réalisé à partir de sources non classifiées. Il a vocation à permettre un rapide tour d’horizon bimensuel des informations diffusées dans les média et susceptibles d’intéresser le monde de la défense. Les brèves rassemblées se limitent à des synthèses brutes des documents analysés et recoupés à chaque fois que possible par des entretiens conduits par ses rédacteurs. Il revient donc à chaque lecteur de contextualiser ces informations, notamment lorsqu’elles ont pour origine des sources étrangères officielles, en fonction de l’usage qu’il souhaite en faire et de la nature des conclusions qu’il lui appartient d’en tirer.