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Le risque dans la guerre aujourd’hui : illusion ou réalité ?
Par le Lieutenant-colonel Frédéric Jordan
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Dans ses carnets de campagne, Rommel témoignait déjà en 1940 que "l’expérience prouve que les décisions les plus audacieuses assurent les plus belles promesses de victoire. Mais il y a lieu de bien distinguer l’audace stratégique ou tactique du coup de dés". Il soulignait ainsi une vertu majeure de l’art de la guerre, à savoir la prise de risque, mesurée certes, mais toujours source de liberté d’action pour le chef qui sait l’utiliser. Pourtant, les sociétés contemporaines semblent se complaire dans le confort rassurant du principe de précaution et les effets, à court terme, du tempo médiatique. De la même façon, le politique cherche à gérer (voire à maîtriser) les risques, interprétés non pas comme des opportunités à saisir mais comme le résultat du hasard, comme des contraintes, des sources d’incertitude dans un monde où la diffusion de l’information et le temps de la décision s’accélèrent. Dès lors, il apparaît que le soldat en opération, aujourd’hui plus qu’hier, bras armé d’un Etat parfois contraint à des décisions stratégiques timorées, se prive ainsi d’un outil tactique ou opératif propre à affaiblir au combat son ennemi. Fort de ce constat, nous examinerons tout d’abord comment le risque a été appréhendé dans l’histoire militaire avant d’étudier son application dans le contexte actuel des engagements puis de réfléchir à la meilleure manière de réconcilier ce procédé avec les contraintes politico- militaires contemporaines.
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Le ciblage des individus influents, une priorité dans les engagements au sein de la population
Par le CNE (TA) Nicolas GARAUDET
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Il est à peine six heures ce jeudi matin dans une petite maison de l’Est de l’Afghanistan quand AHMED rassemble les chefs des villages avoisinant pour leur demander d’accueillir les dix jeunes étrangers arrivés la veille d’une madrasa Pakistanaise. Peu de temps après, il rassemble six de ses proches amis et distribue à chacun une importante somme d’argent. Cette scène peut paraitre banale dans une région ou la pauvreté et la misère cotoie la générosité et la solidarité du monde musulman. En réalité, le MOLLAH AHMED est un islamiste influent qui fournit à l’insurrection locale des candidats au suicide et finance les groupes insurgés. Alors qu’il ne participe jamais directement aux combats ce chef discret est un pion central de la puissance des Talibans parce qu’il exerce sur la population locale une influence profonde.
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La logistique en zone urbaine : pour un retour des flux poussés
Par le CDT SOULAT
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L’armée française a su prendre conscience de l’importance des combats en zone urbaine (ZURB) et a ainsi établi une doctrine d’emploi tirant les enseignements des troupes russes et américaines à Grozny ou à Falloujah. Cependant, la logistique ne semble pas avoir pris toute la mesure de ce nouvel environnement, en particulier pour la gestion des flux. En effet, les différents documents doctrinaux admettent la vulnérabilité de la logistique mais ne remettent pas en cause le principe de flux tirés largement admis et adopté. Or la phase d’intervention en ZURB nécessite un retour indispensable à une gestion en flux poussés afin d’anticiper des consommations hors normes.
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La corruption, grande faucheuse des campagnes de contre-insurrection
CBA Antoine FAURICHON DE LA BARDONNIE
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De 2005 à 2011, l’Afghanistan est passé de la 117ème à la 176ème place des Etats les moins corrompus au monde pour se classer désormais avant-dernier juste devant la Somalie1… Triste record ! Constat d’échec… Comment ne pas céder à la tentation d’opposer cette chute vertigineuse aux efforts désespérés déployés par la communauté internationale pour tenter de faire redécoller le pays du cerf-volant ? Faut-il pour autant en conclure qu’il existe un lien de causalité entre corruption et échec d’une campagne de contre-insurrection ? Outre qu’il ne s’agit en l’espèce que d’un exemple bien particulier, on pourra objecter avec raison qu’il est hasardeux d’essayer de résoudre le conflit vieux comme le monde qui oppose la poule à l’œuf !
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Le doute, vertu fondamentale du militaire
Par le Chef de Bataillon Emmanuel DUBOIS
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La sociologie des organisations répond à un besoin de l’homme moderne: savoir où est sa place dans la société, en particulier dans le monde du travail. En France, dans un contexte de moral en berne, de morosité économique persistante et de modèle social en crise, l’individu cherche, aujourd’hui plus qu’hier, à se positionner par rapport à l’organisation. De la pleine adhésion au rejet, ce positionnement est complexe. Il s’agit d’un jeu de réciprocité qui influence à la fois le comportement des individus et l’identité de l’organisation. Confronté à un modèle social ébranlé et à un monde aux évolutions imprévisibles, l’individu a naturellement tendance à se désolidariser d’un système qu’il estime défavorable. Pour le moins, il garde ses distances. Influencés par les interrogations de leurs concitoyens et malgré un contexte tout autre, les militaires s’interrogent également sur leur rapport à l’institution. La caractéristique principale de cette dernière est d’être très structurée pour faire efficacement face à des situations marquées par l’incertitude, le chaos. Paradoxalement, alors que ses fondations reposent sur l’adhésion, la cohérence et la discipline, garder ses distances y est plutôt synonyme de hauteur de vue, et s’affranchir de l’organisation, assez bien toléré. Certains y décèlent même la marque d’un chef à l’esprit tranchant et possédant un caractère trempé qui saura défier les dieux et le destin.
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